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La fiction permet de mettre en scène des personnages qui disent ce qu'ils pensent, on peut mettre en scène la honte, chose très difficile à filmer dans un documentaire.
Épisode 3 :

Le choix de l'école est-il une lutte des classes ?

44 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion de la sortie du film La lutte des classes de Michel Leclerc, Etre et savoir interroge les logiques de l'évitement scolaire et la question de la mixité sociale à l'école.

La fiction permet de mettre en scène des personnages qui disent ce qu'ils pensent, on peut mettre en scène la honte, chose très difficile à filmer dans un documentaire.
La fiction permet de mettre en scène des personnages qui disent ce qu'ils pensent, on peut mettre en scène la honte, chose très difficile à filmer dans un documentaire. Crédits : Klaus Vedfelt - Getty

Comment croire en une école qui prône les valeurs de la République quand les citoyens finissent par se considérer trop différents les uns des autres pour faire partager les mêmes salles de classe à leurs enfants ? Et que peut l’école publique pour les enfants des quartiers populaires quand elle est appauvrie et négligée ? 

Et comment malgré tout cela vivre et éduquer ses enfants en accord avec ses principes ? c’est bien cette lutte, une lutte intérieure que décrit le film de Michel Leclerc dont nous parlons aujourd’hui, La lutte des classes.

Et il le fait avec la plus efficace des armes : l’humour. En effet, cette comédie joue avec les clichés et se joue des stéréotypes accolés aux élèves et parents des quartiers populaires et aux bourgeois, même quand ils sont bohème… La lutte des classes porte ainsi une réflexion pertinente sur la nonchalance avec laquelle une partie de la société abandonne ses idéaux et l’école publique avec. Et cette fiction réussit le tout de force de le faire en portant un propos bienveillant sur la réalité dont elle s’empare. Voilà qui réchauffera les cœurs dans une époque où les querelles étouffent parfois les débats.

Les héros de cette fiction sont donc des parents tourmentés attachants et surtout très drôles, ils sont joués par Leïla Bekhti et Edouard Baer – qui semblent incarner à l'écran la scénariste du film, Baya Kasmi et son réalisateur Michel Leclerc. Nous recevons à leurs cotés la sociologue Agnès Van Zanten qui a justement publié un ouvrage sur la question des choix scolaires. 

Avec :

  • Michel Leclerc, réalisateur du film Le Nom des gens (2010), il vient de réaliser La lutte des classes, avec Leila Bekhti et Edouard Bear et co-écrit avec Baya Kasmi.

La fiction permet de mettre en scène des personnages qui disent ce qu'ils pensent, on peut mettre en scène la honte, chose très difficile à filmer dans un documentaire.

Il ne faut pas que ce soit les autres qui nous définissent, sinon ils nous réduisent à des stéréotypes, c'est à chacun de se revendiquer. 

Le film est vraiment sur la peur des parents, qui ne sont pas témoins de ce qui se passe dans l'école, ils guettent le moindre signe chez leur enfant et sont tributaires de ça. Dans le film, ils sont toujours à contretemps, Michel Leclerc.

  • Baya Kasmi, réalisatrice, comédienne, scénariste notamment des films Le nom des gens et La lutte des classes

L'enfance c'est une époque où on est beaucoup jugé, et chaque enfant à besoin de trouver un groupe auquel s'identifier.

La mixité pour qu'elle fonctionne dans l'idéal c'est un vrai mélange positif. Mais il y a une forme d'atavisme chez les parents et les enfants qui consiste à côtoyer des gens qui leur ressemble, Baya Kasmi.

  • Agnès Van Zanten, sociologue, directrice de recherche au CNRS à l’OSC (Observatoire Sociologique du changement), professeure à Sciences Po.

Il y a une ambiguïté dans le terme de mixité. Elle définit à la fois un idéal arithmétique, un projet de société idéale, mais elle désigne aussi sans qu'on veuille le dire une école "ghetto".

Il y a un juste milieu à trouver aujourd'hui entre un modèle multiculturaliste et un modèle universaliste, entre le modèle anglais dans lequel on peut être enfermé dans une identité, et le modèle français où on vient de nulle part.

Les rapports entre les enfants ne sont pas figés, ils bougent, Agnès Van Zanten.

Retrouvez la bande annonce de La lutte des classes.

Illustration sonore : "Merci", Jeanne Cherhal. 

La leçon de choses de Sophie Bober : 

Avec le designer Ronan Bouroullec, dont les fontaines viennent d'être exposées sur le Rond-Point des Champs- Elysées.

Pour aller plus loin :

Chroniques
17H50
5 min
La Leçon de choses
Ronan Bouroullec : "Le dessin était une sorte d'échappatoire"
Intervenants
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
Chronique
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