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France Culture Papiers n°13 : "Mémoires: Arménie & Goulag"

4 min

"Mémoires: Arménie & Goulag"
Aujourd’hui 24 avril, 2015, jour mémoire du centenaire du génocide arménien de 1915, nous lisons dans France Culture Papiers numéro 13 « Trois générations arméniennes en France », au son des instruments de musique traditionnels, les hautbois arméniens :

« des doudouk, les hautbois arméniens… »

« Il n’y a pas une génération qui soit née dans le même pays... Ils sont tous, dans ma famille, retournés en Arménie soviétique, en Urss, puis après l’Arménie la France... Mon père et ma mère se sont rencontrés ici, et moi je suis né à Lyon… »


Documentaire dans la région de Lyon, terre d’accueil des Arméniens depuis les années 20, rencontre avec 3 générations, marquées par l’héritage d’un double exode : le jeune Haïg, musicien que l’on vient d’entendre parler et jouer, et sa mère Patricia Sarikouyoumdjian, née en Arménie soviétique, on la lit pages 13 et on l’écoute maintenant, un Sur les Docks de Marie Chartron:

Pages 12 à 23: "Une famille arménienne en France", Sur les Docks
Pages 12 à 23: "Une famille arménienne en France", Sur les Docks

« Après la guerre, l’Union soviétique a voulu repeupler l’Arménie où les décès avaient été nombreux pendant le conflit. Ils ont mené une propagande dans le monde entier. En 1947, des gens sont venus du Liban, de Syrie, de Grèce, de France, des États-Unis. Deux navires sont partis de France... »


Dans les années 1920,

ils sont soixante mille rescapés du génocide arménien à débarquer à Marseille.

En 1947, ils sont plus de 3000 à embarquer dans le même port, sur le navire « Rossia »,

pour la République Socialiste Soviétique d’Arménie.

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, ils partent reconstruire et repeupler un pays que bien souvent ils voudront quitter : beaucoup de familles reviendront en France à partir des années 60…

« Mes parents sont partis en Arménie contre leur gré, ils étaient mineurs... Depuis que je suis née, j’ai toujours entendu que nous allions venir en France. Ils n'avaient qu’une idée c’était rentrer en France, et ça leur a pris 18 ans… Je me souviens du moment de notre arrivée à Paris avec toutes ces lumières. J’avais 13 ans… »

Et troisième génération, Margot Jordikian, tante de Patricia, partie enfant sur le « Rossia » avec sa famille, puis revenue en France 20 ans après, on l’écoute : ****

« Nous on a trop souffert… Nous on rêvait d’entendre parler français dans la rue, à la télévision, des chansons…»


Mémoire vivante, elle nous raconte l’exil, nous ouvre ses cahiers de souvenirs : ****

« C'est une chanson d’Arménie sur l’air que reste il de nos amours… Chanson inventée par des Arméniens:

Je suis venu en Arménie croyant trouver le paradis, peine perdue, on m’a vendu pour la misère.

On a passé des jours terribles, quand on se souvient c’est si horrible, avec Moustache qui comme un lâche nous massacrait.

Un jour viendra, prenons patience, où l’on verra enfin la France, la liberté, l’égalité, fraternité…

Moustache, c’est Staline, ce cher Staline. »

Staline, qui a lancé l’appel en 1947 à ce repeuplement de l’Arménie soviétique... Là bas, ces arméniens ont fait face à des conditions dramatiques, certains envoyés en Sibérie, au Goulag…

Staline, le Goulag, c’est le sujet d’un autre Sur les Docks à lire dans France Culture Papiers : « Une enfance au Goulag »:

Pages 34 à 43: "Une enfance au Goulag", Sur les Docks
Pages 34 à 43: "Une enfance au Goulag", Sur les Docks

ce documentaire de Valérie Nivelon donne la parole à des derniers témoins,

comme Stella et Irina, nées en Pologne et en Ukraine, déportées enfants avec leurs familles dans les années 40 jusqu’aux confins de la Russie…

On écoute un souvenir d’Irina, à lire page 43 :

« On était jeunes. Je me souviens sur cette photo on chante... C’était interdit, on le faisait tout doucement pour que personne ne nous entende... »

À vendredi prochain pour lire la suite de notre France Culture Papiers… Belle lecture !

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