LE DIRECT
Les remontées mécaniques seront immobilisées cette année a annoncé Jean Castex le jeudi 26 novembre.

Quand te reverrai-je, touriste merveilleux ?

58 min
À retrouver dans l'émission

2020, annus horribilis pour le tourisme. Avec l'annonce de l'immobilisation des remontées mécaniques pour la saison d'hiver, les stations de ski voient s'évaporer l'espoir d'amortir le choc de la crise. Ils viennent grossir les rangs des autres secteurs touristiques fragilisés par l'épidémie.

Les remontées mécaniques seront immobilisées cette année a annoncé Jean Castex le jeudi 26 novembre.
Les remontées mécaniques seront immobilisées cette année a annoncé Jean Castex le jeudi 26 novembre. Crédits : Алексей Облов - Getty

L’état de crise sanitaire est déclaré depuis maintenant 10 mois et deux tranches de vacances scolaires permettent de jeter un regard nouveau sur l’état du secteur touristique. En vue des fêtes de fin d'année, le Premier ministre Jean Castex annonçait, jeudi 26 novembre, que les stations de ski resteraient ouvertes, sans toutefois que les remontées mécaniques soient actives. Il n’y aura donc pas de planté de bâton à Noël dans les montagnes françaises. Une nouvelle plutôt mal accueillie par les professionnels du secteur qui voient leur avenir devenir chaque année plus incertain. Avec le réchauffement climatique et la baisse de la fréquentation, le modèle économique des stations françaises est de moins en moins rentable. 

Le secteur du ski compte 350 stations en France, représente 10 milliards de retombées économiques et 120 000 emplois saisonniers. La saison des fêtes est essentielle pour le chiffre d'affaires : 13,5% de la fréquentation est enregistrée lors de l'avant-saison et environ 13% à Noël. Pour les grandes stations comme Tignes, le mois de décembre représente 20 % à 25 % de la fréquentation. 

Entre la période de Noël et celle des vacances de février, c’est l’essentiel de la saison d’une station qui se fait. - Emmanuelle George

L'économie de la glisse constitue aussi un pilier pour certains territoires. Avec 58 stations de ski, la part du tourisme dans l'économie savoyarde est prédominante. Elle mobilise 31 000 emplois, soit environ 22% de l’emploi total salarié du secteur privé départemental, et représente un chiffre d'affaires induit estimé à environ 50% du PIB départemental. Selon Domaines skiables de France, plus de 150 000 emplois, saisonniers dans leur immense majorité, dépendent de l’ouverture des stations de ski. 

Pour l’Autriche et la Suisse, les sports d’hiver sont considérés comme des industries d’intérêt national. - Laurent Tissot

Et ça n'est pas que les secteurs de neige poudreuse qui vont devoir revoir leurs prévisions à la baisse. Depuis le début de l'épidémie, c'est l'ensemble du secteur touristique qui souffre. En avril dernier, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) anticipait une baisse de 300 à 500 milliards de dollars des recettes touristiques en 2020, soit près d’un tiers des 1 500 milliards générés en 2019. 

Le tourisme connaît une croissance quasi linéaire depuis plusieurs décennies. C’est une industrie qui a énormément de résilience, car les gens ont réelle envie de s’ouvrir sur le monde. - Vanguélis Panayotis

Un rapport du Conseil des Ministres du 16 septembre 2020, avançait des premières estimations de la fréquentation estivale moins mauvais que ceux redoutés au printemps dernier. Néanmoins, la crise sanitaire liée au Covid-19 a durement affecté les acteurs du tourisme du fait des restrictions d’activité mises en place pour lutter contre l’épidémie et graduellement levées depuis mai, ainsi que, de manière plus durable, des entraves aux déplacements internationaux. Or, le tourisme fait vivre tout un ensemble de secteurs, de l'aérien à l'hôtellerie en passant par la restauration, particulièrement en France, la première destination mondiale. 

La filière ski doit se réinventer et avec elle l’industrie du tourisme toute entière, frappée depuis dix mois par une crise sans précédent. Quelles perspectives pour ce secteur ? Après une année difficile, va-t-il pouvoir rebondir avec l'arrivée tant espérée d'un vaccin ? Pour en parler, nous avons fait appel à trois spécialistes Vanguélis Panayotis, consultant, directeur des opérations de MKG Group et Président de MKG Consulting et OlaKala, Emmanuelle George, ingénieur-chercheuse en économie et gouvernance des territoires touristiques à l'Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) de Grenoble et Laurent Tissot, historien spécialiste du tourisme et professeur émérite de l’Université de Neuchâtel en Suisse.

Intervenants
  • Ingénieur-chercheur Economie et gouvernance des territoires touristiques à l'INRAE de Grenoble
  • historien spécialiste du tourisme et professeur émérite de l’Université de Neuchâtel en Suisse
  • Consultant, directeur des opérations de MKG Group et Président de MKG Consulting et OlaKala
L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation
Avec la collaboration de
À venir dans ... secondes ...par......