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Y a-t-il une chance pour une contagion démocratique au reste du monde arabe?

38 min
À retrouver dans l'émission

Et maintenant ? Les amis de la démocratie de part le monde ont tous aujourd’hui les yeux rivés sur ce qui se passe en Tunisie. Après s’être débarrassée de son despote-autocrate et de sa famille-sangsue, le pays va-t-il initier une série de révoltes, un tsunami démocratique dans le monde arabe ? Balayer les tyranneaux de plus en plus souvent héréditaires qui bloquent le développement du Maghreb et du Moyen Orient ? Allons-nous, comme en Europe centrale en 1989, assister à la chute, un à un, des dominos détestés par leurs peuples ? C’est une perspective excitante mais il ne faut pas perdre de vue le caractère très particulier de la situation tunisienne. Comme le dit Sophie Bessis, dans une interview en ligne sur le site de l’IRIS , la dictature prédatrice de Ben Ali présentait, depuis plusieurs mois déjà, des symptômes classiques de fin-de-règne. Comme l’écrit Claire Spencer sur le site du think tank britannique Chatham House , ce régime ne disposait pas de la manne pétrolière pour acheter sa population. Face à lui, s’était constituée une classe moyenne, appuyée sur les revenus de l’industrie textile et du tourisme. Sur le site de la Fondapol , le blogueur tunisien Hamadi Kaloutcha explique le rôle déterminant joué par les réseaux sociaux dans la mobilisation. Je le cite : « Ben Ali avait coupé tous les liens entre les Tunisiens. Et puis Facebook s’est installé. » On y a diffusé les reportages interdits de Fahem Boukadous sur les révoltes dans le bassin minier de Rdayev. Lorsque le nombre de Tunisiens connectés à Facebook a atteint les deux millions, durant l’été 2008, le régime a essayé de censurer Facebook. Les blogueurs tunisiens ont alors lancé une campagne de boycott contre le fournisseur d’accès – que contrôlait la famille prédatrice. Lire la suite sur le site de la Fondapol. Sur Terra Nova , on met en cause une diplomatie française qui, depuis 23 ans, fait les yeux doux à Ben Ali et qui, aujourd’hui, se retrouve prise de cours par le mouvement de l’histoire : « la révolution tunisienne signe l’échec d’une politique extérieure française qui n’a cessé, sous couvert du principe de non-ingérence, de soutenir le régime de Ben Ali ».

Mais force de reconnaître que les think tanks américains spécialisés dans les relations internationales sont, pour l’instant, peu diserts sur l’affaire tunisienne. La rencontre Obama-Hu Jintao accapare toutes les attentions. A moins qu’il ne s’agisse d’une méfiance envers les risques de chaos ou de récupération par les islamistes radicaux. Ainsi, sur le site de la fondation Cato , on se contente de citer de larges extraits du fameux essai de Fareed Zakaria, sur la « démocratie illibérale », « the rise of illiberal democracy », mettant en garde contre des élections libres non accompagnées par la création d’un Etat de droit garantissant les libertés publiques, assurant la représentation des minorités et respectant la séparation des pouvoirs.

Intervenants
  • Président de IPEMED (Institut de prospective économique du monde méditerranéen) Think tank euro- méditerranéen
  • professeur de Sciences politiques de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ, Liban) , spécialiste du Proche et Moyen-Orient.
  • Universitaire Collaborateur de la Fondation Jean Jaurès
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