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Juste La Fin Du Monde adapté au cinéma par Xavier Dolan (2016) / Photo de Nathalie Baye et Gaspard Ulliel

Jean-Luc Lagarce, "Juste la fin du monde" / La dictée : "Germinal" d'Emile Zola

59 min
À retrouver dans l'émission

Cette semaine, En français dans le texte propose l'analyse de la pièce de théâtre "Juste la fin du monde" de Jean-Luc Lagarce et pour la dictée de Rachid Santaki, un extrait de "Germinal" d'Emile Zola. Pour terminer, une nouvelle anagramme d'Etienne Klein.

Juste La Fin Du Monde adapté au cinéma par Xavier Dolan (2016) / Photo de Nathalie Baye et Gaspard Ulliel
Juste La Fin Du Monde adapté au cinéma par Xavier Dolan (2016) / Photo de Nathalie Baye et Gaspard Ulliel Crédits : © Shayne Laverdière, courtesy of Sons of Manual - AlloCiné

Ecrite à Berlin en 1990, « Juste la fin du monde » est la pièce de théâtre la plus connue du comédien, metteur en scène, dramaturge Jean-Luc Lagarce. Adaptée à l’écran par le canadien Xavier Dolan avec Gaspard Ulliel, Nathalie Baye. 

« Famille, je vous hais », déclarait Gide. Cri de révolte ou simple constat, difficile de lui donner tort quand on se tourne vers une scène : la famille, au théâtre, constitue rarement un milieu sain et rassurant. Cela peut être lié aux lubies d'un père, comme souvent chez Molière – ou aux sombres secrets qui conduisent, en définitive, aux pires atrocités. Voyez, dans Thyeste, ce frère faire dévorer ses enfants à son frère ! Dans L'Orestie, cette femme tuer son mari ! Cette fille et ce fils, venger à leur tour leur père en tuant leur mère ! Et je ne parle même pas d'Œdipe ! Ou de Strindberg !

La crise qui se situe au cœur de la pièce de Lagarce, paraît, en comparaison, bien pâle. Mais sa violence, pour être masquée, n'en est pas moins réelle. A l'explosion tragique, Lagarce préfère l'implosion ; à la parole qui déchire, le silence qui étouffe ; la mort n'en reste pas moins au bout du chemin – et le messager, contrairement à celui de la scène antique ou classique, ne parviendra jamais à délivrer son message, sinon par le biais du théâtre.

Crise personnelle et familiale, sans doute, le texte de Lagarce est aussi une crise de la communication : le langage se dérobe, loin des envolées lyriques et rhétoriques des scènes d'antan. Non seulement Louis ne pourra dire son mal – mais la famille entière se trouve contaminée par un mal-dire, un « mal à dire », qui vient sans cesse entraver et menacer la parole. Comme si le monologue était la seule solution, le seul état naturel du discours humain – et sans doute n'est-ce nullement un hasard si c'est par un prologue que débute cette pièce.

Analyse préparée par Matthieu Prottin, professeur de théâtre au lycée Jaurès de Montreuil.

>>> Lien vers la page Eduscol du site du Ministère de l'Education, des Sports et de la Recherche. Vous pourrez y trouver les analyses littéraire et grammaticale complètes.

Référence et extrait musical 

Extrait de la pièce de théâtre "Juste la fin du monde" de Jean-Luc Lagarce, entendue à l'antenne.

Enregistré et diffusé en direct du Musée Calvet le 12 juillet 2007 dans le cadre du Festival d'Avignon sur France Culture. Lecture dirigée par François Berreur, réalisation de Marguerite Gateau. Avec : Elisabeth Mazev, Danielle Lebrun, Clotilde Mollet, Laurent Poitrenaux, Bruno Wolkowich.

Chanson : "Omowi" par Aloïse Sauvage - Album "Dévorantes" (2020) - Label : Initial Artist Services. 

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L'anagramme d'Etienne Klein 

Tout commença dans l’eau

On lit souvent que Thalès de Milet, qui vécut au VIe siècle avant J.-C., a été le premier savant-philosophe. Il conçut en effet la thèse selon laquelle « tout commença dans l’eau ». Il inaugurait ainsi l’idée qu’une explication naturaliste du monde était possible, qui ne faisait appel à aucune divinité et refusait la tutelle des magies. 

L’eau était donc, selon lui, la cause matérielle de toute chose. Par exemple, l’eau fait pousser les végétaux, nous désaltère, abrite les poissons dont nous nous nourrissons. C’est aussi elle qui, tombant du ciel ou se cachant dans la terre au fond des puits, irrigue les champs et fait tout croître. L’eau est la sève du monde, le principe qui le fait être et devenir. Dans les deltas des rivières, elle semble se transformer en terre. Ailleurs, elle semble en jaillir. L'eau coule, circule, imbibe, se transforme, s'infiltre, fertilise les sols, porte les navires. Elle est à l’évidence, explique Thalès, le lien liquide qui unit le tout à lui-même, l'empêchant d'être un agrégat de choses étrangères les unes aux autres.

Des siècles, que dis-je, des millénaires plus tard, naquit un homme qui n’eut de cesse d’explorer la vie sous-marine, de se passionner pour les abysses. Ce personnage, vous l’avez reconnu, c’est Le Commandant Cousteau, qui était certainement prédestiné puisque son nom est l’anagramme de Tout commença dans l’eau

Chroniques
17H36
18 min
La Dictée géante
La dictée de Rachid Santaki : un extrait de "Germinal" d'Emile Zola
Intervenants
  • physicien, producteur de Sciences en question sur France Culture
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