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Portrait de Charlotte Brontë
Épisode 2 :

L’orphelinat

24 min
À retrouver dans l'émission

J’avais une faim si impérieuse que je dévorais une ou deux cuillerées de ma portion sans la goûter, mais, une fois cette première faim apaisée, je me rendis compte que ce que j’avais devant moi était immangeable.

 Jane Eyre de Charlotte Bronte. Illustré par Monro Scott Orr. Le roman a été publié pour la première fois le 16 octobre 1847.
Jane Eyre de Charlotte Bronte. Illustré par Monro Scott Orr. Le roman a été publié pour la première fois le 16 octobre 1847. Crédits : Culture Club - Getty

« Il était très tôt. Le travail commença par la récitation de certains textes des Ecritures, puis il y eut une lecture de la Bible qui dura une heure. Au bout de ce temps le jour était venu. L’infatigable cloche sonna de nouveau : les classes marchèrent en bon ordre vers le déjeuner. Je me réjouissais de la perspective de manger quelque chose, car je me sentais près de tomber d’inanition. J’avais une faim si impérieuse que je dévorai une ou deux cuillerées de ma portion sans la goûter, mais, une fois cette première faim apaisée, je me rendis compte que ce que j’avais devant moi était immangeable. Je vis chaque élève goûter sa part et s’efforcer d’avaler, mais, dans presque tous les cas, l’effort fut bientôt abandonné. Le déjeuner était terminé et personne n’avait déjeuné. Nous rendîmes grâce pour ce que nous n’avions point eu et le réfectoire fut évacué. Le jardin était un grand enclos, entouré d’un mur si haut qu’il ne laissait voir aucun paysage. Je m’appuyai contre un pilier et, serrant mon manteau gris autour de moi, j’essayai d’oublier le froid qui me transperçait et la faim qui me tenaillait. Mes réflexions étaient décousues : je savais encore à peine où j’étais ; Gateshead et ma vie passée semblait flotter à une distance incommensurable ; le présent était vague et étrange, et du futur, je ne pouvais rien conjecturer. Mes yeux firent le tour de ce jardin de couvent, puis remontèrent vers le grand bâtiment dont la moitié était grise et vieille, et l’autre tout à fait neuve. La nouvelle aile, qui contenait les classes et le dortoir, était éclairée par des fenêtres à meneaux et à treillis qui lui donnaient un faux air d’église. Au-dessus de la porte, une tablette de pierre portait ces mots : Institution de Lowood. Cette portion a été rebâtie par Naomi Brocklehurst de Brocklehurst Hall, dans ce comté. Que votre lumière luise dans les hommes afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et que votre Père qui est dans les cieux en soit glorifié. »

Adaptation : Pauline Thimonnier
Conseillère littéraire : Emmanuelle Chevrière
Réalisation : Juliette Heymann

Avec : Julie-Marie Parmentier ( Jane), Aurélie Nuzillard  ( Hélène Burns), Laurent Cléry  ( Mr Brocklehurst), Sandy Ouvrier  ( Miss Scatcherd), Valérie Moinet  ( Miss Temple), Nathalie Kanoui  ( Miss Miller)

Et les voix de : Marie-Charlotte Biais, Manon Jusforgues ,_ Manon Kneusé, Marjorie Delarquier, Capucine Lespinasse, Leslie Menahem, Louna Muratti, Yasmine Nadifi, Marie Nedjar, Emanuella Pace, Claire Rappin, Maelys Ricordeau, Lola Roskis, Pascale Roger, Sophie Daull_

Bruitages : Patrick Martinache,  assisté de Elodie Fiat

Musicale originale :
Compositeur : Denis Chouillet Quator Cactus :
Violons : Théo Ceccaldi et Anne Le Pape Alto : Séverine Morfin Violoncelle : Sabine Balasse

Equipe de réalisation : Claude Niort, Manon Houssin, Vivien Demeyère

Bibliographie

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