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Y a-t-il une relève générationnelle ?

40 min
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Les deux candidats arrivés en tête aux élections présidentielles l'ont été largement contre leur propre camp.

Ségolène Royal a pris de vitesse les éléphants de son parti et leur a imposé un renouvellement radical et limite iconoclaste de l'agenda socialiste. Nicolas Sarkozy, qui l'a finalement emporté en faisant souffler un vent de modernité sur la droite, a trouvé sur le chemin de l'Elysée toutes sorte de mines que l'équipe sortante avait accumulées à son intention - dont Clearstream était la plus visible... Ils étaient l'une et l'autre issus du sérail. Mais ils ont su incarner l'irruption au premier plan de la scène politique d'une nouvelle génération de dirigeants. Certes, Valéry Giscard d'Estaing était plus jeune lorsqu'il a été élu président de la République, à 48 ans, que « Sarko » avec ses 52 ans. Et « Ségo » en avait déjà 54 lorsqu'elle a été battue. Mais dans un pays où l'élite politique est prompte à défendre les départs en retraite des autres, tout en s'accrochant au pouvoir jusqu'au dernier souffle, ces jeunes quinquas ont fait figure de hussards... Ces deux « candidats rebelles », comme s'interrogeait Anne-Laure Barret, dans un article du JDD, ont-ils provoqué une rupture, ou ont-il tout simplement « donné à voir un mouvement profond déjà en oeuvre dans la société française ? » En tous cas, c'est pour marquer l'existence de cette rupture générationnelle qu'ils ont claironné leur refus d'assumer le bilan de la génération précédente. Preuve de leur réalisme : ce bilan - dont ils portent pourtant l'un et l'autre leur part de responsabilité - est jugé désastreux pour le pays par une majorité de Français. C'est d'ailleurs ce désamour pour une classe politique usée jusqu'à la corde qui explique les résultats invraisemblables de 2002 - avec la poussée des populistes et des protestataires, la montée en flèche de l'abstention et du vote blanc. A rebours, le sentiment de renouvellement générationnel de 2007 est la cause de l'intérêt passionné qu'a suscité la campagne présidentielle de 2007 et les taux de participation record qui ont marqué le scrutin. Dans « les nouvelles élites, portrait d'une génération qui s'ignore »(Plon), le patron d'Euro-RSCG, Stéphane Fouks entreprend d'illustrer ce qui « fait génération » chez cette nouvelle élite. Pour le résumer à gros traits, la « génération Mitterrand », celle qui tend à remplacer ces jours-ci les baby-boomers, est consciente de vivre un âge de mutation mondiale sans disposer des outils intellectuels susceptibles d'en rendre compte. Elle porte néanmoins un diagnostique sévère sur l'état dans lequel les élites politiques qui se sont succédé au pouvoir laissent la société. Mais elle est résolue à traiter les problèmes avec réalisme et responsabilité. Ce qu'on peut savoir de leurs manières de faire incite-t-il à l'optimisme ? Ou la société française doit-elle s'attendre à une nouvelle déception ? Mais y a-t-il ou non relève générationnelle ou n'est-ce qu'un mythe médiatico-publicitaire ?

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