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Dessin de Madame de Lafayette par Jules Garnier (graveur A. Lamotte) / La princesse de Clèves, illustration en couleurs par Serge de Solomko (1925)

"La Princesse de Clèves" de Mme de Lafayette / La dictée : "Vingt mille lieues sous les mers" de Jules Verne

59 min
À retrouver dans l'émission

Aujourd'hui, En français dans le texte propose l'analyse d'un extrait de "La Princesse de Clèves" de Mme de Lafayette et pour la dictée de Rachid Santaki, un extrait de "Vingt mille lieues sous les mers" de Jules Verne. Pour terminer, une nouvelle anagramme d'Etienne Klein.

Dessin de Madame de Lafayette par Jules Garnier (graveur A. Lamotte) / La princesse de Clèves, illustration en couleurs par Serge de Solomko (1925)
Dessin de Madame de Lafayette par Jules Garnier (graveur A. Lamotte) / La princesse de Clèves, illustration en couleurs par Serge de Solomko (1925) Crédits : Wikisource/ Gallica / BNF

Cette émission a déjà été rediffusée le 31 octobre 2020.

Nous vous proposons d’écouter des classiques de littérature, d’histoire ou de philosophie, des grands textes de notre patrimoine littéraire, lus dans la voix de grands comédiens, des œuvres au programme du baccalauréat, analysées avec le savant concours des professeurs de l’éducation nationale.

Aujourd’hui, Madame de La Fayette, un extrait de La Princesse de Clèves… L’adieu.

Gros succès à sa sortie, en 1678, La Princesse de Clèves surprend par son originalité, son réalisme et la finesse de ses analyses psychologiques.

Les lecteurs sont témoins de la progression du sentiment amoureux entre le duc de Nemours et la Princesse de Clèves. Un amour partagé mais impossible. La Princesse, déjà mariée à Monsieur de Clèves qu’elle estime mais qu’elle n’aime pas, lutte contre la passion qui s’empare d’elle, et refuse de se livrer à une aventure que la morale condamne mais que la galanterie de la Cour d’Henri II ne désapprouverait pas. La Princesse fait le choix de se montrer fidèle à son époux et lui avoue son inclination pour un homme sans donner son nom. Fallait-il lui faire cette confidence ? Aussi exceptionnelle que l’est le personnage de la Princesse, cette sincérité étonne les lecteurs et suscite un vif débat dans La Revue littéraire du Mercure Galant, comme dans les salons à la mode, renouvelant ainsi la tradition de la « question d’amour ».

Monsieur de Nemours fait venir la Princesse à sa rencontre, par surprise. Madame de Clèves est désormais libre. Son mari est mort peu de temps auparavant, tué par sa jalousie. « Plus de devoir, plus de vertu qui s’opposassent à ses sentiments, tous les obstacles étaient levés », décrète ainsi la narratrice. Pour la première fois, la Princesse et le Duc peuvent se parler librement de leur amour. Pour la première fois surtout, le bonheur est à leur portée.

Et pourtant, pas de happy end. Madame de La Fayette refuse à ses deux héros la fin heureuse de ceux de L’Astrée, roman pastoral d’Honoré d’Urfé au succès exceptionnel et dont elle fut une lectrice passionnée. Dans un « adieu » glaçant, la Princesse va à nouveau faire le choix de se refuser au duc et de renoncer à lui.

Pourquoi ? Comment comprendre le sens de son refus ?

Clôturant presque le roman, le passage de l'adieu a pourtant tout d’un commencement. « Pour la première fois », nous dit la narratrice, Monsieur de Nemours et Madame de Clèves « se trouvent seuls et en état de se parler ».

Raison morale, tout d’abord. C’est au nom de son devoir que la Princesse s’oppose à ce passage à l’acte : « Mon devoir (…) me défend de penser jamais à personne, et moins à vous qu’à qui que ce soit au monde, par des raisons qui vous sont inconnues », dit-elle à Monsieur de Nemours.

Madame de Clèves l’accuse en fait, et il le sait, de la mort de Monsieur de Clèves, à qui le rapport d’un gentilhomme envoyé pour les espionner avait fait croire que la relation entre sa femme et son amant était consommée.

Fondé sur des hypothèses, ce raisonnement n’en conduit pas moins Madame de Clèves à affirmer sa volonté d’abandonner Nemours. La morale du « monde » n’est pas la sienne. Mais cette morale n’est-elle pas, au fond, un prétexte ?

L'analyse complète a été faite par Carole Amsellem, professeur au Lycée Le Corbusier d’Aubervilliers.

>>> Lien vers la page Eduscol du site du Ministère de l'Education, des Sports et de la Recherche. Vous pourrez y trouver les analyses littéraire et grammaticale complètes.

Textes lus à l'antenne par la comédienne Irène Jacob

Elle a joué au théâtre dans « Retour à Reims » de Didier Eribon, mis en scène par Thomas Ostermeier, et est également l’actrice de « Trois couleurs : Rouge » (de Krzysztof Kieślowski).

La Dictée de Rachid Santaki

Ah ! la dictée, c'est un défi qu'on se lance à soi-même et une expérience collective mêlant compétition, plaisir de la langue française et souvenirs d'enfance. Aujourd'hui, la dictée est un extrait de Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, et c'est Bruno Doucey, co-fondateur, avec l'auteure et journaliste Murielle Szac, des éditions Bruno Doucey, en 2010, éditions dédiées principalement à la poésie qui sera avec nous.

>> A feuilleter : le site de la maison d'édition de Bruno Doucey, éditeur de poésie qui fête cette année ses dix années d'existence. Il publie, notamment Margaret Atwood, Yvon Le Men (prix Goncourt en 2019), ou encore Jeanne Benameur.

Extrait musical

"Moonlight Serenade" de Glen Miller (1939).

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Ce classique du jazz a été repris, récemment, dans la bande originale de la très bonne série Netflix "Ratched"  - basée sur le roman Vol au-dessus d'un nid de coucou de l'écrivain américain Ken Kesey, et plus précisément sur le personnage de l'infirmière Mildred Ratched, dont elle explore la vie avant les événements du roman. Avec Sarah Paulson (l'infirmière Mildred Ratched), Cynthia Nixon et Sharon Stone.

Bande annonce de la série Ratched

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L'anagramme d'Etienne Klein

L’aspiration verticale 

Aux yeux des alpinistes, tout sommet est vu comme un phénomène pur. Aussitôt aperçu, il devient l’objet d’un désir obscur, un enjeu libidinal. Il aimante le regard des grimpeurs qui y distinguent un irrésistible prétexte au tutoiement du vide radical.  

Plus généralement, pour qui a ressenti cet appel à la fois magnétique et antigravitationnel, il devient psychiquement impératif d’aller physiquement y voir. L’être entier ressent alors « l’aspiration par le mouvement vertical des cimes » dont parle Gaston Bachelard dans L’air et les songes.  

Du coup, pour les alpinistes, un été sans montagne, c’est-à-dire sans mouvement vertical, relève de l’inenvisageable. Voilà pourquoi, pendant tout le reste de l’année, ils ruminent en leur for intérieur ce plaisir total à venir, qui n’est autre que l’anagramme, joliment trouvée par Olivier Garcia, de l’aspiration verticale. 

Intervenants
  • Physicien, professeur à l'Ecole centrale à Paris et directeur du laboratoire de recherche sur les sciences de la matière au CEA (Commissariat à l'Energie Atomique), docteur en philosophie des sciences, spécialiste du temps
  • Comédienne, "La double vie de Véronique", "Rouge" et écrivaine
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