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En 1929 et en 2008, quand elles éclatent, les crises économiques sont au départ des crises financières. Les deux crises ont entraîné de grandes réformes bancaires.
Épisode 2 :

Face aux chocs pétroliers, le carburant libéral

58 min
À retrouver dans l'émission

Le choc pétrolier de 1973 et la crise qui s’en suit mettent fin à la prospérité des Trente Glorieuses, et remet en question l'hégémonie des principes keynésiens. Les relances économiques ne fonctionnent pas, place à l’austérité : les néolibéraux prennent le pouvoir.

Arrivés au pouvoir respectivement en 1979 en Grande-Bretagne et en 1981 aux États-Unis, Margaret Thatcher et Ronald Reagan incarnent la révolution néolibérale et conservatrice des années 1980.
Arrivés au pouvoir respectivement en 1979 en Grande-Bretagne et en 1981 aux États-Unis, Margaret Thatcher et Ronald Reagan incarnent la révolution néolibérale et conservatrice des années 1980. Crédits : Pierre PERRIN - Getty

Le choc pétrolier de 1973 entraîne dans les économies développées une crise économique dont les conséquences mettent fin à trente années d’après-guerre de prospérité, de croissance et de plein-emploi. En France, le taux de chômage passe de 3% en 1974 à 6% en 1980. En parallèle, l’inflation avoisine les 10% par an. C’est la spécificité de cette crise : alors que la crise de 1929, comme celles qui l’avaient précédée, était associée à la déflation, le choc pétrolier entraîne une situation inédite qui contredit les principes keynésiens : la combinaison d’une inflation et d’un chômage élevés.

Dans les pays industrialisés, il y a un avant et un après : la croissance économique des Trente Glorieuses n'est plus qu'un souvenir, elle est divisée par deux entre les Trente Glorieuses et ce qu'on appelle les "Trente Piteuses", qui sont les trente années qui ont suivi. La croissance plus faible, la problématique de la désindustrialisation, le chômage de masse : ce sont des problèmes récurrents qui se posent à partir de ce moment-là. - Céline Antonin

Pour y remédier, le réflexe de tous les gouvernements est celui de la relance. Mais rien à faire, le chômage ne diminue pas et la surchauffe de l’économie ne fait pas baisser l’inflation. Le deuxième choc pétrolier, qui fait repartir l’inflation, finit de convaincre les gouvernements et les économistes : la rigueur est de mise. Elle est incarnée par Thatcher en Grande-Bretagne, Reagan à la Maison Blanche et Paul Volcker à la FED. C’est la victoire des néolibéraux dans le champ politique, mais aussi dans le champ universitaire où, Milton Friedman à leur tête, les monétaristes démantèlent l’héritage keynésien.

On renverse la manière de penser la politique économique : les années 1970 sont aussi une crise de l'expertise pour les économistes qui se retrouvent face à l'échec, et la politique budgétaire, qui était l'outil préféré jusque là, est complètement abandonnée parce que jugée trop lente et trop politique. On lui préfère la politique monétaire, qui devient l'outil dominant jusqu'à la crise financière de 2008. - Aurélien Goutsmedt

La crise des années 1970 a eu des conséquences durables à la fois sur la situation macroéconomique des économies dites développées, sur la gestion des politiques publiques budgétaires et monétaires, et sur la théorie économique. Comment les gouvernements ont-ils tenté de limiter les conséquences de la crise de 1973 et de mettre fin à la « stagflation » ? Quel basculement idéologique cette crise marque-t-elle ?

Pour en parler, nous avons fait appel à Céline Antonin, économiste senior à l’OFCE et Aurélien Goutsmedt, historien de l’économie et chercheur postdoctoral.

Références sonores

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  • « Au départ » - Alex Beaupain
  • « Won't Sleep » - Tones and I

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