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Angela Merkel et Victor Orban se font un check du coude lors d'un Conseil européen début octobre.

Europe : quels marchés en commun ?

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Après un accord difficilement obtenu en faveur d'une relance européenne malgré des pays dits "frugaux" réticents à l'idée de s'endetter, c'est aux pays de l'Est de s'y opposer. La Hongrie, la Slovénie et la Pologne ont refusé que les subventions soient conditionnées au respect de l'État de droit.

Angela Merkel et Victor Orban se font un check du coude lors d'un Conseil européen début octobre.
Angela Merkel et Victor Orban se font un check du coude lors d'un Conseil européen début octobre. Crédits : OLIVIER HOSLET - AFP

Si première vague de Covid-19 avait vu apparaître une solidarité européenne sans précédent, l'exploit n'a pas été renouvelé à l'occasion de la deuxième. Après une mutualisation des dettes et un important plan de relance commun, les blocages politiques ressurgissent et avec eux les fantômes d’une harmonisation inaboutie. Le lundi 16 novembre en effet, la Hongrie et la Pologne bloquaient le plan de relance européen, refusant que les subventions de celui-ci soient conditionnées au respect de l'État de droit. "Leurs positions peuvent être modifiées, pas les nôtres. Je ne veux pas de compromis" affirmait ainsi le Premier ministre hongrois Victor Orban à un groupe d'eurodéputés.

Le plan de relance était fait pour pallier un déséquilibre nord-sud qu’un déséquilibre est-ouest. - François Geerolf

Pourtant, les pays d’Europe centrale et orientale partagent en principe le même intérêt à maintenir les aides du budget européen et à préserver le droit de circulation des « travailleurs détachés ». C’est en particulier le cas de la Pologne, le plus important des pays d’Europe centrale et orientale (40 % de la population totale de ces pays). Et puis, pour leurs économies, refuser le plan de relance serait désavantageant. Il est prévu que la Hongrie et la Pologne reçoivent l’équivalent de 3 % de leur PIB grâce aux fonds européens prévus dans le nouveau cadre budgétaire. 

La Hongrie et la Pologne sont bénéficiaires nets du plan de relance et du budget européen. Du point de vue rationnel, ce blocage n’a pas beaucoup de sens et c’est pour cela qu’on peut penser qu’on finira par trouver un compromis. - Eulalia Rubio

Le fait que la Pologne soit associée au refus de l’État de droit serait désastreux pour nos business. - Maciej Witucki

Comment expliquer, donc, le blocage des pays de l'Est ? Sont-ils motivés par les mêmes intérêts ? Où est-ce que cette querelle va mener la construction européenne ? Le marché commun obligera-t-il l’Europe à se diriger vers le fédéralisme ? Pour répondre à ces questions, nous avons fait appel à trois spécialistes. Eulalia Rubio, chercheuse senior à l'Institut Jacques Delors, Maciej Witucki, ingénieur, économiste et président de la Confédération Lewiatan ainsi que François Geerolf, économiste, professeur assistant à l’Université de Californie (UCLA).

Références sonores

  • Mash entre Viktor Orban sur Euronews le 26 novembre 2020 et Clément Beaune
  • Zbigniew Ziobro sur Euronews le 17 novembre 2020
  • Gerhard Schroeder et Helmut Kohl, archive INA de mai 2004
  • Débat présidentiel de 1988 entre Jacques Chirac et François Mitterrand

Références musicales

  • «  Ennemis » des Têtes raides
  • « Where you find me » de Notwist
Intervenants
  • Chercheuse Senior à l'Institut Jacques Delors, spécialiste du budget européen
  • Président de la Confédération Lewiatan
  • économiste, professeur assistant à l’Université de Californie (UCLA)
L'équipe
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