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Le H&M des Champs-Élysées fermé en mars 2020.

L’industrie de la mode ne tient-elle plus qu’à un fil ?

58 min
À retrouver dans l'émission

Le secteur de l'habillement n'a pas été épargné par l'annus horribilis 2020. Avec un chiffre d'affaires qui aurait chuté de 55% malgré l'essor considérable des ventes en ligne, quelles perspectives pour l'industrie de la mode ?

Le H&M des Champs-Élysées fermé en mars 2020.
Le H&M des Champs-Élysées fermé en mars 2020. Crédits : Stephane Cardinale - Corbis - Getty

Selon l'Institut français de la mode (IFM), 2020 aurait été une année noire pour le secteur de l'habillement. Malgré l'essor considérable des ventes en ligne ( 42%), le chiffre d'affaires dans son ensemble aurait chuté de 55%, à cause notamment de l'absence de clientèle touristique étrangère. Une catastrophe pour ce secteur qui pèse 145 milliards d’euros, génère 600 000 emplois directs et un million d’emplois indirects, et qui génère environ 1,7% du PIB français.

Le choc exogène massif qu’a connu le secteur de l’habillement en 2020 s’ajoute à des difficultés préexistantes : le budget des ménages alloué à la consommation d’habillement a reculé de dix points entre 1990 et 2018. - Dominique Jacomet

Pour essayer de limiter la casse, les soldes qui devaient commencer le 6 janvier ont été repoussées au 20. Les stocks des magasins sont au plus haut et doivent être écoulés au prix habituel afin que la trésorerie soit reconstituée. Une décision qui avait déjà été prise début juin par le gouvernement pour les soldes d'été, décalées de trois semaines en raison de la pandémie. Le report avait été jugé bénéfique, selon La Confédération des commerçants de France (CDF) et les Commerçants Artisans des Métropoles de France (CAMF). Mais malgré ces efforts, les effets de la crise se font durement sentir : entre 30 000 et 40 000 emplois perdus dans le secteur habillement seul, après les fermetures administratives du mois de novembre.

En période de crise, comme pendant les deux guerres mondiales, la mode ne s’interrompe pas, elle s’adapte. - Sophie Kurkdjian

Alors que les faillites de grandes enseignes du prêt-à-porter ont émaillé l’année 2020, et que les perspectives ne semblent pas indiquer une sortie de crise imminente, est-il temps pour le secteur de l’habillement de tirer un trait sur ses anciens anciens modèles économiques qui semblent avoir fait leurs temps ? L'épidémie de Covid-19 pourrait être l'occasion d'une remise en cause du côté offre, mais aussi du côté de la demande : que veulent les consommateurs confinés qui subissent de plein fouet les conséquences de la crise ? Retour au confort, fonction de base des habits ?

Les marques ont aujourd’hui un blocage qui vient de leur processus de création, de développement, d’achat et de fabrication. Le système aujourd’hui a tellement cherché à optimiser les coûts d’achat qu’il est complètement rigidifié. Quand vous commandez 80% de votre production en grand import, vous n’avez plus la flexibilité nécessaire pour répondre aux chocs du marché. - Céline Choain

Pour parler du secteur de l'habillement et de ses perspectives, nous avons fait appel à trois spécialistes. Dominique Jacomet, économiste, professeur à l'Institut français de la mode dont il est l'ancien directeur, Sophie Kurkdjian, docteure en histoire de l'Université Paris 1, assistant professor à l’American University of Paris et chercheuse à l’Institut d’histoire du temps présent (IHTPCNRS) et Céline Choain, consultante senior chez Kea & Partners et co-rédactrice d'une étude intitulée Les nouveaux modèles économiques de la mode.

Références sonores

  • Extrait de « Le diable s’habille en Prada » de David Frankel
  • Extrait de « Confessions d’une accro du shopping » de P.J.Hogan
  • Extrait de « Saint Laurent » de Bertrand Bonello
  • Guillaume Gibault le 2 mai 2017 sur France Info
  • « Actualités françaises » du 23 octobre 1947 (Archive Ina)

Références musicales

  • « Putain ça penche » d’Alain Souchon
  • « On my road » de Lowrence
Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation
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