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Jean-Honoré Fragonard, "Le Baiser à la dérobée", huile sur toile, 45,1 x 54,8 cm, Musée de l'Hermitage (Saint-Pétersbourg, Russie)
Épisode 1 :

Aux origines de l'intime

59 min
À retrouver dans l'émission

C'est au XVIIIe siècle qu'une culture de l'intime va s'inventer. Une attention accrue est portée aux sensibilités, aux états du corps, et le besoin grandissant d'un espace à soi se fait ressentir. Alors que le sens de l'intime semble aujourd'hui s'être brouillé, retour sur la genèse d'une notion.

Jean-Honoré Fragonard, "Le Baiser à la dérobée", huile sur toile, 45,1 x 54,8 cm, Musée de l'Hermitage (Saint-Pétersbourg, Russie)
Jean-Honoré Fragonard, "Le Baiser à la dérobée", huile sur toile, 45,1 x 54,8 cm, Musée de l'Hermitage (Saint-Pétersbourg, Russie) Crédits : Domaine public

"Au XVIIIe siècle, la chambre devient un espace où l'on peut se reposer, donc trouver une sorte d'intimité, puis un espace où l'on peut écrire. Une chambre à soi a permis aux femmes d'un certain milieu d'avoir une liberté d'écrire. [...] Le journal - même s'il n'est pas encore 'intime' - et la lettre s'emparent progressivement de l'intime dans la deuxième moitié du au XVIIIe siècle. C'est un intime fait de petits riens, au bord de l'indicible, du ténu." (Françoise Simonet-Tenant)

Nous commençons aujourd’hui notre série consacrée à l’économie de la vie privée. L’histoire nous montre qu’une culture de l’intimité, accompagnée de pratiques sociales, a peu à peu émergé depuis le XVIIIe siècle. On lui reconnaît plusieurs origines, dont la confession religieuse - mère de l’aveu. Avec l’intimité, c’est un nouveau rapport à soi qui s’impose et prend corps dans l’écriture et la peinture. Une évolution qui place l’individu au centre des préoccupations - individu auquel on accorde progressivement le droit à “une chambre à soi” (ou plutôt un boudoir), en tous cas un espace à l’abri du regard social. La science économique est, elle aussi, héritière de cette histoire du sensible qui sonde l’intimité, à travers l’analyse du comportement des "ménages". C’est donc cette histoire de l’intime et de la vie privée qui va nous occuper aujourd'hui.       

Aujourd’hui nous allons parler des origines de l’intime en compagnie de Françoise Simonnet-Tenant, professeure de littérature à l’Université de Rouen, qui a dirigé l’ouvrage collectif Pour une histoire de l’intime et de ses variations, publié aux éditions de L’Harmattan, et Claire-Lise Gaillard, doctorante à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, auteure notamment de l’article Agence Matrimoniale dans l’ouvrage Un voyage initiatique à travers l’histoire du mariage, publié aux éditions Olivetan (2017). 

"Les annonces matrimoniales constituent une expression de soi qui est en fait une rationalisation de soi : écrire une petite annonce, c'est se ranger soi-même dans des cases. [...] On s'examine et on essaie de mettre des étiquettes qui correspondent à une intimité filtrée, standardisée." (Claire-Lise Gaillard)

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