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Bal du moulin de la Galette, 1876, huile sur toile, musée d'Orsay
Épisode 2 :

Marguerite Audoux : lumière sur les ouvrières

58 min
À retrouver dans l'émission

La Belle Époque l'a-t-elle été pour tout le monde ? Ce n'est pas ce que laisse entendre la lecture de Marguerite Audoux, romancière issue des classes défavorisées, avec qui nous découvrons le côté sombre d'une époque marquée par l'extravagante richesse comme par la misère.

Marguerite Audoux, debout mains croisées, photographie, 1910. Ville de Paris / Bibliothèque Marguerite Durand (BMD)
Marguerite Audoux, debout mains croisées, photographie, 1910. Ville de Paris / Bibliothèque Marguerite Durand (BMD) Crédits : voir en bas de page*

Née en 1863 et morte à 74 ans en 1937, Marguerite Audoux vit pleinement la transition entre les deux siècles. Loin d’être le témoin du Paris des Lumières et du luxe qui imprègne progressivement la société de son époque, elle en relate au contraire les dessous, et couche sur le papier les réalités d’une orpheline élevée dans le labeur à la campagne puis celles d’une jeune femme débarquant à la capitale, forcée de gagner sa vie pour ne pas mourir de faim. 

Avec la publication en 1910 de son premier roman, Marie-Claire, grâce à la rencontre avec les intellectuels du cercle de Carnetin, elle bénéficie d’une double notoriété :  elle est à la fois femme et issue de la classe populaire. « Ecrire n’était pas son métier, seulement le moyen qu’elle avait trouvé d’esquiver les coups de la vie, de monter. De monter pour mieux respirer, de monter pour vivre. » dira ainsi son ami Francis Jourdain.

Toute la force des romans de Marguerite Audoux vient du fait que les conditions de travail y sont simplement suggérées. Ça se fait par touches, de façon non dogmatique. C’est ainsi que Marguerite Audoux fait de la politique. - Sarah Al-Matary

Son récit est loin de tout militantisme : elle ne dénonce pas, elle décrit. « On a qu'à lire mes bouquins, on verra qui je suis et ce que je pense des fortunés et des miséreux. » dit-elle. Si Marie-Claire est fortement autobiographique, Marguerite Audoux se détache de son personnage dans son deuxième roman, L'Atelier de Marie-Claire, dans lequel elle raconte l'histoire d'un atelier de couture et des petites mains qui le font tourner tant bien que mal. 

Marguerite Audoux n’est pas une militante, elle refuse tous les drapeaux, tous les honneurs. Elle ne se battra jamais au nom d’une cause. Pour elle, défendre une bonne cause pas la violence devient une mauvaise cause. - Bernard-Marie Garreau

Que nous dit Marguerite Audoux de cette prétendue Belle Époque, derrière laquelle se cache une bonne part de misère ? Pour découvrir le côté sombre de cette période de l'histoire qui a laissé une bonne partie de ses contemporains dans la pauvreté, nous accueillons Bernard-Marie Garreau, maître de conférences à l'Université d'Orléans et ancien directeur du CRELLIC, Centre de recherche en littératures, linguistique et civilisations, à l'Université de Bretagne-sud ainsi que Sarah Al-Matary, maître de conférences en littérature à l’université Lyon.

Références sonores

  • Extrait de l’émission “Portrait de Marguerite Audoux, la bergère écrivain”, un documentaire France Culture diffusé en 1986 - lecture par Catherine Ubeau
  • Extraits de la dramatique radiophonique "Marguerite Audoux - Marie-Claire", diffusée sur France Culture le 13 janvier 1991

Références musicales 

  • Berthe Sylva - "Joujou de Noël"
  • Therese - "Toxic"

* Droits de l'image utilisée en illustration : Dornac (1858-1941) : Marguerite Audoux, debout mains croisées, photographie, 1910. Ville de Paris / Bibliothèque Marguerite Durand (BMD). Domaine public. Conformément à la loi française n°78-753 du 17 juillet 1978, la réutilisation non commerciale est libre et gratuite dans le respect de la législation en vigueur et du maintien de la mention de source.

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Intervenants
  • Maître de conférences en littérature à l’université Lumière Lyon 2, membre de l'Institut d'histoire des représentations et des idées dans les modernités et rédactrice en chef de “La Vie des Idées”.
  • Maître de conférences à l'Université d'Orléans, et ancien directeur du CRELLIC, Centre de recherche en littératures, linguistique et civilisations, à l'Université de Bretagne-sud.
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