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Une ville jouxtant des terrains agricoles.
Épisode 2 :

Le choix de la grande ville

58 min
À retrouver dans l'émission

Depuis le premier confinement, les Français posent un regard nouveau sur leurs lieux d’habitation. Les centres-villes, avec leurs petits appartements sans jardin, ont baissé dans leur estime. Va-t-on assister à leur désertification progressive ?

Vue aérienne de Marseille, où le prix du mètre carré a augmenté de 13% en moyenne entre 2019 et 2020.
Vue aérienne de Marseille, où le prix du mètre carré a augmenté de 13% en moyenne entre 2019 et 2020. Crédits : Florian Pépellin (via wiki Commons)

Après une année marquée par les longs mois de confinement, les Français posent un regard nouveau sur leurs lieux d’habitation. Les citadins en particulier, qui jouissaient jusqu’alors d’un accès facile à la culture, au divertissement et au marché de l’emploi, se sont vus enfermés dans leurs petits appartements, si proches, mais si loin des lieux qui compensaient la nuisance sonore et la pollution de leur quotidien. S’en était fini se disaient-ils, dès que l’épidémie serait passée, ils iraient se mettre au vert.

Pourtant, l’année 2020 n’a pas été marquée par un exode massif vers les campagnes. Le marché de l’immobilier urbain est resté plutôt stable. Dans l’ensemble, les départs qui ont eu lieu ont surtout été entre les villes, notamment entre Paris et des villes de taille moyenne. Et pour cause : malgré les désagréments causés par la densité de population, les avantages sont non négligeables, notamment sur le plan économique. En termes d’emploi, de salaire et d'ascension sociale, la ville ouvre des portes que la ruralité laisse fermées. En termes d'émancipation sociale, la vie urbaine permet de découvrir de nouvelles choses, de rester dans l’anonymat pendant qu’on explore de nouvelles facettes de notre identité et de rencontrer des gens avec qui on partage des intérêts communs. Si la ville a ses inconvénients, elle multiplie aussi les avantages… sous les pavés, la plage ?

La ville représente la possibilité d’échapper aux déterminismes familiaux ou d’origine. Elle permet de se créer sa propre identité, qui aurait pu être mal acceptée dans des lieux plus traditionnels - Sophie Chevalier

Mais ça n’empêche pas que certains souhaitent changer la façon dont ils vivent leur urbanité. Tout en restant à proximité des métropoles, nombreux sont ceux qui préfèrent s’installer dans une commune limitrophe pour agrandir un peu leur surface. Et puis, les projets de réaménagement urbain fleurissent de partout. À ce titre, la progression des écologistes aux dernières élections municipales est révélatrice d’une sensibilité accrue aux problèmes qui peuvent être liés aux excès de mode de vie urbain. Changer la ville pour qu’elle ressemble plus à la campagne fait partie des nouvelles tendances du monde contemporain. 

Les villes sont de formidables ascenseurs sociaux. Elles sont très inégalitaires, mais pour une partie des gens, déménager en ville permet une grande mobilité sociale pour soi-même ou pour ses enfants. - Patrick Le Galès

La crise épidémiologique va-t-elle marquer un tournant dans l’histoire des centres-villes ? Comment justifier les petites surfaces au loyer exorbitant ? Pour en parler, nous avons fait appel à deux spécialistes, Patrick Le Galès, politiste et sociologue, directeur de recherche au CNRS au centre d’études européennes et politique comparée de Sciences po et doyen de l’Ecole urbaine de Sciences Po et Sophie Chevalier, anthropologue, professeure à l’Université de Picardie-Jules Verne. 

Chroniques

14H54
6 min

Le Journal de l'éco

Industrie : la Nouvelle Nickelédonie est-elle un rêve ?
Intervenants
  • Sociologue et politiste, directeur de recherche CNRS au Centre d’Etudes Européennes (Sciences Po)
  • Anthropologue, professeure à l’Université de Picardie-Jules Verne.
L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation
Avec la collaboration de
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