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Le porte-conteneurs CMA CGM Andromeda fait escale au Havre en avril 2009. En 2012, c'est 63 516 000 tonnes de marchandises qui sont entrées en France par ce port.

L’heure du patriotisme économique a-t-elle sonné ?

59 min
À retrouver dans l'émission

La crise du coronavirus a renforcé une tendance préexistante en faveur du patriotisme économique. Entre soutien aux entreprises nationales et impératif écologique, chacun se revendique aujourd'hui d'une forme de protectionnisme. Mais est-ce une politique économique efficace ?

Le porte-conteneurs CMA CGM Andromeda fait escale au Havre en avril 2009. En 2012, c'est 63 516 000 tonnes de marchandises qui sont entrées en France par ce port.
Le porte-conteneurs CMA CGM Andromeda fait escale au Havre en avril 2009. En 2012, c'est 63 516 000 tonnes de marchandises qui sont entrées en France par ce port. Crédits : ROBERT FRANCOIS - AFP

"Fabriquons français !" lançait le PCF pendant la campagne des élections municipales de 1977. Si le protectionnisme a longtemps été relégué aux extrémités de l'échiquier politique, l'idée d'une intervention de l'État pour soutenir les entreprises nationales progresse. En effet, selon une nouvelle étude réalisée par OpinionWay dans le cadre du Printemps de l'Economie en octobre 2020, 60% des Français sont désormais favorable au protectionnisme plutôt qu'au libre-échange (35%).

Le choix de l’ouverture économique et du libre-échange a été fait par certains pays à un certain moment, et qui a été organisé dans le cadre d’organisations internationales comme l’OMC. Aujourd’hui, nous assistons à une réappréciation des bénéfices de la mondialisation. - Elie Cohen

Pendant l'élection européenne de 2019, tous les candidats ou presque revendiquaient la mise en place d'une forme de patriotisme économique. La crise actuelle n'a fait que renforcer cette tendance : entre l'impératif de venir en aide aux entreprises fragilisées et celui revoir les systèmes de production en favorisant les circuits courts, le contrôle des importations a rarement été aussi politiquement vendeur.

Le protectionnisme est un outil au service d’une politique. Il n’y a pas un protectionnisme mais des protectionnismes, que l’on peut définir en fonction des objectifs visés. - Léo Charles

Mais le protectionnisme est-il une efficace économiquement ? Aux États-Unis, Trump en avait fait un élément clef de sa première campagne électorale. Pourtant, les résultats laissent à désirer. L'ancien Président n'a pas réussi à sauver les mines de la Rust Belt à cause de la perte de sa compétitivité par rapport au gaz. Quant à la sidérurgie, elle n’a pas profité à la hausse des tarifs douaniers. Car c’est les secteurs situés en aval qui ont souffert de ces mesures : les entreprises qui utilisent de l’acier ont vu le prix de leur intrants augmenter et leur compétitivité baisser.

Et puis, les ménages consomment déjà majoritairement local. En effet, une étude conduite par l’Insee en 2018 qui révélait que, en 2015, 81% de la consommation des ménages était déjà, en réalité, "made in France". Si la part de production locale dans les biens manufacturés n'est que de 36%, la part des services dans la consommation fait que la majorité des dépenses des ménages sont réinjectées dans l'économie nationale. Et récupérer les 19% restants n'est pas gratuit : le Centre d'études prospectives et d'informations internationales (CEPII) a démontré que consommer uniquement français ferait perdre entre 100 et 300 euros de pouvoir d'achat par mois à chaque ménage, à panier égal d’achats importés de l’étranger.

La bonne échelle d’approche pour la stratégie industrielle c’est l’échelle européenne. - Christian de Boissieu

Alors que les appels au patriotisme économique se multiplient, faut-il produire et consommer français ? Le coronavirus a-t-il accéléré la rupture avec une certaine forme de mondialisation ? Pour en parler, nous avons fait appel à trois économistes : Léo Charles, maître de conférences en économie à l’Université Rennes 2, membre des économistes atterrés, Elie Cohen, économiste et directeur de recherche émérite au CNRS et Christian de Boissieu, professeur émérite à l'université Paris-I et vice-président du Cercle des économistes.

Références sonores

  • Gaël Giraud le 4 juillet 2020 sur Public Sénat
  • Extrait du film «  Ce vieux rêve qui bouge » de Alain Guiraudi
  • Extrait du film « Le feu sacré » de Eric Guéret
  • Arnaud Montebourg sur France inter le 5 novembre 2020

Références musciales

  • « Made in » de Robin Leduc
  • « Are we alright again » de Eels
Intervenants
  • économiste, membre du collectif des Economistes Atterrés, maître de conférence en économie à l'université de Rennes 2
  • Economiste, directeur de recherche au CNRS
  • Professeur d'économie à l'université Paris 1 et au Collège d'Europe à Bruges, Président du Conseil d'analyse économique (CAE)
L'équipe
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