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Mots - France Culture Papiers n°14

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MOTS

« Peut-être que rien n’est mieux que de lire (…) soi même avec sa voix. Nietzsche dit que « Lire c’est écouter » »

nous dit Fabrice Luchini, dans A Voix Nue, et dans notre revue...

« Lire et écouter » France Culture, avec Radio Livre aujourd’hui dans les pages de France Culture Papiers sur la lecture, l’écriture, « Lectures pour tous » comme le nom de la première émission littéraire, de Pierre Desgraupes et Pierre Dumayet, à lire aussi dans notre revue : les deux célèbres journalistes partis sur les traces de Rimbaud, à la rencontre de ses voisins qui l’avaient vu mais n’avaient jamais lu ses poèmes, comme « Par les soirs bleus d’été… »…

« On nous a dit que vous aviez connu Rimbaud ?

oui j’ai connu Rimbaud, un peu oui »

C’était en 1954, sur la terre d'origine du poète, un siècle après sa naissance. Archives entendues dans « Rimbaud, le roman de Harar » de Jean-Michel Djian diffusé le 11 juin dernier, et à lire page 157, alors que le musée Rimbaud à Charleville Mézières rouvre demain 27 juin…

« Vous saviez qu’il écrivait.

Non (…)

Depuis quand le savez-vous ?

Parce que nous avons vu ça sur les journaux, nous nous sommes rendus compte qu’il était poète. » ****

De lecture nous parle aussi l’écrivain Kamel Daoud, dans Hors Champs, on le lit page 16 : « Je suis l'enfant d'une bibliothèque désordonnée»…

« (...) j'ai des personnages tout le temps dans ma tête (... ) »

« J’ai toujours lu même à l’école quand on me donnait un manuel scolaire je m’empressais d’aller à la fin. J'aime lire dans le sens contraire de ce qui m'est imposé. J'aime ce coté de digression, de liberté, d'infraction dans l'acte de lire, et j'aimerais bien le restituer dans l'acte d'écrire. »

De l’acte d’écrire, nous parle aussi Marceline Loridan-Ivens, page 15, c’était dans l’émission Le Rendez-vous. Comme disait Desnos : « Ecrire pour donner rendez-vous »...

« un désir depuis longtemps de parler à mon père, de rendre compte d’un monde dans lequel j’étais revenue dont il bien sûr ne sait rien... en lui parlant avec tout mon amour.»

Elle, elle est revenue, l’auteur de « Et tu n'es pas revenu », livre adressé à son père déporté à Auschwitz en même temps qu'elle et qui lui n'est pas rentré…

Ecrire pour faire revivre, c’est aussi ce que nous dit un autre écrivain, Patrick Modiano, avec sa recherche de Dora Bruder.

Modiano, Paroles d'invités
Modiano, Paroles d'invités

C’est fin juin, 42, qu’elle fut emmenée à la prison des Tourelles avant d’être déportée…

« pour la faire revivre plus en fait, je pense qu’il fallait ne pas ajouter des détails comme un historien je pense qu’il fallait au contraire garder une sorte d’inexactitude, d’incertitude dans la recherche, qui fait qu’elle pouvait être plus viv..., elle pouvait plus revivre de cette manière-là en fait»

Mots de Modiano, lors de la rencontre Paris-Modiano, aller simple , au Théâtre de la Ville, et diffusée dans nos Fictions fin janvier dernier, on l’écoute au micro de Sandrine Treiner, et on le lit dans nos Paroles d’Invités, nous parler aussi de Paris :

« à force de faire des espèces de promenades (...) »

« je m’incorporai aux rues, aux façades d’immeubles, un peu comme la plupart des romanciers essaient de se fondre dans le décor ou la vie des autres et donc (…)»

« Je sentais la présence de gens que je n’avais pas forcément connus. Je m’incorporais, je me fondais dans le décor en fait »

Promenade dans Paris… 70 ans après la disparition de Dora Bruder, une « promenade » portant son nom dans son quartier, le 18ème, a été inaugurée le 1er juin dernier…

« On est toujours prisonnier d’un Paris qui nous a frappé dans l’enfance ou l’adolescence. Ce Paris-là devient une sorte de Paris intérieur... Il est même visible derrière le Paris du présent, parce qu’il y en a encore un éclat, ou des ondes qui arrivent… Il ne s’agit pas de nostalgie, mais tout devient un peu intemporel. (...) »

Les temps finissent par devenir transparents les uns aux autres, et donc dans certains quartiers qui ont même disparu il y a toujours une sorte d’onde, on sent quand même… Tout finit par se mêler, c’est un peu comme les années qui passent… »

« Promenade Dora Bruder »… « Je crois que c’est la première fois qu’une adolescente anonyme est inscrite pour toujours dans la géographie parisienne » a dit l’écrivain qui avait voulu la faire revivre par l’écriture. « Là où nous sommes, elle jouait … sans doute … elle donnait des rendez-vous … les soirs d’été…

L’été, saison « métaphysique » comme il l’écrit… Mots de Modiano, et voix de Catherine Deneuve lisant Dora Bruder lors de cette rencontre « Paris-Modiano ». A vendredi prochain, pour un été de lectures…

« Il y a huit ans, dans un vieux journal, Paris-Soir, qui datait du 31 décembre 1941, je suis tombé à la page trois sur une rubrique : «D'hier à aujourd'hui». Au bas de celle-ci, j'ai lu:

«PARIS On recherche une jeune fille, Dora Bruder, 15 ans, lm55, visage ovale, yeux gris-marron, manteau sport gris, pull-over bordeaux, jupe et chapeau bleu marine, chaussures sport marron. Adresser toutes indications à M. et Mme Bruder, 41 boulevard Ornano, Paris...

Ce quartier du boulevard Ornano, je le connais depuis longtemps. »

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