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Economie : nouvelle génération, nouvelles idées ?

1h
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Dans le cadre du festival Et maintenant ?, proposé par France culture et Arte, quatre jeunes économistes sont venus parler des nouveaux enjeux qui structurent les débats économiques et sociaux d'aujourd'hui et de demain, tout en répondant aux questions et aux préoccupations de huit étudiants.

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en direct de l'enregistrement Crédits : C. Abramowitz - Radio France

Que se soit autour de la question de l'innovation, du climat, des inégalités de genre et de la consommation, les débats économiques actuels s'attaquent à des sujets qui façonnent pleinement le fonctionnement de nos sociétés d'aujourd'hui et de demain.  Quatre jeunes économistes viennent donc aujourd'hui nous parler des nouvelles manières d'appréhender leurs sujets de prédilection, tout en mettant en avant des enjeux auxquels vont réagir huit étudiants et étudiantes d'économie.

Quelles relations peut-on mettre en avant entre emplois et automatisation? Quelle efficacité pour la taxe carbone? Quels moyens institutionnels et sociétaux peuvent être mobilisés pour renforcer la présence des femmes dans certaines filières? Comment comprendre les fluctuations de comportement de consommation des ménages ?

France Culture et Arte s'associent aujourd'hui pour vous proposer le festival international des idées de demain Et maintenant ?

Les intervenant-e-s

Xavier Jaravel,  professeur d’économie à la London School of Economics and Political Science, lauréat du Prix du meilleur jeune économiste 2021 autour des dynamiques de l'innovations

Selon lui, la relation entre innovation et emploi est, dans un premier temps, contre-intuitive : on a tendance à penser que l’innovation, en renforçant l’automatisation des moyens de production, détruit inévitablement des emplois. Cependant, lorsqu'on porte son analyse au niveau d'une entreprise qui investie de manière conséquente dans l'innovation, on constate une augmentation plus importante de la productivité, par rapport aux entreprises moins innovantes, ce qui permet ainsi de gagner des parts de marché, d’étendre son activité, et finalement de recruter plus de salariés.

Les classes sociales ne sont toutefois pas égales face à l’innovation. Les classes sociales plus modestes sont moins représentées dans le monde de l'innovation. Ce paradigme est principalement lié au fait que la prise de risque, élément structurant au sein de la carrière de start-uper, est beaucoup plus difficile à supporter lorsqu’on ne peut pas compter sur un entourage capable de soutenir financièrement ses initiatives.  Les personnes issues des 10% de familles les plus riches de la population ont ainsi dix fois plus de chances de devenir innovateur ou entrepreneur que quelqu’un issu d'une famille en dessous du seuil des 50% des foyers les moins aisés. Il faut donc revoir l'essentiel des structures et des logiques sur lesquelles reposent le système éducatif en vue de corriger ces inégalités.

Fanny Henriet, Professeure d’économie à la Paris School of economics et chargée de recherche au CNRS autour de la fiscalité carbone

La fiscalité carbone est un outil puissant, qui apparait comme incontournable en vue d'atteindre les objectifs de préservation du climat. Il s'agit d'un instrument incitatif absolument déterminant étant donné qu'il permet de pousser les ménages et les entreprises à se détourner d’eux-mêmes des modes de consommation et de production qui conduisent à une production importante de carbone.

Cependant, il présente également de nombreuses limites, notamment au niveau de l'impact qu'il peut avoir sur le pouvoir d’achat des ménages les moins aisés. En proportion de revenu disponible, la fiscalité a un impact très lourd pour le pouvoir d’achat des plus modestes, quel que soit la solution fiscale choisie. La question est donc d'appréhender la problématique climatique en prenant pleinement en compte la questions sociale.

Thomas Breda, Professeur d’économie à la Paris School of economics et chargé de recherche au CNRS autour des inégalités salariales liées au genre

Les femmes sont encore largement sous-représentées dans les filières scientifiques, que se soit dans l’enseignement secondaire ou au niveau des études supérieures. Cette sous-représentation est particulièrement étonnante dans un contexte où les performances scolaires des femmes sont en moyenne supérieures ou égales à celles des hommes dans la majorité des pays développés.
Sur le marché du travail, les femmes ont ainsi tendance à majoritairement s'orienter dans des secteurs, certes, intellectuellement prestigieux comme le droit, mais restent peu présentent dans les professions associées aux “Sciences dures” comme l'ingénierie, l'informatique ou la recherche.

Comment explique-t-on cette différence ? Empiriquement, les stéréotypes, les discriminations et les normes sociales genrées, qui imposent des rôles et des compétences distincts entre filles et garçon, semblent en partie expliquer cette situation.
L’absence des femmes dans les filières scientifiques nuit dans tout les cas à leur situation ultérieure sur le marché du travail, puisque qu'elles mènent généralement à des métiers souvent plus valorisés et mieux rémunérés. Il faut donc limiter la ségrégation de genre entre métiers si on veut assurer l’égalité hommes/femmes sur le marché du travail.

Jeanne Commault, professeure  au département d’économie de Sciences Po autour des comportements de consommation et d'épargne

En règle générale, les ménages choisissent de consommer et d’épargner en fonction des anticipations qu'ils font des fluctuations futures de leur revenu.  
Ainsi, afin de pleinement anticiper le niveau de consommation de la population, il faut donc s'intéresser d’une part au comportement de consommation moyen et à l’impact qu’aura un choc transitoire ou de long terme sur ce dit comportement.

Qu’est-ce qu’un choc transitoire ? Il peut être planifié, par exemple par l’État qui décide d’un transfert exceptionnel ou d’une remise fiscale, ou être aléatoire, en étant lié à une dépense de santé imprévue. Ces chocs transitoires n'impactent pas de la même manière les ménages. Les ménages les plus modestes voient leur niveau de consommation varier en fonction des évolutions de leurs revenus, alors que les plus aisés peuvent se reposer sur des niveaux d'épargne souvent plus élevés afin de limiter l'impact de ces chocs.
Certains chocs, en revanche, ont un impact de plus longue durée, à l'image d'une réforme de la fiscalité ou du modèle global de redistribution .
Les ménages plus âgés ont un comportement de consommation qui fluctue beaucoup plus que pour le reste de la population. Leur propension marginale à consommer à tendance à se réduire largement face à chaque choc négatif , même si celui-ci s'avère temporaire. Face à cette baisse structurelle et globale de leur consommation, L’État peut agir pour prévenir cette situation en les assurant mieux contre ces chocs, avec, par exemple, le développement d'assurance santé plus complètes.

Jeanne Commault s’appuie sur des expériences naturelles [dont la mise au point méthodologique par David Card a été primée par le dernier prix Nobel] pour démontrer que les conséquences de ces changements dans les revenus des ménages sur leur consommation peuvent être anticipés.

Un immense merci aux huit étudiants et étudiantes venus poser leurs passionnantes questions à nos intervenants.

Références sonores 

  • Témoignage de Gaétan Dufour, ouvrier à Doullens, France Culture, 5 décembre 2018

Références musicales 

Le monde s'est dédoublé - Clara Ysé (2019)

Chroniques
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4 min
Le Pourquoi du comment : économie et social
La croissance économique peut-elle être illimitée ?
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