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« Liberté, égalité, fraternité : Les passions politiques françaises » 4/5

7 min
À retrouver dans l'émission

Textes choisis et présentés par Brice Couturier

Réalisation Laure Egoroff

Suivi éditorial Céline Geoffroy , conseillère littéraire

Lectures enregistrées en public le 19 mars 2012 à 19h au Théâtre du Rond-Point

Avec Elisabeth Mazev, Eric Caravaca, Gabriel Dufay, Jérôme Kircher

Episode 4 « Liberté des Modernes », textes de Benjamin Constant (De la souveraineté du peuple ) et de Baruch Spinoza (Traité théologico-politique )

Lu par Elisabeth Mazev et Gabriel Dufay

Equipe de réalisation Bernard Legac, Sébastien Labarre, Benjamin Péru

Assistante à la réalisation Marie Plaçais

« Principes de la démocratie, liberté de la presse, souveraineté nationale, déficit budgétaire, rôle des intellectuels sur la vie politique, l’Allemagne comme modèle à suivre, crise morale, etc. : les débats qui agitent la politique contemporaine sont souvent moins nouveaux que nous le croyons.

Les démocraties sont-elles condamnées à renier leurs principes lorsqu’elles se lancent dans la guerre ? Périclès se posait déjà cette question Michelet aussi y a réfléchi à propos des guerres de la Révolution.

Comment éviter que la liberté de la presse, condition d’un espace public du débat démocratique, ne sombre dans le sarcasme et la vulgarité ? Heinrich Heine soulevait déjà le problème de la « presse de caniveau » dans la France de la Monarchie de Juillet.

La souveraineté nationale peut-elle être limitée par la loi ? Cette question oppose, à travers les siècles, Spinoza et Benjamin Constant. Et elle se pose encore à nous : contrôle de constitutionnalité, filtre à la désignation des candidats aux élections...

Quant au déficit budgétaire, c’est un problème qui a occupé les esprits durant les deux décennies précédant la Révolution de 1789… Necker ne mâchait pas ses mots dans son Comte rendu au Roi de 1781. Et Rousseau, cet autre Suisse, avait sur la politique fiscale des idées qui étonneront ceux qui le voient en précurseur de l’Etat-providence...

L’influence des intellectuels sur la vie politique est-elle positive ? Tocqueville n’en était pas convaincu. Mais, vu d’Allemagne, Habermas nous l’envie.

L’Allemagne, précisément, est-elle un modèle à suivre ? C’est une question qui revient en permanence dans notre vie intellectuelle ! En particulier, au lendemain de nos défaites face à ce voisin, dont les réussites nous interrogent : Renan, Marc Bloch…

La crise n’est pas que financière et économique, elle est aussi morale. D’où l’intérêt à aller y regarder de plus près chez les intellectuels « sismographes moraux » qui ont réfléchi sur les crises précédentes, comme Simone Weil évoquant la montée des populismes en Europe dans les années 30 …

Enfin, il y a l’étrange rapport des Français à l’autorité et à la loi. Pourquoi ce respect des hiérarchies et des titres, d’un côté, et cette contestation sourde de l’autorité, de l’autre ? Pourquoi, comme le dit Chamfort, plions-nous si facilement devant l’autorité, et méprisons-nous la loi, censée pourtant nous libérer ? Est-ce parce que le scepticisme qui est la marque de notre culture aurait viré au nihilisme ? C’était, en tous cas, la thèse de Philippe Muray, acerbe critique de notre « ère hyper-festive », avec lequel nous conclurons. »

B.C.

Brice Couturier est producteur et éditorialiste à France Culture.

Intervenants
  • Journaliste et producteur de l'émission "Le Tour du monde des idées"
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