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L'acquisition de Suez par Veolia, c'est le feuilleton industriel de la rentrée. Le 8 septembre, des salariés du géant français de gestion de l’eau et des déchets manifestaient contre cette fusion.

Vers un capitalisme de géants ?

58 min
À retrouver dans l'émission

Depuis quelques jours les fusions acquisitions de Tiffany-LVMH et Suez-Veolia font la une de la presse économique depuis quelques jours. La période actuelle est une période de deals; la crise a rebattu les cartes entre les entreprises, certaines sont fragilisées quand d’autres sont renforcées.

L'acquisition de Suez par Veolia, c'est le feuilleton industriel de la rentrée. Le 8 septembre, des salariés du géant français de gestion de l’eau et des déchets manifestaient contre cette fusion.
L'acquisition de Suez par Veolia, c'est le feuilleton industriel de la rentrée. Le 8 septembre, des salariés du géant français de gestion de l’eau et des déchets manifestaient contre cette fusion. Crédits : LUDOVIC MARIN - AFP

La crise de la COVID a rebattu les cartes du jeu économiques. Certaines entreprises ont de graves difficultés, tandis que d'autres sont ressorties renforcées de cette crise inédite. S'en suit donc une période riche en fusion-acquisitions, dont celle entre Suez et Veolia est l'exemple le plus récent. Comment expliquer cette accélération de la concentration du capital, qui se fait sur fond de feuilletons mêlant finance, politique et diplomatie internationale ?

Est-ce que le capital tend à se concentrer en période de crise ? La covid marque-t-elle un renforcement du capitalisme oligopolistique ? Ce sont les question auxquelles nous tentons le répondre avec nos trois invités, Sylvie Matelly, économiste et directrice adjointe de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), Philippe Askénazy, économiste, chercheur au CNRS Centre Maurice Halbwachs et professeur à l’ENS, et Emmanuel Combe économiste, professeur d’économie à Paris I Sorbonne et vice-président de l'Autorité de la concurrence.

Une fusion-acquisition a deux effets sur le marché. D’un côté, elle va baisser les coûts de production, ce qui, économiquement, est plutôt une bonne nouvelle. Cela veut dire qu’il y a eu des gains d’efficacité et que les prix peuvent baisser. Mais de l’autre, elle va réduire le nombre d’acteurs sur le marché, ce qui peut potentiellement faire monter les prix.   
On a pu montrer à plusieurs occasions que la création de monopoles, était plutôt mauvaise pour l’innovation. Lorsqu’une entreprise est seule sur le marché, certes, elle a les moyens d’innover ; mais en a-t-il l’incitation ? - Emmanuel Combe

Il faut séparer la question souveraineté de celle de la nationalité de l’entreprise. Pourquoi avons-nous eu des difficultés d’approvisionnement en médicaments ? Ça n'est pas parce que les entreprises ne sont plus françaises, mais tout simplement parce qu’on a délocalisé, avec des chaînes mondiales pour se fournir. Ça n’est pas la nationalité de l’entreprise qui détermine la souveraineté. Si on veut faire une vraie politique de souveraineté, pourquoi ne pas faire intervenir l’État directement comme acteur productif, actionnaire de référence d’entreprise, etc. ? - Philippe Askénazy

Quand il y a une opération de fusion-acquisition ou un investissement étranger, c’est que l’entreprise a un besoin d’argent frais. S’il y a un contrôle qui interdit l’investissement, l’entreprise est pénalisée. Il y a quelque chose de nouveau qui est entrain de poindre, la montée en puissance de fonds publics d’investissement partout en Europe pour compenser des investissements étrangers et pouvoir intervenir dans l’entreprise. - Sylie Matelly

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Intervenants
  • Economiste et directrice adjointe de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS)
  • économiste du travail et directeur de recherches au CNRS Centre Maurice Halbwachs, professeur à l’ENS
  • Economiste, professeur à Skema Business School et vice-président de l'Autorité de la concurrence.
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