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L’irruption de la pandémie a mis un coup d’arrêt à toutes les manières quotidiennes que nous avions de commémorer, de faire la fête.
Épisode 3 :

Alors on danse !

58 min
À retrouver dans l'émission

Quand on évoque l’économie de la nuit, on pense immédiatement à la fête, aux paillettes, et on imagine un marché florissant. La réalité est plus complexe. La nuit change et les professionnels de la nuit tentent de s’organiser et de se faire connaître.

L’hyper-mobilité du fêtard, la multiplication des lieux de fête et l’importance croissante des espaces extérieurs bouleversent le modèle économique du secteur de la nuit depuis des années.
L’hyper-mobilité du fêtard, la multiplication des lieux de fête et l’importance croissante des espaces extérieurs bouleversent le modèle économique du secteur de la nuit depuis des années. Crédits : Mike Lewis Photography - Getty

Dès le début, on n'a pas construit La Station comme un lieu de nuit. Ça pouvait être un lieu de nuit, mais c'était avant tout une scène musicale et artistique faisant un travail de création et d'action culturelle, en lien avec son territoire. - David Georges-François

Le 8 juin dernier, Emmanuel Macron avait annoncé, pendant son déplacement dans la Drôme : "Les discothèques, rendez-vous le 21 juin", sans plus de précisions. Plus tôt, le 10 mai, Alain Griset, ministre délégué aux PME, avait affirmé que les patrons de discothèques seraient fixés sur leur sort "le 15 juin au plus tard". La date officielle de la réouverture des discothèques n’est pas encore arrêtée.

Christophe Blanchet, député MoDem du Calvados et ancien patron de discothèque, indiquait sur France Info le 12 juin que : “Si officiellement les discothèques ne peuvent pas rouvrir, la fête aura lieu quand même", jugeant impératif une réouverture dès le 1er juillet. Aussi s’indigne-t-il que l’on puisse “danser dans un mariage, peut-être à 300 ou 400 personnes, dans une salle polyvalente ou une salle des fêtes jusqu'à 5 heures du matin, sans pouvoir danser en discothèque ?", rappelant que les établissements de nuit sont "structurés pour accueillir des personnes, il y a un système de ventilation conséquent et un renouvellement de l'air à 100% toutes les nuits". 

Un des ministères qui s'est intéressé à la question de la nuit et de la fête, c'est celui du tourisme. On s'est rendus compte qu'à Paris et ailleurs, la nuit et la fête sont des éléments fortement attractifs pour le tourisme. Un certain nombre d'orientations stratégiques ont été choisies : il y a un début de prise de conscience, et c'est normal parce que la nuit et la fête s'invitent, pour le meilleur et pour le pire, dans l'actualité. - Luc Gwiazdzinski

La nuit a toujours été un espace-temps oscillant entre liberté et sécurité, transgression et contrôle. Cette période de pandémie n’y a pas dérogé : il y a des bars clandestins pour servir des verres, comme il y a eu des maires cherchant à instaurer un couvre-feu plus strict encore que le national. Longtemps, seuls les artistes, les écrivains et les poètes, se sont intéressés à la nuit urbaine. D’abord réservés à quelques privilégiés, les loisirs nocturnes se sont peu à peu banalisés, et les soirées institutionnalisées. La nuit festive fait peur aux pouvoirs publics - ce qui lui a donné un espace de liberté et a inspiré de nombreux poètes, comme un refuge faceaux structures et au contrôle des technocrates et politiques, qui n’ont pensé la ville que comme si elle ne fonctionnait que 16h par jour, du lundi au samedi.

Comment nos fêtes nocturnes se transforment-elles ? Étouffer la fête, n’est-ce pas le meilleur moyen de la relancer ? La fête de demain sera-t-elle clandestine ou va-t-on au contraire vers des nouvelles formes d’institutionnalisation des fêtes ? Pour en parler, nous avons fait appel à Luc Gwiazdzinski, géographe, professeur à l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Toulouse, chercheur au LRA et associé à l’EIREST (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et David Georges-François, co-responsable du collectif MU & La Station, une scène musicale et club à Aubervilliers. 

Références sonores

Références musicales

  • "Great DJ" - The Ting Tings
  • "L'avalanche" - Arthur H

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Intervenants
  • Géographe, professeur à l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Toulouse, chercheur au LRA et associé à l’EIREST (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
  • Co-responsable du collectif MU & La Station
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