LE DIRECT
La cantine, une expérience fondatrice et collective.

Cantine scolaire, service minimum ?

59 min
À retrouver dans l'émission

Alors que la mesure de la cantine à un euro doit être lancée d'ici la fin du mois, "Etre et savoir" s'interroge sur la restauration scolaire. Que peut-elle et que doit-elle? Que nous dit-elle du regard que nous portons sur les enfants ? Et quel rôle joue-t-elle dans leur socialisation ?

La cantine, une expérience fondatrice et collective.
La cantine, une expérience fondatrice et collective. Crédits : Westend61 - Getty

Deuxième volet de notre réflexion sur les cultures alimentaires enfantines et adolescentes, après l’alimentation des adolescents en octobre dernier, nous nous intéressons aux cantines…. une expérience à la fois fondatrice et collective. Le sujet est d’actualité puisque la secrétaire d'Etat auprès de la ministre de la Santé, Christelle Dubos, annonçait il y a quelques jours que la cantine à un euro sera lancée d'ici la fin du mois d’avril, un dispositif qui pourrait toucher 10.000 communes et qui pourrait être associé à des petits déjeuners gratuits dans les écoles des zones en difficulté.

Si les débats sur la restauration scolaire tournent en général plutôt autour de la qualité, du bio et des choix alimentaires, des interdits et des polémiques sur le halal…. qu’en est-il de l’expérience de la cantine pour tous ceux qui y mangent et y travaillent ? Et comment l’appétit d’être ensemble et l’humour des enfants résistent-il à l'acoustique (on leur demande encore de ne pas parler à la cantine), à la nourriture trop souvent au rabais, et au rythme effréné des services successifs? 

On se demandera au passage si les enfants d’aujourd’hui s’amusent toujours à imaginer que leur âge est inscrit au fond d’un verre Duralex, s’ils dessinent dans leur purée, s'assurent que leur voisin de table ne s’est pas davantage servi dans le plat principal ou qu’il n’a pas vidé son verre d’eau dans le broc – si la cantine est une expérience poétique et ludique.

La cantine, une question annecdotique ? Non car les repas quotidiens de 6 millions d’enfants et d’adolescents est un enjeu du quotidien : bien ou mal manger, passer une bonne ou une mauvaise journée, rappelez vous. Sans oublier les enjeux économiques colossaux liés à la restauration scolaire, qui est devenu un marché avec tout ce que cela implique pour les mangeurs…

Avec :

  • Géraldine Comoretto, sociologue, auteure de la thèse : Manger entre pairs à l’école : synchronisme et complémentarité des processus de socialisation (2015).

Je pense qu'on s'intéresse peu aux enfants en tant qu'acteur de leur consommation et de leur alimentation.

Le moment de la cantine est finalement assez contraignant pour les enfants, donc tout est prétexte à contrer les interdits et à détourner la monotonie.

Il y a une vraie méconnaissance des parents sur ce qui se passe à la cantine, en dehors de ce que les enfants ont mangé. 

Il y a un véritable échange entre les enfants sur les goûts et les dégoûts, les manières de table, etc., Géraldine Comoretto.

  • Yoan Robin, économiste, auteur de la thèse La gouvernance des cantines scolaires : impact sur la qualité, le prix et les filières locales d’approvisionnement (2017).

Il y a des intérêts très antagonistes dans la restauration scolaire. Il faut à la fois ménager les contribuables, les parents d'élèves, les enfants et les personnels de cantine.

Sur un repas en Ile-de-France qui a un coût moyen de 9 euros, les denrées alimentaires ne coûtent que 2 euros, ce qui pèse le plus cher c'est la main d'oeuvre derrière, Yoan Robin.

  • Benjamin Rondeau, professeur de français au collège Aimé et Eugénie Cotton du Blanc-Mesnil (93), auteur de "Self-service, une vie de demi-pensionnaire", Editions du Motel (2018).

Très rapidement se met en place l'idée d'une variété dans la répétition, on note la récurrence de certaines denrées. Le pamplemousse revient souvent!.

Quand on est chef, il y a la contrainte économique, nutritionnelle, et celle du goût et de la sécurité, on se retrouve un peu seul face à l'intégralité de ces contraintes, Benjamin Rondeau.

Lien vers l'association Un plus bio

Retrouvez le documentaire Les casseroles de la restauration collective de la documentariste Céline Destève (France 5, 2017).

Retrouvez Les éditions du Motel.

La leçon de choses de Sophie Bober : 

"Cette extrême liberté intellectuelle, qu'on m'a transmise..." - 1ère partie de l'entretien avec l'architecte et urbaniste Paul Chemetov, dont le livre Paul Chemetov - Etre architecte (Arléa) vient de paraître.

Pour aller plus loin : 

Chroniques

17H50
5 min

La leçon de choses

Paul Chemetov 1ère partie : "Cette extrême liberté intellectuelle, qu'on m'a transmise..."
Intervenants
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
Chronique

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......