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D’après l’UNESCO, environ 152 millions d’enfants travaillent dans le monde, dont la majorité dans le secteur agricole.
Épisode 2 :

La mécanique des scandales financiers

58 min
À retrouver dans l'émission

Le 8 février dernier, Le Monde, en partenariat avec seize médias internationaux, sort une enquête choc baptisée « Openlux » qui révèle que, malgré les engagements qu'il a pris, le Luxembourg accueille encore de nombreuses sociétés offshore. Un nouveau scandale financier qui en rappelle d’autres.

Le cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca était au cœur du scandale des « Panama Papers » d’avril 2016.
Le cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca était au cœur du scandale des « Panama Papers » d’avril 2016. Crédits : RODRIGO ARANGUA - AFP

Le scandale idéal marie les trois niveaux du scandale : la dimension fondamentale (la finance comme source du mal), la dimension sociale (la rupture de normes partagées dans la société, légales ou pas) et la dimension individuelle (une belle histoire d'un escroc qui a exploité des victimes, si possibles innocentes et incapables de se défendre par elles-même). La finance s'est révélée particulièrement propice pour lier ces trois dimensions depuis trois siècles. - Patrice Baubeau

L’enquête du Monde, en partenariat avec seize médias internationaux, regroupe les propriétaires réels des 140 000 sociétés immatriculées au Luxembourg. La conclusion est sans appel : malgré les engagements pris par le Grand-Duché en matière de transparence et de fair-play fiscal, les articles révèlent que près de la moitié des entreprises commerciales enregistrées dans le pays sont de pures holdings financières, des sociétés offshore totalisant pas moins de 6 500 milliards d’euros d’actifs.

Derrière ces montages savants et ces filiales en cascade, Le Monde a pu identifier entreprises du CAC 40 et des grandes fortunes, célébrités et criminels en col blanc. Un scandale baptisé « Openlux », qui se situe dans la droite lignée des Luxleaks et autres Panama Papers…

Je pense que le niveau d'éducation augmente : à chaque fois qu'on fait une enquête, on s'appuie sur ce qui a déjà été révélé, donc on ne part pas de rien. La différence fondamentale, c'est qu'on n'est plus dans un récit national, on est dans une économie globale et on a les moyens d'avoir des enquêtes transnationales et systémiques. - Edouard Perrin

Mais les scandales financiers ne datent pas d’hier. Le milieu de la finance, opaque et complexe, est en effet propice aux montages véreux et autres fraudes, qui, une fois révélés au grand jour, choquent l’opinion publique. De John Law à John Doe, une mécanique du scandale financier s’est instaurée, dont les rouages sont désormais bien identifiés : une fraude montée dans les coulisses, souvent avec l’appui conciliant d’acteurs politiques, la révélation du scandale par une presse au rôle de plus en plus déterminant, provoquant une réaction forte dans l’espace public, tant du côté de l’opinion que des pouvoirs en place. Cependant, l’ampleur du scandale ne dépend pas nécessairement de la gravité de l’acte frauduleux, mais bien de l’indignation qu’il provoque. Car pas de scandale sans conscience collective outragée…

Quels stéréotypes moraux, quelles valeurs les scandales financiers viennent-ils heurter ? Ont-ils contribué à en façonner de nouvelles ? Comment s’opère la transformation d’un débat ou d’un enjeu bancaire ou boursier en objet de lutte politique ? Pour en parler, nous avons fait appel à Patrice Baubeau, professeur en histoire économique à l’université Paris-Ouest Nanterre rattaché à l’IDHES et Edouard Perrin, journaliste d’investigation pour la société Première Ligne et président de l’association “Informer n’est pas un délit”.

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  • "Yeah Yeah" - Raphael Cash

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  • Professeur en histoire économique à l’université Paris-Ouest Nanterre rattaché à l’IDHES
  • Journaliste d’investigation depuis 2012 pour l’émission Cash Investigation, membre de l’ICIJ depuis 2014, président de l’association “Informer n’est pas un délit”

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