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La terre du milieu, un lieu mythique qui fascine toujours autant.
Épisode 5 :

Tolkien, à l'école du merveilleux

58 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion de l'exposition "Tolkien : voyage en terre du milieu" à la BNF, Etre et savoir se penche sur une oeuvre qui a fait école et irrigué l'imaginaire contemporain. Une exposition en partenariat avec France Culture.

La terre du milieu, un lieu mythique qui fascine toujours autant.
La terre du milieu, un lieu mythique qui fascine toujours autant. Crédits : Michael Leggero - Getty

Si Tolkien (1892 -1973), à qui la BNF consacre une grande exposition à partir du 22 octobre, s’est d’abord adressé à la jeunesse, son audience s’est élargie au fil du temps. Il est devenu le maître d’un genre, l’Heroic fantasy, qui n’a cessé de se référer à lui. Son influence se retrouve aujourd’hui dans des sagas que les enfants dévorent (notamment Les royaumes de feu de Tui T. Sutherland, publié chez Gallimard jeunesse), des jeux ou des séries emplies de magie et de dragons (comme Game of thrones, créée par David Benioff et D.B. Weiss). Mais sait-on que l’écrivain, enseignant, érudit, consacrait la plus grande partie de son temps et de son énergie à transmettre et partager son savoir ? En 2019 Tolkien est lu en classe, dans l’étude du genre merveilleux qui est au programme du collège, et certains de ses lecteurs devenus enseignants font étudier ses descriptions de batailles imaginaires tant celles-ci font écho, par leur tragique, à celles de la Première guerre mondiale, dans laquelle Tolkien perdit nombre de ses amis. 

Il faut bien reconnaître qu’aujourd’hui, et nous citons là une spécialiste de l’auteur, Isabelle Pantin, "Tolkien suscite des jugements contrastés. Il est aimé sans réserve par d’innombrables lecteurs (dont beaucoup se sont approprié son univers), de très savants médiévistes l’admirent, et d’estimables critiques (d’ailleurs démentis par quelques confrères) lui témoignent toutes les nuances du dédain, depuis l’indifférence jusqu’à l’injure. Lui-même avait observé, dès 1956, l’acharnement de certains à le représenter comme « un adolescent simple d’esprit » et militariste. Il est vrai qu’il porte en lui certains paradoxes. Ainsi, il est devenu le parangon des auteurs de fantasy, alors que la création de son oeuvre a suivi un mouvement sans relation aucune avec la logique de « genre » qui impose de répondre aux attentes d’un public déterminé".

Pourtant, en écoutant nos invités, fins connaisseurs de l’œuvre de Tolkien, amis auditeurs, et que vous l’aimiez ou non, vous comprendrez que cette littérature de genre, en emmenant le jeune et moins jeune lecteur dans un univers extrêmement codifié, ne se contente pas de le faire rêver et même frissonner. En inventant un univers, et c’est un curieux mais bien efficace détour, elle l'incite, elle nous incite, à réfléchir sur l’ordre du monde réel et la place que nous y occupons. 

Avec 

  • Vincent Ferré, co-commissaire avec Frédéric Manfrin de l’exposition Tolkien : voyage en terre du milieu à la BNF, il a dirigé avec Frédéric Manfrin le catalogue de l’exposition Tolkien, voyage en terre du milieu (BNF, 2019) et le Dictionnaire Tolkien en 2 volumes (Bragelonne, 2019).

Il y a plusieurs paradoxes dans la réception des oeuvres de Tolkien.

Tolkien est un écrivain qui s'est illustré dans de très nombreux genres, c'est un auteur qui gagne à être connu au-delà des étiquettes qu'on lui colle. 

Tolkien avait un vrai souci des lecteurs.

C'est quelqu'un qui n'a jamais écrit en suivant les lois du marché.

On estime que Tolkien a conçu ou envisagé une cinquantaine de langues dont une bonne dizaine qui possèdent un lexique, une grammaire et une évolution historique.

Chez Tolkien il y a le goût et le célébration de la nature qu'il a connue dans son enfance et qui a été détruite pendant la révolution industrielle. 

Au coeur de toutes les histoires importantes de Tolkien il y a un sentiment du tragique du fait que le monde va disparaître, et qu'on est tous responsables de ce qu'on va faire d'ici la fin du monde, Vincent Ferré. 

  • Anne Besson, professeure en littérature générale et comparée à l’Université d’Artois (Arras), spécialiste des ensembles romanesques et auteure du Dictionnaire de la fantasy (Vendémiaire, 2018) et de Constellations : des mondes fictionnels dans l’imaginaire contemporain (CNRS, 2015).

Le genre de la Fantasy tout entier sort du Hobbit et du Seigneur des anneaux, en particulier à partir de 1965, le moment de sa réédition en poche aux Etats-Unis, où ça devient un phénomène culturel.

Tolkien s'inscrit fondamentalement contre Disney.

La mauvaise réputation elle concerne en fait la postérité de Tolkien.

Le merveilleux est pour lui une manière de transmettre des messages extrêmement profonds.

Tolkien va toujours aller chercher l'espoir, le bien au coeur du pire, le grand exemple c'est Gollum. 

Tolkien s'oppose au culte victorien de l'enfance, qui prend l'enfant pour une sorte de créature idéale ce qui est une manière de le mépriser, Anne Besson. 

Retrouvez l'exposition Tolkien : voyage en terre du milieu à la BNF du 22/10/19 au 16/02/20, en partenariat avec France Culture.

Illustrations sonores :

  • "Poème de l’Anneau", lu par J.R.R. Tolkien (1967).
  • "Chanson du Troll",  par J.R.R. Tolkien (1952).
  • "Chanson de Pippin", extrait de la B.O. du film Le Retour du Roi (réalisation Peter Jackson, 2003).
  • "A Elbereth Gilthoniel", lu par J.R.R. Tolkien (1967).
  • Générique de la série Game of thrones, créée par David Benioff et D.B. Weiss, diffusée entre 2011 et 2019 sur HBO et adaptée de la série romanesque Le trône de fer de George R.R. Martin.
  • Extrait d'une interview de Tolkien par la BBC, 1968.
  • "The Shire", Howard Shore, extrait de la B.O. du film Le Retour du Roi.

Pour aller plus loin :

Le leçon de choses de Sophie Bober :

Avec l’illustrateur Benjamin Chaud, qui publie le livre musical Le livre de la jungle le 31/10 chez Gallimard jeunesse (musique Félix le Bars).

Chroniques
17H50
6 min
La Leçon de choses
Benjamin Chaud : "J'étais obsédé par le rose"
Intervenants
  • Professeur de Littérature générale et comparée Université Paris Est Créteil (UPEC) ; commissaire de l'exposition "Tolkien, Voyage en Terre du Milieu".
  • Professeur en Littérature comparée, UFR Lettres et Arts, Université d’Artois.
L'équipe
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