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France Culture Papiers n°13 : "Parler contre la terreur"

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France Culture Papiers n°13 : "La plume, le crayon dans la plaie"

Dossier central FCP13 pages 78 à 101
Dossier central FCP13 pages 78 à 101 Crédits : Radio France

« On a vécu un événement monstre, un peu comme les funérailles de Victor Hugo en 1885 ou la libération de Paris toute chose égale par ailleurs...

On peut peut-être aller plus loin et se demander aujourd’hui si la République peut continuer à avancer debout.

Les instants de fraternité sont absolument nécessaires mais ce sont des instants. Est ce que les politiques seront à la hauteur ?... »

Aujourd’hui, deux mois après la marche républicaine réunissant des millions de personnes, suite aux attentats en France… Ce « moment de fraternité »,Régis Debray nous en parlait dès le lendemain 12 janvier dans Les Matins, on vient de le réentendre, à lire page 84 dans notre nouveau France Culture Papiers. Aujourd’hui, après notre journée spéciale ce mercredi « Où en est la République ? », nous ouvrons la revue aux pages consacrées à ces « éclats » de ce mois de janvier. « Parler, se rassembler contre la terreur », « l’après Charlie »…

« La République est toujours à réaliser, il ne faut jamais croire qu’elle l’est, ce n’est pas une chose, il faut la refaire chaque jour »

Dans notre dossier central sur le pouvoir - « Crise ou sursaut : que peuvent les politiques ? »-, les Nouveaux chemins de la connaissance d’Adèle Van Reeth donnent la parole aux philosophes; l’émission L’Atelier du pouvoir nous parle de la question de la participation électorale, à lire avant les élections de la semaine prochaine; Régis Debray lui s’interroge sur le « Retour du politique », on l’écoute encore:

« On a récupéré également un certain sentiment d’appartenance le sentiment d’appartenir à un même ensemble qui est une nation aussi. On a retrouvé en quelque sorte le chemin l’avenue qui va de la République à la Nation

Il y a quelque chose aujourd’hui qui me semble important c’est de retrouver le politique par dessus l’économique. On a vécu dans une sorte de superstition d’illusion, économique, selon laquelle un point de croissance ferait le bonheur de tous. Non, il y a autre chose que des nombres, il y a l’être ensemble, le politique. On a retrouvé le politique hier... »

« Hier », dont parle Régis Debray, c’était ce 11 janvier 2015, le jour où Paris était « la capitale du monde » pour la liberté d’expression…

Hommage à Charlie Hebdo Pages 68 à 71
Hommage à Charlie Hebdo Pages 68 à 71 Crédits : Radio France

Ce nouveau numéro de France Culture Papiers

rend aussi hommage

aux voix disparues de Charlie Hebdo,

en publiant quelques unes

de leurs paroles entendues

sur notre antenne…

Comme celle de Bernard Maris, « Oncle Bernard », il nous alertait comme son ami Régis Debray contre le recouvrement du discours politique par l’économie à lire page 85, et nous parlait aussi de Charlie Hebdo dans le documentaire rediffusé le 8 janvier, à lire page 68 :

« Charlie est vraiment insaisissable du fait du dessin qui est vraiment un edito

à chaque fois, un petit édito qui fait une synthèse brutale et soudaine sur un sujet, qu’on ne peut pas exprimer autrement... C’est vraiment un journal de grands dessinateurs Charlie »

Hommage à Charlie Hebdo
Hommage à Charlie Hebdo Crédits : Radio France

Hommage à ces dessinateurs,

journalistes

de Charlie Hebdo assassinés dans leur salle de rédaction,

on les lit, on les écoute encore :

comme Charb, dans Le Rendez-Vous en 2014 et page 70 dans France Culture Papiers:

« Je suis d’abord tombé amoureux du dessin de Cabu puis par Cabu je suis arrivée aux historiques de Charlie aux anciens de Charlie etc »

« La plupart des journaux sont fait par de grands professionnels de la presse qui ont fait des études pour ça. Charlie Hebdo, c’est d’abord … un journal de lecteurs, des lecteurs déçus par ce qu’ils trouvent en kiosque ou chez leur marchand de journaux et qui décident de faire le journal de leur rêve. … faisons le journal que l’on a envie de lire toutes les semaines»

Et l’on a envie de les relire, ces voix disparues… Comme Cabu, page 68:

« Nous on tape toujours sur la connerie, c’est notre matière première mais la bêtise, la connerie ne font que progresser ! »

Tignous aussi page 69,

et Wolinski dans A Voix Nue. Son occupation préférée ? Dire des conneries avec des gens intelligents comme il disait… Il nous parle de son histoire, de ses dessins et dans cet extrait de son voyage à Cuba en 1970 :

Wolinski, A Voix Nue
Wolinski, A Voix Nue Crédits : Radio France

« Les contacts que j’ai eus avec ces dessinateurs du monde entier étaient intéressants. Je me souviens des Coréens du nord. J’avais amené mes petits livres pornos Je ne pense qu’à ça. (…)Ils passent de main en main, et même les Coréens du Nord que nous jugions très stricts se sont mis à rire, ils m’ont tapé dans le dos. »

« Leur chef a trouvé une formule qui m’a beaucoup plu : « Vous savez comment on appelle vos dessins chez nous ? Ce sont des dessins polis. » J’ai demandé ce que venait faire la politesse là-dedans. Il m’a répondu : « Parce que vous ne les terminez pas et que vous faites confiance à l’intelligence des gens qui les regardent pour les terminer eux. … C’est une très bonne définition que j’ai beaucoup aimé et que j’ai souvent raconté aux dessinateurs »

Wolinski nous parle aussi de son enfance en Tunisie… Le pays d’Abdelwahab Meddeb aussi, disparu en novembre dernier : on peut lire ailleurs dans nos pages son dialogue avec Benjamin Stora :« Juifs et musulmans l’héritage commun ». Suite à la disparition du producteur de Cultures d’Islam, Abdennour Bidar reprenait l’émission le 9 janvier dernier, après l’attentat contre Charlie Hebdo et au moment même de la prise d’otage dans l’épicerie casher. Face à la barbarie et à la peur, lui et ses invités, à lire page 127, nous rappellent un héritage de connaissance, de dialogue et de fraternité…


On se quitte avec Cabu page 70 et le jazz qu’il aimait. « Le swing, c’est la meilleure invention après l’imprimerie ! » comme il disait… Lui qui aurait rêvé d’être batteur dans l’orchestre de Cab Calloway, quelques notes de sa musique :

« Notre seule arme c’est la dérision, et il faut en profiter... faire rire les gens parce que c’est la seule antidote qu’on puisse leur apporter »

Restent les voix, les mots, éternels grâce à la radio, au livre, la plume et le crayon dans la plaie…

A vendredi prochain pour lire la suite de notre nouveau France Culture Papiers qui vient de paraître en kiosque et librairie. Belle lecture…

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