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Rimbaud - FranceCulturePapiers n°14

4 min

Radio Livre France Culture Papiers…


Le temps de l’été, « O saisons ô châteaux »… « Embrassons l'aube d'été », comme Rimbaud…

« Par les soirs bleus d' été ... Je laisserai le vent... » Le vent, il devait souffler quand il a déclamé son Bateau Ivre pour la première fois à ses amis, à Paris, depuis un café Place Saint Sulpice… Aujourd’hui juste à côté, rue Férou, le poème se lit sur le mur de la ville, et aujourd’hui le poète se lit dans nos pages… »

Rimbaud
Rimbaud

Voyage « en lisant en écoutant », comme « en lisant en écrivant » de Julien Gracq qui aimait Rimbaud : son « irruption géniale dans la poésie française », « Rimbaud revient partout sur la route » comme il l’écrit dans Liberté grande ... « La liberté libre » que l’homme aux semelles de vent disait adorer…

Rimbaud, le vent des fugues et du voyage

« Départ dans l’affection et le bruit neufs ! », comme dans son poème…

« Je voudrais parcourir le monde » comme il disait à sa soeur qui racontait : « tout petit, il écrivait déjà, il nous lisait le soir ses voyages merveilleux dans des contrées inconnues, et bizarres, au milieu des déserts, et des océans, dans les montagnes, sur les fleuves »…

« la grande route par tous les temps »…« j’espérais des promenades infinies, des voyages, des aventures, des bohémienneries »

« à 7 ans il faisait des romans sur la vie du grand désert, où luit la liberté ravie

forêts soleils rives savanes... »

« Et j'irai loin, bien loin... » dont il rêvait à 15 ans quand paraît son premier poème est publié …

Il traverse l’Europe et le monde comme son bateau ivre, de Charleville, son « Charlestown » comme il l’appelle, à la Mer Rouge, vers l’Abyssinie... « Que les villes s’allument dans le soir... je quitte l’Europe... l’air marin brûlera mes poumons...»… « J’ai dans la tête des routes dans les plaines souabes, des vues de Byzance, des remparts de Solyme »

Si à 20 ans il a déjà tout écrit en poésie, son oeuvre n’est pas abandonnée comme le dit Alain Borer, elle est achevée, car il a déjà tout trouvé...

Jusqu'au dernier voyage, alors qu’il rêvait encore d’être « transporté à bord », de repartir,

Rimbaud c’est un printemps pour révolutionner la poésie à jamais, avec ses Illuminations et Une Saison en Enfer , trente-sept années de saisons sur terre pour arriver à l’inconnu...

Modernité absolue de Rimbaud, 160 ans après sa naissance comme poète... L’invention du poète… C’est l’auteur de L’invention de l’écrivain , Jean Rouaud, qui nous en parle, au micro de Jean Michel Djian, et dans nos pages :

« Rimbaud ne s’est pas posé la question puisqu’il s’est reconnu poète, donc la question est d’emblée réglée...

Là, dans l’écriture, il s’est reconnu bon. Il y a cette évidence, on ne peut pas faire autrement, on est obligé d’en passer par là. »


« Enfant touché par le doigt de la Muse » comme l’écrit Rimbaud. « Il faut être né poète, et je me suis reconnu poète. »...

« Élection du poète », c’est son premier poème connu, il a 14 ans et veut « retrouver l’état primitif de fils du Soleil » : « Sur ma tête, il se mit à graver ces mots d’un feu divin : « Tu seras poète ! » »

« C’est une figure de la modernité. Rimbaud quand on le voit il est moderne. Le personnage a une modernité extraordinaire. Il est aussi tout de suite capté par la modernité. C’est évidemment un surréaliste… »

« Il faut être absolument moderne », comme le crie Rimbaud. Le poète est « voleur de feu. Il est chargé de l'humanité… L’amour est à réinventer », comme la poésie...

« Tu as bien fait de partir Arthur Rimbaud ! Nous sommes quelques-uns à croire sans preuve le bonheur possible avec toi » écrit un autre poète, René Char, dans Fureur et Mystère

« Le mystère Rimbaud… »

« Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers… »

puis suite du poème à laisser sous le micro…

« Je veux être poète, et je travaille à me rendre voyant... Il s'agit d'arriver à l'inconnu par le dérèglement de tous les sens… », comme le poète l’écrit dans sa Lettre du Voyant , et dans son Bateau Ivre , il a 17 ans… « On n’est pas sérieux, quand on a 17 ans »…

« Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes Et les ressacs et les courants : je sais le soir, L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes, Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir ! »

« J’écrivais des silences, des nuits, je notais l’inexprimable, je fixais des vertiges »... « Je m’habituai à l’hallucination simple : je voyais une mosquée à la place d’une usine », comme des chalets de verre à la place de wagons de métro… Comme Verlaine disait : une « prose de diamant » !

« Il a une saisie délirante du réel, comme il avait tenté (…) de s’approprier l’invisible.

« L’écriture il y a deux pôles. Si vous choisissez le roman elle a la capacité de saisir le réel. Elle a aussi une force centrifuge qui vous pousse vers le chant. »

Musique de la langue, fugues, « alchimie du verbe »… Chanté par Ferré… « Je suis un inventeur ... un musicien même », écrivait le poète, « qui ai trouvé quelque chose comme la clé de l’amour... »

« Elle est retrouvée, quoi ? l’éternité, c’est la mer allée avec le soleil ». L'éternité mais ici, sur terre...

« J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur : »

Rimbaud, dans France Culture Papiers, dans les pages « A voix nue » avec Fabrice Luchini qui lit le poète, et avec une Grande traversée à écouter cette semaine sur France Culture : “Rimbaud en mille morceaux”, plusieurs vies - génie, voyou, commerçant, explorateur, mystique -, car « Je est un autre »...

« Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles, Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ? Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes. Toute lune est atroce et tout soleil amer »

« L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes. Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer ! »

«La poésie ne rythmera plus l'action; elle sera en avant... Demandons aux poètes du nouveau... »… Nouvelles pages dimanche prochain... Belles lectures, et bel été !

Musiques:

Léo Ferré, On n'est pas sérieux quand on a dix sept ans

Léo Ferré, L'éternité

Benjamin Biolay, Sous le soleil du mois d'août, "Ivre, mon bateau ivre..."

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