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La trop brève histoire de Marion Dufresne et des Maoris – 9 Mai – 13 juillet 1772 1/5

24 min
À retrouver dans l'émission

Réalisation Etienne Vallès

Une émission proposée par Emmanuelle Chevrière

Episode 1 : La mort d'Ahoturu « Ce feuilleton radiophonique évoque l’histoire d’un monde inconnu, celui des Maoris. Leur terre, la Nouvelle-Zélande, est l’une des terres les plus reculées du Pacifique, à plusieurs milliers de kilomètres de toute autre côte. Les Maoris ne s’appelaient pas encore maori quand Marion Du Fresne et son équipage atteignent la Nouvelle-Zélande, le 25 Mars 1772, trois ans après le capitaine Cook qui a réalisé la première carte du pays.

Pendant trente-trois jours, les Français et les natifs vivent ensemble et échangent de la nourriture contre du fer, des clous ou des habits. Les Français pêchent et chassent avec les natifs, dorment dans les villages. Les chefs de tribus dînent avec Marion Du Fresne et passent la nuit à bord. Les habitants de l’île guident les Français pour trouver du bois de charpente et réparer la mâture, constituer des réserves en eau douce, soigner les scorbutiques et repérer la faune et la flore. Influencé par les idées de Rousseau, Marion répète à son équipage que si « on ne leur fait que du bien, les natifs en retour ne leur feront aucun mal ». Marion du Fresne reçoit les honneurs lors d’une cérémonie inattendue où il est fêté comme un roi et coiffé des plumes réservées aux chefs, cérémonie qui pourtant signe la fin des jours heureux. Sans que les français n’en comprennent jamais la raison, quelques jours plus tard, Marion est tué avec son escorte et mangé par le chef Tacouri qui l’avait accueilli. Les camps de base sont attaqués. Les Français ripostent avec des fusils et détruisent un village fortifié tuant des centaines de Maoris. En dépit de son début prometteur, cette première rencontre fut l’une des plus destructrices.

Cette histoire est racontée à travers des témoignages qui se croisent et se complètent. Ces témoignages proviennent des carnets de bord tenus par différents officiers de l’expédition. Dispersés en Tasmanie, aux archives nationales françaises, dans les archives privées de la famille Bougainville, ces carnets de bord ont été rassemblés par une universitaire néo-zélandaise. Le journal de Marion du Fresne, lui, n’a jamais été retrouvé. Cette matière riche et dramatique nous plonge dans la vérité humaine d’une mission exploratrice à la fin du XVIIIème siècle. Un autre document, le manuscrit de John White daté de 1830 et archivé à la bibliothèque Turnbull à Auckland dévoile un inédit, le seul récit maori connu sur cette rencontre. Ce regard croisé donne au projet son originalité. En proposant le double point de vue, français et maori, sur le voyage de Marion Du Fresne, nous dépassons la mise en scène de la seule étrangeté pour tenter de comprendre l’implacable destruction à l’œuvre dans les premières rencontres, en résonance avec ce qui s’est joué et rejoué partout, au Mexique, au Pérou, en Amérique du Nord et en Afrique. Ce feuilleton tente de comprendre 240 ans plus tard ce qui s’est réellement joué entre les habitants et les français.

Impossible cependant de raconter ce « first contact » sans imaginer une narratrice qui tout en suivant les traces de l’expédition Marion Du Fresne enquête aujourd’hui sur la renaissance identitaire des maoris. Depuis 40 ans, les maoris ont repris leurs droits sur leur histoire et leur patrimoine. J’ai mené cette enquête quand je suis partie en Nouvelle-Zélande, il y a deux ans, pour écrire un projet documentaire sur la restitution des têtes maori au musée Te Papa de Wellington. J’ai été accueillie au musée Te Papa par le comité de rapatriement qui nous a reçus pendant plusieurs jours et nous a préparé un itinéraire de Wellington à Auckland pour que nous rencontrions des maoris ( artiste, tatoueur, universitaire, historien, conservateur….). Certains extraits de ces entretiens sont insérés dans le feuilleton (entretien avec le tatoueur Derek Lardelli et le chef Ngaati Pahu Kingi Taurua ). » Delphine Morel

Avec

Delphine Morel (La narratrice)

Nicolas Raccah (Lieutenant Le Dez)

Laurent Cléry (Enseigne Chevillard de Montaison)

Bruno Paviot (Enseigne Roux)

François Hatt (Garde de la marine Duclesmeur)

Gérard Boucaron (Capitaine en second Crozet)

Et les voix de Marina Moncade , Emmanuel Lemire

Assistance technique et montage Pierre Henry

Prise de son et mixage Pierric Charles

Assistante à la réalisation Laure-Hélène Planchet

Ces extraits de journaux de bord de l’équipage du Marquis de Castrie et du Mascarin sont issus des Archives Nationales de France, des Archives de la famille Bougainville, et des Archives Nationales de Tasmanie.

Merci à Marie-Ange Garrandeau, Georges Tho et Arnaud Contreras pour les ambiances sonores de Nouvelle-Zélande

La première carte de la Nouvelle-Zélande
La première carte de la Nouvelle-Zélande Crédits : Radio France
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