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Ecrits de metteurs en scène : Klaus Michael Grüber (1/5)

25 min
À retrouver dans l'émission

Feuilleton en 4 épisodes Par Louis-Do de Lencquesaing Réalisation : Jacques Taroni assisté de Benjamin Hû... « Au départ il y a une conversation avec Blandine Masson sur une certaine idée de la mise en scène au théâtre, d'un art qui se perdrait un peu, se transformerait en tous cas. Un peu plus tard elle m'a proposé de faire quatre fois vingt minutes, quatre petites fictions à construire à partir de textes de metteurs en scène, de leurs écrits, de leurs paroles, dans une approche personnelle en tous cas. Klaus Michael Grüber serait le premier, cela s'imposait à moi. Fondateur pour beaucoup, poète de la scène européenne incontesté, même par ses pairs, ce qui est rare. Mais il n'a rien écrit, s'efforçant même de laisser le moins de traces possible. Je savais qu'il avait parlé ici ou là, qu'il existait une matière orale importante, une interview pour Libération, une seule, des notes aux acteurs, édités dans le livre qui lui est consacré, Il faut que le théâtre passe à travers les larmes, des bribes de sa voix dans quelques films, de quoi faire un programme en tous cas. Il ouvrirait le bal, donc. Luc Bondy suivrait. Parce que c'était un ami du précédent, parce qu'il est aussi écrivain, il publie un roman à la rentrée, A ma porte chez Bourgois, et parce que c'est en voyant Terre étrangère, aux Amandiers de Nanterre, que je me suis dit que le théâtre c'est ça que je veux en faire, et avec ceux-là. Je fus son assistant plus tard. Alain Françon ensuite, parce qu'il quitte la Colline et qu'un livre retraçant ses douze années passées paraît à la rentrée. Parce qu'il aime le football, il est né à Saint-Etienne, dans les années de la légende des Verts, cela me rappelait quelque chose, c'était une accroche en tous cas et qui m'amusait. Claude Régy enfin. Je voulais le rencontrer, le connaître, parce qu'à 85 ans c'est le plus jeune de nos metteurs en scène, et que ces quatre livres aux Solitaires intempestifs creusent une matière essentielle sur cet art qu'on appelait la mise en scène. Choisir les extraits, en laissant sciemment des ouvertures pour parer à l'inconnu, à l'improvisation, à l'inspiration offerte par l'acteur, sa voix ...de ces choix se dégagèrent des thèmes propres à chacun, qui se révélèrent pleinement au montage. Rester ouvert donc. Se donner des contraintes ensuite, pour créer une forme, et propre à chacun: Enregistrer les metteurs en scène d'abord, lisant leurs textes, avoir leurs voix (pour Grüber une petite comptine fredonnée par lui dans un film).Demander à des acteurs après, ayant travaillé avec eux en tous cas, d'en lire d'autres. Certains ont travaillé avec plusieurs, leur présence ici et là ferait pont. Tant mieux. Avec Jacques Taroni, pour préserver l'inattendu, et donner à l'ensemble plusieurs couleurs sonores, nous sommes allés à leur rencontre, le plus souvent chez eux, sur leur lieu de travail, ou au studio même, s'ils le souhaitaient. Michel Piccoli préférait sortir, il est venu à la radio, Dominique Valadié, Claude Régy ou Isabelle Huppert que l'on vienne chez eux, Luc Bondy aussi. Ludmila Mikaël, à la Madeleine, avant sa représentation, pour nous lire les notes de Bérénice, des notes qu'elle avait reçues de Grüber lui même, en son temps...Au café le Nemours pour Jean-Pierre Thibaudat, à l'endroit même où 25 ans plus tôt il interviewait Grüber, à la même table par « hasard »... Nous sommes allés à la rencontre de tous, pour écouter chacun lire des choses qu'ils avaient vécu eux-mêmes, et qu'ils redécouvraient devant nous, pour être au plus près du présent, au plus proche d'un passé, fragile, et réinventé. A chacun des metteurs en scène j'ai aussi demandé une musique, qui les accompagnait en ce moment, une musique qui pourrait venir aérer, ponctuer leur programme. Leurs propositions, toujours surprenantes, ont dirigé le travail, aussi, à leur façon. Tout cela pour essayer, avec leurs écrits, leurs petites musiques, ponctués d'extraits de leurs travaux puisés dans les archives de l'Ina, de faire quelque chose qui leur ressemble et qui nous assemble, et qui puisse au montage s'écrire, se réécrire pour mieux se construire et reconstruire. » Louis- Do de Lencquesaing Episode 1 Klaus Michael Grüber Avec les voix de Angela Winkler, Ludmila Mikaël, André Marcon, André Wilms, Jean-Pierre Thibaudat, Michel Piccoli et celle de Klaus Mikael Grüber. Et Mozart. (Textes extraits de Il faut que le théâtre passe à travers les larmes - éditions du Regard / Académie expérimentale des théâtres).

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