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Épisode 3 :

Tous égaux face à la mort ?

59 min
À retrouver dans l'émission

La mort, tabou ultime, reste un impensé majeur et notamment en économie. Pourtant, le temps de vie est limité et donc rare, et sa répartition entre les individus d'une même société est foncièrement inégal. Car selon que vous serez riche ou pauvre, la faucheuse ne passe pas de façon aléatoire...

Le Día de Muertos, célébré en novembre au Mexique le 2 novembre
Le Día de Muertos, célébré en novembre au Mexique le 2 novembre Crédits : Luis Boza/VIEWpress/Corbis - Getty

Les progrès de la médecine et l’enrichissement de nos sociétés ont permis depuis deux siècles un formidable allongement de la durée de la vie. A l’époque des Lumières, la moitié d’une génération mourrait avant l’âge de 8 ans, aujourd’hui, les femmes vivent en moyenne jusqu’à 85 ans contre 79 ans pour les hommes. Des jours gagnés sur la mort qui ne profitent cependant pas à tout le monde : les inégalités face à la dernière heure persistent et la science économique peine encore à s’emparer du problème.

Références sonores : 

  • Philippe Ariès, historien spécialiste de la mort dans l'émission "Parti pris" sur France Culture, 1977

Ariès décrit l'individualisation de la mort, il explique qu'au départ le Jugement dernier concernait toute l'humanité, à la fin de toute la vie, puis a progressivement porté sur les individus à la fin de leur propre vie. On est vraiment passé de la mort pensée collectivement à une mort individuelle. La troisième étape fut la mort de l'autre au XIXeme et le XXeme siècle est celui de la mort tabou." - Grégory Ponthière

  • Lecture d'un extrait de la Lettre à Ménécée, Épicure ([-342] - -270) : 

De même que ce n’est pas toujours la nourriture la plus abondante que nous préférons, mais parfois la plus agréable, pareillement ce n’est pas toujours la plus longue durée qu’on veut recueillir, mais la plus agréable. Quant à ceux qui conseillent aux jeunes gens de bien vivre et aux vieillards de bien finir, leur conseil est dépourvu de sens, non seulement parce que la vie a du bon même pour le vieillard, mais parce que le soin de bien vivre et celui de bien mourir ne font qu’un. On fait pis encore quand on dit qu’il est bien de ne pas naître, ou, « une fois né, de franchir au plus vite les portes de l’Hadès ».(127) Car si l’homme qui tient ce langage est convaincu, comment ne sort-il pas de la vie ? C’est là en effet une chose qui est toujours à sa portée, s’il veut sa mort d’une volonté ferme. Que si cet homme plaisante, il montre de la légèreté en un sujet qui n’en comporte pas. Rappelle-toi que l’avenir n’est ni à nous ni pourtant tout à fait hors de nos prises, de telle sorte que nous ne devons ni compter sur lui comme s’il devait sûrement arriver, ni nous interdire toute espérance, comme s’il était sûr qu’il dût ne pas être."

A partir du moment où les personnes les plus pauvres font face à une surmortalité, elles ont tendance à disparaître de la comptabilité. Lorsqu'on regarde la pauvreté à 60 ans, ce chiffre cache une sorte de mécanisme de sélection par le revenu, qui a tendance à abaisser le taux de pauvreté. Ce biais des pauvres manquants vient polluer notamment les comparaisons avec les autres pays." - Grégory Ponthière

Références sonores : 

  • "Mortel" / Fishbach 
  • Générique : "Time is the enemy" / Quantic 

Chroniques

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Bibliographie

Intervenants
  • professeur à l’Université Paris Est Créteil (UPEC), professeur affilié à PSE
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