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Festival d'Avignon 2009 - Efratia Gitai, une correspondance

25 min
À retrouver dans l'émission

Réalisation de Jacques Taroni assisté de Delphine Lemer Par : Jeanne Moreau et Amos Gitai (Enregistré à Avignon le vendredi 10 juillet 2009) Lecture d'un choix de lettres issues de la correspondance d'Efratia Gitai (à paraître aux éditions Gallimard en 2010), traduite de l'hébreu par Emmanuel Mosès et de fragments de Mont Carmel (éditions Gallimard 2003) traduit de l'hébreu par Marie-Josée Sanselme et Amos Gitai. Efratia Gitai, une correspondance Jeanne Moreau et Amos Gitai sont liés par une grande amitié et sont présents au Festival d'Avignon avec la mise en scène de La Guerre des fils de lumière contre les fils des ténèbres à la Carrière de Boulbon . Ils nous font le plaisir de nous rejoindre au Musée Calvet le soir de leur relâche, pour une lecture exceptionnelle, à deux voix, de la correspondance d'Efratia Gitai, la mère d'Amos Gitai, qui paraitra en avril 2010 aux éditions Gallimard. Efratia Gitai est née à Haïfa en 1909 et elle est morte dans la même ville en 2003, à l'âge de 93 ans. Sa correspondance traverse l'essentiel de sa vie, depuis les premières lettres datant de 1928, dans lesquelles elle s'adresse à son père et à ses soeurs, affirmant vaillamment son indépendance d'esprit, sa curiosité pour le monde et la vie politique, jusqu'aux lettres des années 90 peu avant sa mort. Grande lectrice, intellectuelle, voyageuse (elle séjourne à Vienne en 1931 et à Berlin), Efratia nous charme par son goût immodéré de la vie, et l'énergie qu'elle met à traverser toutes les épreuves de l'existence, les bonnes et les moins bonnes. Les lecteurs et les auditeurs seront étonnés par la beauté de son écriture, magnifiquement traduite de l'hébreu, sa clairvoyance politique et historique, son ravissement devant la vie, son goût des paysages, celui du Mont Carmel où elle habite avec son mari Munio, architecte issu du Bauhaus, mais aussi les rues froides de Londres, ou un lac en Finlande. Nous avons choisi de vous faire entendre quatre moments de la vie d'Efratia : la jeunesse, marquée par l'exil et les voyages en Europe ; la fin de la guerre et la proclamation du nouvel Etat d'Israël en 1948 ; l'année 1960, qu'elle passe à Londres, à l'âge de 51 ans, décidant courageusement de partir seule en Angleterre reprendre des études, laissant son fils Amos alors âgé de 10 ans dans un kibboutz. Enfin les années de la vieillesse en Israël, apprivoisant la solitude après la disparition de son mari et l'exil de ses fils, l'un en Finlande, l'autre aux Etats-Unis ou en Europe. C'est toute l'expérience d'une femme, toute la sagesse d'une vie traversée par le désir d'apprendre et de comprendre le monde qui nous sont transmises à travers ces lettres où elle, Efratia, ne cesse d'encourager les uns et les autres à aimer la vie, à s'aimer soi-même, à regarder autour de soi, à vivre libre. Nous sommes heureux que Jeanne Moreau, avec laquelle nous avions gardé un lien d'amitié et de fidélité, depuis l'enregistrement de Quartett à la cour d'honneur du Palais des Papes en 2007, redonne vie à Efratai Gitai avec cette lecture donnée pour la première fois en public d'un choix de cette correspondance qui nous enchante. Blandine Masson Amos Gitai étudiait l'architecture, suivant les traces de son père, quand la guerre de Kippour a interrompu ses études. Il s'était mis à utiliser une petite caméra Super-8 au cours de ses missions en hélicoptère. Il est ensuite devenu cinéaste. En près de quarante films, Amos Gitai a produit une oeuvre extraordinairement variée où il explore l'histoire du Moyen Orient et sa propre biographie à travers les thèmes récurrents de l'exil et de l'utopie. A la fin des années 70 et au début des années 80, Amos Gitai livre plusieurs documentaires, parmi lesquels Journal de campagne qui suscitera une controverse. En 1983, il s'installe alors à Paris où il restera dix ans, travaillant à des documentaires comme Ananas et commençant à mettre en scène des fictions sur le thème de l'exil comme Esther ou Berlin-Jérusalem (Prix de la Critique à la Mostra de Venise). Au cours des années 90, à la suite de l'élection de Yitzhak Rabin comme Premier Ministre, Gitai retourne s'installer à Haïfa. C'est le début de la période la plus fertile de sa carrière. Devarim en 1995, qui marque son retour dans son pays et ses retrouvailles avec la lumière et la géographie d'une ville (Tel Aviv), est le premier volet d'une trilogie des villes qui se poursuit avec Yom Yom (Haïfa) et Kadosh (sur Mea Sharim, le quartier des religieux orthodoxes de Jérusalem). En 2000, Gitai tourne Kippour, une fiction inspirée par ses souvenirs de guerre. Suivent Eden et Kedma qui mettent en scène les fondements historiques et idéologiques de l'Etat d'Israël. Avec Alila , puis Terre promise et Free Zone , Amos Gitai revient au présent avec des fictions ancrées dans l'actualité du pays et de toute sa région. Plusieurs rétrospectives lui ont été consacrées récemment dans le monde et notamment en Espagne, au Brésil, en France (Centre Pompidou) et au Lincoln Center (New York).

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