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En France, les premiers journaux apparaissent au XVIIe siècle.

L’information pour tous : à quel prix ?

59 min
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Si la crise sanitaire a fait chuter les revenus publicitaires des médias, elle a fait exploser leur consommation. Le modèle économique médiatique va-t-il pouvoir se réinventer suffisamment rapidement pour éviter les faillites ?

En France, les premiers journaux apparaissent au XVIIe siècle.
En France, les premiers journaux apparaissent au XVIIe siècle. Crédits : Norman Karlson - Getty

La crise sanitaire, coupant les vivres issus des revenus publicitaires, a été brutale pour les médias. Malgré une fréquentation des médias, tous supports confondus, en forte hausse, la fermeture de près de 20 % des points de vente et un effondrement de leurs recettes. Les grands groupes télévisés ont accusé des pertes de plusieurs dizaines de millions d'euros. C'est un coup dur supplémentaire pour un secteur qui dont le chiffre d’affaires s’est sensiblement réduit dans la dernière période : de 10,8 milliards d’euros à 6,8 milliards entre 2007 et 2017. Un recul de 37 %, qui n’a pu que s’amplifier au regard du recul ininterrompu des ventes aux lecteurs, comme aux annonceurs depuis 2017. Pour tenter d'atténuer les effets de la crise sanitaire, Emmanuel Macron a présenté un plan de 483 millions d’euros le 27 août 2020.

En France, la presse écrite connaît une crise de son modèle économique qui précède la crise sanitaire. Elle est due avant tout à une baisse des ventes. - Nathalie Sonnac

La crise généralisée du modèle économique des médias, accélérée ces derniers mois, interroge quant à la suite des événements. Rentabilité et indépendance sont-elles nécessairement contradictoires ? Faut-il voir dans les difficultés économiques des médias une fatalité ? À travers les questions de financement et de préservation de la qualité des contenus se pose surtout celle de la mise en place d’un espace public via la diffusion de l’information et de son appropriation par certains acteurs.

Car la crise sanitaire et les confinements ont été l'occasion pour certains médias de transformer leurs modes de fonctionnement et d'attirer de nouveaux consommateurs. Certes les revenus publicitaires ont chuté, mais le nombre d’abonnements a largement augmenté – c’est le cas de la presse jeunesse par exemple. Alors qu’en 2019 le taux d’abonnement s’élève à 13 % pour la presse quotidienne nationale, ce chiffre bondit à 85 % pour la presse des enfants et 91 % pour la presse des adolescents, selon l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM).   

Le support papier est en crise, mais les principaux acteurs de l’information sur internet sont les entreprises de presse. Lorsqu’on regarde globalement, l’audience totale de la presse écrite est plutôt en augmentation. - Nikos Smyrnaios

C’est surtout la preuve que le tournant du numérique, souvent conspué, a été pris pour certains organes médias. C’est le cas du Monde : il est aujourd’hui le premier quotidien national sur le numérique, avec plus de 250 000 abonnés, à comparer avec ses 30 000 ventes au numéro. Dans les colonnes de Libération, son directeur, Jérôme Fenoglio, estime que "cette crise valide le modèle de l’abonnement numérique et l’idée que le journalisme, ce n’est pas que des coûts, mais aussi de la création de valeur".

Au début dans années 1990, les journaux ont fait l’erreur de croire au miroir aux alouettes de l’audience. Ils se sont mis gratuitement sur internet, sans prévoir qu’il allait leur être très difficile de rebâtir un modèle payant. - Jacques Attali

Pour parler de l'avenir des médias et de leur modèle économique, nous avons fait appel à trois spécialistes. Jacques Attali, économiste, haut fonctionnaire et écrivain, Nathalie Sonnac, économiste, membre du CSA en charge des télévisions et Nikos Smyrnaios, maître de conférences en sciences de l'information et de la communication à l’Université de Toulouse 3.

Références sonores

  • Extrait de la série « Les Rois Maudits » de 1972, adaptation du roman de Maurice Druon réalisée par Claude Barma
  • Lecture de « L’ Education Sentimentale » de Gustave  Flaubert par Aliette Hovine avec « Cello Gonzales » de Chilly Gonzales en tapis sonore 
  • Extrait d'Edwy Plenel dans « À voix nue » en septembre 2020

Référence musicales

  • « Demandez spéciale dernière » de Laura Ulmer 
  • «  Happen to me » de Benee
Intervenants
  • économiste et écrivain
  • Professeure en Sciences de l'information et de la communication à l'Université Paris 2-Panthéon-Assas, spécialiste en économie des médias et du numérique, ex-membre du CSA (2015-2021)
  • maître de conférences en sciences de l'information et de la communication à l’Université de Toulouse 3. Auteur de Les GAFAM contre Internet: une économie politique du numérique, INA, 2017.
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