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Le label French Tech, outil de la « start-up nation », est accordé à des pôles métropolitains reconnus pour leur écosystème de start-up à l’attractivité internationale.

Les start-up françaises ont-elles tenu leurs promesses ?

58 min
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Modèle indéfinissable et illusoire pour certains, démocratisation de l’entrepreneuriat pour d’autres : la start-up s'est indéniablement fait une place dans notre économie, soutenue par un discours médiatique et politique favorables. Quitte à occulter une réalité plus complexe ?

Le label French Tech, outil de la « start-up nation », est accordé à des pôles métropolitains reconnus pour leur écosystème de start-up à l’attractivité internationale.
Le label French Tech, outil de la « start-up nation », est accordé à des pôles métropolitains reconnus pour leur écosystème de start-up à l’attractivité internationale. Crédits : LUDOVIC MARIN - AFP

La crise sanitaire coïncide avec une étape de maturité de l'écosystème des start-up. Nous avons derrière nous une dizaine d'années de croissance et d'apprentissage sur comment créer une start-up, la financer, la diriger et la développer sur des marchés étrangers. - Sophy Caulier

Alors que les difficultés s’accumulent pour de nombreux secteurs face à la crise économique, le monde des start up semble passer entre les gouttes. La publication, le 8 février, de la deuxième promotion du French Tech 120, met en avant les start-up françaises les plus prometteuses du pays. Au-delà du discours, souvent moqué, de la « start-up nation », cet écosystème semble avoir trouvé une place au sein de l’économie française. Ces 120 entreprises représentent en effet 37 000 emplois en France, dont 10 000 créés l’année dernière. De plus, elles affichent un chiffre d’affaires en augmentation de 55 % par rapport à la précédente référence, qui date de 2017.

Si nous prenons l'ensemble du chiffre d'affaires du French Tech 120 et du Next40, nous obtenons un quart du chiffre d'affaires de la SNCF. Donc le monde des start-up est important, il crée de la valeur et de l'emploi. Mais ce monde est aussi important parce qu'il est un laboratoire : c'est dans les start-up qu'on voit les nouvelles bonnes pratiques d'innovation. Indépendamment de la valeur qu'il crée, c'est pour cela que cet écosystème attire tant le regard. – Thomas Houy

Mais qu’est-ce qu’une start-up ? Est-elle vraiment différente d’une « simple » très petite entreprise (TPE) ? La frontière entre les deux est assez floue dans le discours médiatique, mais la Banque Publique d’Investissement (BPI) insiste sur la spécificité de la start-up, et pose trois conditions pour qu’une entreprise soit définie comme telle : la perspective d’une forte croissance, l'usage d'une technologie nouvelle et le besoin de financement important.

Le succès des start-up françaises était pourtant loin d’être acquis : au premier abord, il semble que l’aventure de la start-up relève avant tout de l’exercice de style économique. Vendre un projet (le fameux « pitch »), trouver des business angels, lever des fonds : telles sont les étapes incontournables de toute start-up qui se respecte. Or, avec un taux de faillite de près de 90%, des projets parfois abscons, et surtout l’inévitable rachat par des groupes ou des fonds étrangers, nécessaire pour survivre, l’idée d’une création à la chaîne d’entreprises aux retombées économiques incertaines émerge. Comment expliquer, donc, le succès de ce mode d’entreprenariat ?

Les grandes entreprises américaines sont celles du numérique. En France et en Europe, nous n’avons pas réussi à nous imposer sur ce terrain. Nous avons vraiment besoin aujourd'hui d'une alternative aux GAFAM pour des questions de souveraineté numérique. Il est important de saisir les opportunités pour ne pas que nos entreprises européennes se fassent entièrement racheter par les Américains. – Anne-Marie Kermarrec

Faut-il voir dans les nombreuses créations de start-up une révolution dans le monde de l’entreprise ou une illusion au service d’un discours performatif ? Pour en parler, nous avons fait appel à Sophy Caulier, journaliste indépendante, Anne-Marie Kermarrec, chercheuse en informatique, co-fondatrice de la start-up Mediego et professeur à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et Thomas Houy, maître de conférences en management à Télécom ParisTech et titulaire de la chaire Entrepreneuriat Numérique Etudiant (CENE).

Références sonores

Références musicales

  • « My Licorne & Me » - Poom
  • « Once Again » - Goat Girl

Pour aller plus loin :

Bibliographie

Intervenants
  • Chercheuse en informatique, co-fondatrice de la start-up Mediego et professeur à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL)
  • Maître de conférences en management à Télécom ParisTech et titulaire de la chaire Entrepreneuriat Numérique Etudiant (CENE)
  • Journaliste indépendante
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