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Photo du Film "Plus tard tu comprendras" d'Amos Gitai
Épisode 1 :

Esther, la mère d'Efratia Gitai

23 min
À retrouver dans l'émission

Il n’est pas bon pour un homme d’être seul, mais il l’est de toute façon, et il attend…!

Photo du Film "Plus tard tu comprendras" d'Amos Gitai
Photo du Film "Plus tard tu comprendras" d'Amos Gitai Crédits : AGAV FILMS / FR2 / ARCHIVES DU 7EME ART / PHOTO12 - AFP

A l'occasion du festival Premiers d'Angers qui se déroule du 12 au 21 Janvier et en hommage à Jeanne Moreau nous rediffusons le feuilleton en 9 épisodes "Efratia Gitaï : Correspondance 1929-1994 ", lue par Jeanne Moreau, ainsi que "Le Moine de Luis Buñuel", Dimanche 21 janvier dans Théâtre & Cie à 21h00, lecture Jeanne Moreau

Jeanne Moreau nous a quittés en juillet 2017. A l’occasion du Festival Premiers Plans d’Angers dont elle était la Marraine, nous avons souhaité lui rendre hommage sur l’antenne de France Culture avec quelques rediffusions choisies.

En effet, Jeanne Moreau, depuis l’enregistrement de Quartett de Heiner Müller en public et en direct de la Cour d’Honneur du palais des Papes à Avignon en juillet 2007, était restée très fidèle à France Culture, venant souvent lire, enregistrer pour nous. Elle avait choisi notre antenne pour défendre les « Pussy Riot », et nous étions allés chez elle pour enregistrer sous forme de feuilleton l’étonnante correspondance publiée par  Gallimard entre le cinéaste Amos Gitaï et sa mère Efratia. Jeanne Moreau portait une grande affection à Amos Gitaï, elle avait joué sous sa direction au Festival d’Avignon dans le spectacle  La guerre des fils de lumière contre les fils des ténèbres  et dans le film  Plus tard tu comprendras,  adapté du livre de Jérôme Clément.  C’est avec passion qu’elle choisit et  lut les lettres d’Efratia Gitaï, sous l’œil attentif  de Jacques Taroni, réalisateur pour France Culture.

Elle était aussi fidèle au Festival Premiers plans d’Angers, elle avait créé les Ateliers d’Angers et aimait transmettre  son art et soutenir de jeunes cinéastes. Régulièrement, elle s’engageait au moment du Festival dans de grandes lectures en public. Deux ou trois heures durant, elle lisait, interprétait tous les rôles de scénarios inédits. Ce fut  Pasolini,  Jean-Claude Carrière mais aussi de jeunes cinéastes comme Pablo Agüero dont elle lut Evita.

Blandine Masson

Pages choisies par Amos Gitai et Jeanne Moreau Lues par Jeanne Moreau Avec la participation de Marie-José Sanselme Réalisation : Jacques Taroni

Les lettres d’Efratia Gitai, établies et annotées par Rivka Gitai sont publiées par les éditions Gallimard dans une traduction d’Emmanuel Moses et Katherine Werchowski.

Jeanne Moreau nous a fait l’immense plaisir de choisir ces lettres avec Amos Gitai, de les lire et de les présenter elle-même pour la radio. Près de quatre heures de programmes enregistrés spécialement pour France Culture et diffusés sous la forme d’un feuilleton radiophonique, réalisé par Jacques Taroni.

« Efratia Gitai est née à Haïfa en 1909 et elle est morte dans la même ville en 2004, à l'âge de 94 ans.

Sa correspondance traverse l'essentiel de sa vie, depuis les premières lettres datant de 1929, dans lesquelles elle s'adresse à son père et à ses sœurs, affirmant vaillamment son indépendance d'esprit, sa curiosité pour le monde et la vie politique, jusqu’aux lettres des années 90 peu avant sa mort qui font entendre une forme d’intranquillité.

Grande lectrice, intellectuelle, voyageuse, Efratia nous charme par son goût immodéré de la vie, et l'énergie qu'elle met à traverser toutes les épreuves de l’existence, les bonnes et les moins bonnes. Les lecteurs et les auditeurs seront étonnés par la beauté de son écriture, magnifiquement traduite de l'hébreu, sa clairvoyance politique et historique, son ravissement devant la vie, son goût des paysages, celui du Mont Carmel où elle habite avec son mari Munio, architecte issu du Bauhaus, mais aussi les rues froides de Londres, ou un lac en Finlande. »

Blandine Masson

«Efratia, comme les femmes de sa génération nées sur la terre d'Israël, n'est pas une femme de la diaspora. Elle n'est pas non plus israélienne. Israël n'existe pas encore. Cette génération va inventer son appartenance. Efratia a écrit des lettres toute sa vie. Très tôt, elle les a conservées, comme pour retenir des moments de son histoire, comme si l'intime incarnait le destin de cette terre. Cette correspondance raconte la vie d'une femme, Efratia, ma mère, ses réflexions intimes et ses hésitations de jeune fille, sa soif d'indépendance, ses débats passionnés avec son père sur le destin de son pays, l'amour, le culte de l'amitié et la maternité, puis les deuils, la vieillesse, les moments de trouble. J'entends encore sa voix, son hébreu archaïque de fille de travaillistes qui voulaient que leur enfant parle un hébreu moderne, de notre temps.»

Amos Gitai

En près de quarante films, Amos Gitai a produit une œuvre extraordinairement variée où il explore l’histoire du Moyen Orient et sa propre biographie à travers les thèmes récurrents de l’exil et de l’utopie.

A la fin des années 70 et au début des années 80, Amos Gitai livre plusieurs documentaires, parmi lesquels Journal de campagne  qui suscitera une controverse. En 1983, il s’installe à Paris où il restera dix ans, travaillant à des documentaires comme Ananas  et commençant à mettre en scène des fictions sur le thème de l’exil comme Esther  ou Berlin-Jérusalem  (Prix de la Critique à la Mostra de Venise).

Au cours des années 90, à la suite de l’élection de Yitzhak Rabin comme Premier Ministre, il retourne en Israël pour s’installer à Haïfa. C’est le début de la période la plus fertile de sa carrière. Devarim  en 1995, qui marque son retour dans son pays et ses retrouvailles avec la lumière et la géographie d’une ville (Tel Aviv), est le premier volet d’une trilogie qui se poursuit avec Yom Yom  (Haïfa) et Kadosh  (sur Mea Sharim, le quartier des religieux orthodoxes de Jérusalem).

En 2000, Gitai tourne Kippour , une fiction inspirée par ses souvenirs de guerre.

Suivent Eden et Kedma qui mettent en scène les fondements historiques et idéologiques de l’Etat d’Israël. Avec Alila , puis Terre promise  et Free Zone , Amos Gitai revient au présent avec des fictions ancrées dans l’actualité du pays et de toute sa région. En 2010 sort Carmel , son film le plus autobiographique.

Prise de son : Claire Levasseur

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