LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Barbara, en 1950
Épisode 9 :

Pour d’autres que soi

23 min
À retrouver dans l'émission

Pour moi une chanson c’est lalala et ça reste lalala. Göttigen, c’est une chanson d’amour. On ne refait pas le monde avec des chansons. Mais on ne peut pas vivre sans se préoccuper de ce qu’il y a autour de soi. Et il y a cette chose terrible, le Sida. Ça a changé les rapports entre les gens.

Barbara et Line Renaud, en 1987
Barbara et Line Renaud, en 1987 Crédits : Patrick Aventurier - Getty

J’ai honte quand on me dit que je fais des chansons engagées. Pour moi une chanson c’est lalala et ça reste lalala. Göttigen, c’est une chanson d’amour. On ne refait pas le monde avec des chansons. Mais on ne peut pas vivre sans se préoccuper de ce qu’il y a autour de soi. Et il y a cette chose terrible, le Sida. Ça a changé les rapports entre les gens. C’est une maladie qui touche à la vie, au malheur, au désespoir. Je l’ai vu de très près. J’ai vu des gens partir dans une grande dignité, me demandant de témoigner. J’ai vu des gens partir dans un désarroi total, une colère, dans une véritable souffrance morale et physique. J'ai vu des malades solitaires qui appréhendaient de prévenir leur famille. J'ai vu des pères découvrir en même temps l'homosexualité et le sida de leur fils, et commencer par mal l'accepter. J'ai vu des jeunes gens culpabilisés par cette maladie du siècle, convaincus que le sida était la punition de Dieu. Je les ai vus partir sans une plainte, soutenus par des infirmières admirables. Je les ai vus partir, et je ne pourrai jamais les oublier. Il y a toujours eu des pandémies mais celle-ci vient par l’amour, qui est la plus belle chose au monde, et cela me révolte d’autant plus. On a perdu du temps pour la prévention, on s’est caché derrière notre petit doigt. Entendre le pape demander de ne pas mettre de préservatifs a été pour moi d’une violence inouïe. Oui, c’aurait été difficile d’exister sans en parler…!

Adaptation : Sophie Lemp
Réalisation : Juliette Heymann
Conseillère littéraire : Emmanuelle Chevrière

Avec Sophie Daull Et Claude Aufaure

Prise de son, montage, mixage : Claude Niort, Martin Delafosse Assistante à la réalisation : Cécile Laffon

Chansons que vous avez entendues dans cet épisode : Sid’amour à mort, Rêveuses de parloir, Sans bagages, Perlimpinpin de Barbara

Il était un piano noir : mémoires interrompus de Barbara  est publié aux éditions Fayard

Pour compléter cette fiction, ce soir, Barbara au micro de François Delétraz dans l’émission Opus du 30 octobre 1993. (Archive Ina)
 

Écouter
5 min
Barbara au micro de François Delétraz dans l’émission Opus du 30 octobre 1993. (Archive Ina)
L'équipe
Conseiller(e) littéraire
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......