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Y a-t-il une « question noire » en France ?

40 min
À retrouver dans l'émission

Les faits remontent au samedi 26 avril et se seraient déroulés dans un centre commercial de la région parisienne: un vigile a voulu vérifier l'identité du titulaire d'un chèque à la caisse, conformément à la procédure en vigueur au-delà d'un certain montant. Le client aurait alors dit à l'employé: "Je vous connais et vous êtes sans papiers", puis "sale noir", "vous n'avez qu'à retourner chez vous" et enfin "tu ne sais pas qui je suis". Et en effet, qui pouvait s'y attendre ? Ce monsieur se trouve être un membre de la haute fonction publique et même soyons précis, car ça vaut son pesant d'or : l'adjoint au secrétariat général du ministère de l'Immigration, d'intégration, de l'identité nationale etc...en charge de la communication. Voilà une petite histoire qui donne raison à l'historien Gérard Noiriel quand il souligne, comme dans son dernier ouvrage, que le racisme n'est pas l'apanage des classes populaires. Un racisme diffus émane également de nos élites les plus éduquées. « Sale noir », donc, une injure raciste comme il en existe tant, avec son cortège d'idées reçues dont en premier lieu la mise en cause du droit d'être en France - tant il est vrai que dans les perceptions les plus courantes il n'est toujours pas une évidence d'être français et... noir. Ce constat tout bête ainsi que celui de l'échec des combats anti-racistes de ces 20 dernières années incitent à repenser l'usage du mot « race » : non seulement le rejet de cette catégorie n'a pas éradiqué le racisme, mais il a participé probablement, selon l'historien Pap N'Daye que nous recevons aujourd'hui, du désintérêt des sciences sociales pour la question des discriminations s'exerçant contre les minorités visibles. Ce désintérêt du champ académique français pour les Blacks Studies est d'autant plus regrettable que depuis quelques années, une question noire a belle et bien surgi dans l'espace intellectuel et médiatique. Emeutes de 2005, création du CRAN, pétition d'intellectuels dénonçant un racisme anti-blanc, plusieurs indices permettent de constater une certaine « racialisation » de l'espace public français. Toute la question est de savoir s'il faut l'encourager en estimant qu'elle peut être émancipatrice en mettant au jour le sort inégal que la République réserve à ces minorités noires, ou s'il faut refuser ce type de lecture au nom des dérives qu'elle pourrait engendrer, et voire même en lui contestant sa réelle pertinence ?

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