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Les plantes ont de multiples usages économiques, dans des secteurs aussi divers que l’alimentation, l’industrie pharmaceutique ou les cosmétiques.
Épisode 1 :

Espèces végétales : le prix de la disparition

59 min
À retrouver dans l'émission

Les cris d’alarme sur les espèces en voie de disparition mettent souvent en avant les animaux et moins les plantes, qui rendent pourtant à l’homme d'immenses services écosystémiques et économiques. Face à la fragilisation des écosystèmes, comment rendre durables les usages économiques des plantes ?

Jeudi 29 avril, l’UE a ouvert la voie à ce que certains produits agricoles au génome modifié échappent aux règles sur les OGM, afin d'encourager l'essor de biotechnologies dans l'agro-alimentaire.
Jeudi 29 avril, l’UE a ouvert la voie à ce que certains produits agricoles au génome modifié échappent aux règles sur les OGM, afin d'encourager l'essor de biotechnologies dans l'agro-alimentaire. Crédits : China News Service - Getty

Le 09 avril dernier, une étude parue dans Biological Conservation soutenait, d’après l’AFP, que « les régions les plus riches du globe en faune et en flore sauvages seront irrémédiablement endommagées par le réchauffement climatique si rien n'est fait pour le limiter. (...) » Comme ne manquait pas de le souligner Pierre Ropert sur France Culture en 2019, « chaque cri d'alarme environnemental met en avant les animaux en voie de disparition, symboles vivants du désastre environnemental à venir. La biodiversité a beau être mise à mal, les plantes semblent être étrangement ignorées de l'équation. » 

On doit payer les coûts de traitement des dommages générés par les activités humaines sur la  biodiversité et indirectement sur les usages humains auxquels ils sont associés, et on peut évaluer ces coûts en mesurant les pertes de bénéfices qui y sont associées. Les plantes génèrent énormément de bénéfices : ce sont des organismes qui filtrent l'eau, elles composent des habitats qui fournissent des îlots de fraîcheur dans les villes, qui permettent de lutter contre l'érosion des sols et d'atténuer les phénomènes de submersion liés au réchauffement climatique. Donc quand on fait disparaître des habitats ou des plantes, on fait disparaître les services écosystémiques pour les populations environnantes. - Harold Levrel

Les anglo-saxons ont un terme pour désigner cette incapacité à s'intéresser aux plantes : la "plant blindness", ou la cécité vis-à-vis des plantes. Par manque d’indices visuels qui signalent les plantes à notre attention, le cerveau humain les distingue peu, avec pour conséquence l’incapacité de l’être humain à prendre conscience de l'importance des plantes pour la biosphère et pour lui-même… 

Il y a une pression croissante sur les plantes sauvages, pas nécessairement à cause de nouveaux usages ou de nouvelles plantes qui seraient découvertes, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, mais tout simplement à cause d'une demande qui augmente pour des plantes déjà connues. On observe une redécouverte de l'usage traditionnel des plantes, qu'il soit cosmétique ou pharmaceutique, et une utilisation à nouveau importante des plantes tinctoriales comme l'indigo. Tout un cortège de plantes qui avaient été oubliées reviennent à la mode. - Valérie Boisvert

Depuis un certain nombre d'années, et au vu de ces rapports à la fois sur le réchauffement climatique et sur la mise à mal de la biodiversité, les analyses de la flore se sont ouvertes aux sciences sociales et aux travaux pluridisciplinaires, la sortant ainsi du seul champ de la biologie.Quels sont les liens entre les activités humaines et les plantes ? Quelles sont les différentes formes d’exploitations économiques des plantes ? Qu’est-ce qu’on peut qualifier de “mise en marché” des plantes ? Comment penser et organiser la préservation de la flore ? 

Pour en parler, nous avons fait appel à Valérie Boisvert, économiste de l’environnement et chercheuse à l’IRD (institut de recherche et de développement) et à Harold Levrel, économiste écologique, professeur à AgroParistech et chercheur au CIRED (Centre International de Recherche sur l'Environnement et le Développement).

Références sonores

  • Extrait sur la mandragore du film Harry Potter et la Chambre des secrets de Chris Columbus (2002, Youtube)
  • Reportage sur l’ambroisie conçu pour le Ministère de la Transition écologique (2012)
  • Archive : émission "La protection de la nature est-elle nécessaire ?" (1948, ORTF)
  • Extrait du film « Nausicaa et la vallée du vent » de Hayao Miyazaki (1984, disponible sur Netflix)

Références musicales

  • « Les Fleurs » – Clara Luciani
  • « Going Down South » - The Black Keys

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Bibliographie

Intervenants
  • Economiste de l’environnement et chercheuse à l’IRD (institut de recherche et de développement)
  • Économiste de l’environnement, professeur à l’Institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement (AgroParisTech) et chercheur en économie écologique au Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired).
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