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Le nouveau bac provoque-t-il une crise au lycée ?

Nouveau bac, crise au lycée ?

58 min
À retrouver dans l'émission

Alors que les premières épreuves de contrôle continu de la nouvelle formule du bac commencent ce lundi, et que les syndicats enseignants demandent leur report, Etre et savoir s'interroge : le nouveau lycée tient-il ses promesses ?

Le nouveau bac provoque-t-il une crise au lycée ?
Le nouveau bac provoque-t-il une crise au lycée ? Crédits : OLIVIER LABAN-MATTEI - AFP

Aujourd’hui, nous parlons de l’école et plus exactement du lycée car demain, ce sont les premières épreuves du bac ! Le 20 janvier, oui, avec les E3C du bac 2021 - E3C pour "épreuves communes de contrôle continu" en classe de première… (le bac 2020 c’est en juin pour les élèves de terminale et c’est la dernière édition pour, entre autres, les séries S, L et ES du lycée général).

En lisant la presse et en écoutant les prises de paroles publiques des enseignants, il semblerait que ce nouveau bac naisse dans la douleur, et une organisation difficile pour les lycées : casse-tête des emplois du temps à la rentrée, difficulté voire impossibilité d’organiser des conseils de classe en décembre, car il n’y a plus de classes avec le jeu des options, et organisation complexe des épreuves de contrôle, on a vu passer des appels au boycott des épreuves… Le tout sur fond de conflit social dans l’Education nationale lié aux retraites, des appels à la mobilisation ont été lancés pour la semaine prochaine.

Alors, est-ce une question de mise en place ou une question de fond qui pose problème dans cette réforme du lycée et du bac ? Nous en débattrons avec nos invités : élève, enseignants, directeur général de l’enseignement scolaire.

Et puis dans cette émission, un autre sujet, forcément il affleure à chaque fois que l’on parle du lycée : les questionnements et le stress des élèves autour de la scolarité et des choix d’orientation. Une angoisse qui touche aussi les parents et les enseignants et devrait, au fond, interpeller la société dans son ensemble sur la manière dont les jeunes Français abordent leurs études et surtout leur avenir. Nous en parlons également avec une pédopsychiatre spécialisée dans la prise en charge des adolescents. 

Avec :

  • Marie-Rose Moro, psychiatre, professeur des Universités et directrice de La maison de Solenn, maison des adolescents de l'Hôpital Cochin.

Il faut que les adolescents aient le maximum de possibles à cette période de leur vie.

Aujourd'hui je vois beaucoup d'adolescents qui ont renoncé à leur rêve parce qu'il y a une hiérarchie des disciplines qui est très forte, ou qui pour des raisons sociales ou familiales ne se sentent pas autorisés à imposer leur choix.

C'est vrai que dès qu'il y a changement il y a incertitude, mais là c'est le stress de l'incertitude mais aussi de la complexité.

Ce n'est pas qu'une question technique, c'est aussi une question politique dans le sens où il faut se donner les moyens de changer les représentations, Marie-Rose Moro.

  • Edouard Geffray, directeur général de l'enseignement scolaire (DGESCO).

C'est la première année de la mise en place de la réforme du bac, il est logique qu'il y ait des inquiétudes spécifiques.

Il faut faire confiance aux professeurs, c'est leur métier d'apprendre et de former.

Le fait qu'il y ait une banque nationale de sujets est une garantie de l'homogénéité et de la cohérence des niveaux.

L'idée n'est plus de jouer son bac en fonction du fait qu'on était en forme ou pas ce jour-là, Edouard Geffray.

  • Gwendoline Honig, professeure de Français dans un lycée de l'Académie de Créteil.

On imagine toujours les professeurs hostiles aux réformes mais nous sommes les premiers à vouloir changer les choses pour le bien des élèves.

On essaye d'abord d'aller au plus urgent, de répondre aux questionnements des élèves en classe.

Il y a eu une vraie consultation des élèves en amont de la réforme, pourquoi n'y a-t-il pas eu la même chose avec les gens dont c'est le métier, avec les enseignants?

Ce qu'il se passe avec les E3C c'est que ça démultiplie les épreuves et là les élèves sont dans un désarroi total.

Il peut y avoir des élèves qui peuvent avoir envie de ne pas choisir à 15 ans, Gwendoline Honig.

  • William Lafleur, alias Monsieur le prof sur les réseaux sociaux, professeur d’anglais dans un lycée de l'académie de Versailles, co-auteur avec Marie Pellan du roman Le Hussard Noir (Flammarion, 2019) et auteur de Monsieur le prof volume 1 et 2 (Flammarion, 2016 et 2018).

Il faut arrêter, le but de cette réforme c'est de faire des économies, avec le contrôle continu notamment.

Sur les E3C on a le problème d'égalité entre les établissements qui se pose, notamment des disparités sur le traitement des candidats.

J'aurais détesté être lycéen aujourd'hui, j'ai beaucoup de compassion pour eux, il y a trop de pression.

Je ne suis pas devenu enseignant pour faire ça, je ne travaille pas dans un centre d'examen, William Lafleur.

Pour moi le bac c'est national, c'est pour nous donner à tous les chances de réussir.

La rupture d'égalité m'interpelle parce que je ne vois pas pourquoi  je ne serais pas traitée de la même façon qu'un autre lycéen.

A quoi vont ressembler nos sujets? Je ne sais pas à quoi m'attendre, Marianne.

Retrouvez l'interview de Marie-Rose Moro dans Le Monde du 12 janvier 2020 : "En matière d'orientation, beaucoup de jeunes disent regretter le double discours de leurs parents".

Lien vers le rapport de Pierre Mathiot sur la réforme du bac : Un nouveau baccalauréat pour construire le lycée des possibles sur le site du Ministère de l'Education Nationale et de la jeunesse (janvier 2018).

Lien vers le compte twitter de Monsieur le Prof.

Retrouvez le site de Monsieur le Prof.

Lien vers le compte twitter Les stylos verts

Lien vers le site Les stylos rouges.  

Illustration sonore :

  • "En nuit", Vidéoclub (2019).

Pour aller plus loin :

La leçon de choses de Sophie Bober : 

Avec l'auteur et illustrateur Gregoire Solotareff, qui publie Une Histoire de vampire (L'Ecole de loisirs, janvier 2020).

Chroniques

17H50
5 min

La Leçon de choses

Gregoire Solotareff : "Pour tirer le fil d'une histoire, il faut une menace"
Intervenants
  • psychiatre pour enfants et adolescents, psychanalyste, directrice de la maison de Solenn et professeure à l'université Paris-Descartes
  • professeur d’anglais, actif sur les réseaux sociaux sous ce pseudonyme
  • Directeur général de l'enseignement scolaire (DGESCO)
  • Elève de première au lycée et autrice d'une lettre ouverte à Jean-Michel Blanquer
  • Professeure de Français au lycée à l'Académie de Créteil
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