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Épisode 3 :

L'humain comme capital

58 min
À retrouver dans l'émission

L'individu est aussi un capital à faire grandir, fructifier et croître afin d'être plus productif, et l'éducation a un rôle à jouer dans cette valorisation permanente de soi : l'accumulation de connaissances permet en effet d'améliorer ses compétences.

L’accroissement du capital humain et la production de machines, participeraient à l’augmentation de la productivité et donc à la création d’innovations qui accélèrent l’accumulation du capital.
L’accroissement du capital humain et la production de machines, participeraient à l’augmentation de la productivité et donc à la création d’innovations qui accélèrent l’accumulation du capital. Crédits : Eduardo Munoz Alvarez - Getty

On ne compte plus les économistes qui ne jurent que par le « capital humain », un concept développé dans les années 1960 par le prix Nobel américain Gary Becker. Derrière cette notion savante, se cache l’idée selon laquelle une population éduquée et en bonne santé serait le moteur le plus efficace de la croissance et du développement. Ainsi, chaque individu est incité à investir dans son propre capital humain pour améliorer sa productivité... Une vision contestée que nous allons tenter de saisir dans toute sa complexité.

Références sonores :

  • Lecture du discours Gary Becker lors de la cérémonie de remise du prix Nobel en 1992

Jusque dans les années 1950, les économistes supposaient généralement que la force de travail était donnée et impossible à augmenter. Les analyses sophistiquées des investissements en éducation et autre formation dues à Adam Smith, Alfred Marshall et Milton Friedman n'étaient pas intégrées dans les discussions sur la productivité. L'analyse du capital humain débute avec l'hypothèse que les individus décident de leur éducation, de leur formation, de leurs soins médicaux et de tout supplément de connaissance et de santé en pesant les avantages et les coûts. [...] Aujourd'hui, le capital humain est tellement peu controversé qu'il peut paraître difficile de comprendre l'hostilité qui existait envers cette approche dans les années 1950 et 1960. On prétendait que le concept même de capital humain était avilissant parce qu'il traitait les hommes comme des machines. Aborder l'éducation en tant qu'investissement plutôt qu'en tant qu'expérience culturelle était considéré comme caractéristique d'un comportement insensible et d'une vision extrêmement étroite[...]. C'est seulement progressivement que les économistes ont accepté le concept de capital humain comme un outil valable pour l'analyse des divers problèmes économiques et sociaux."

  • "Fallait pas divorcer" par Julie Graziani sur le plateau de LCI
  • Lecture d'un extrait d'" A la recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations". Livre I, chapitre 1 : de la division du travail d'Adam Smith

Dans tout autre art et manufacture, les effets de la division du travail sont les mêmes que ceux que nous venons d'observer dans la fabrique d'une épingle, quoiqu'en un grand nombre le travail ne puisse pas être aussi subdivisé ni réduit à des opérations d'une aussi grande simplicité. Toutefois, dans chaque art, la division du travail, aussi loin qu'elle peut y être portée, donne lieu à un accroissement proportionnel dans la puissance productive du travail. C'est cet avantage qui parait avoir donné naissance à la séparation des divers emplois et métiers. Aussi cette séparation est en général poussée plus loin dans les pays qui jouissent du plus haut degré de perfectionnement : ce qui, dans une société encore un peu grossière, est l'ouvrage d'un seul homme, devient, dans une société plus avancée, la besogne de plusieurs [...]. Que de métiers différents sont employés dans chaque branche des ouvrages manufacturés, de toile ou de laine, depuis l'ouvrier qui travaille à faire croître le lin et la laine jusqu'à celui qui est employé à blanchir et à lisser la toile ou à teindre et à lustrer le drap !

Références musicales : 

Chroniques

14H54
4 min

Le Journal de l'éco

Retraites : la solidarité entre générations, ou entre travailleurs ?
Intervenants
  • professeur à Paris School of Business
  • Maître de conférences en économie à l’université de Reims. Enseignant à l’ENS de techniques avancées et à Paris 1 Panthéon Sorbonne.
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