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"Le cher disparu" d'Evelyn Waugh (1/10)

25 min
À retrouver dans l'émission

Adaptation de Philippe Coutarel Réalisation de Myron Meerson En 1930, la conversion d'Evelyn Waugh au catholicisme n'altère pas son goût de la satire mais le nuance et l'infléchit jusqu'à la manière plus sentimentale et plus grave de Retour à Brideshead en 1945. Deux ans plus tard, Le cher disparu (que Waugh désigne comme sa « novelette » - petit roman - et qu'il sous-titre « Une tragédie anglo-américaine ») renoue avec l'acidité initiale. Le romancier vient de visiter Forest Lawn, un des plus grands cimetières d'Hollywood élaboré comme une oeuvre en soi par Hubert Eaton au début des années vingt, improbable fruit des imaginations croisées de Viollet-le-Duc, Walt Disney, Le Nôtre et Cecil B. de Mille. Dans un article écrit pour la revue Life, Waugh dit qu'une civilisation est jugée à ses cimetières. Le jugement sera sans appel et allègrement sarcastique. L'éditeur de l'auteur trouvait le livre de mauvais goût. Que dire alors de l'accueil américain ? Benoît Le Roux, biographe de Waugh, rapporte que pour parer à toute demande de dommages et intérêts émanant de Forest Lawn, un des amis de l'écrivain, Lord Stanley of Alderley, déposa chez son notaire un codicille demandant à être enterré aux « Célestes Pourpris » tant la description de Waugh dans Le cher disparu lui avait plu (il retira ce codicille seulement vers 1960). Mais la mesquinerie de la communauté anglaise d'Hollywood n'est guère plus épargnée que le cynisme des grands studios, le déni de la mort comme nouveau concept ou la standardisation américaine, des objets jusqu'aux personnes. Dennis Barlow, jeune poète anglais appelé à Hollywood comme conseiller littéraire, abandonne les studios pour se faire embaucher dans un cimetière pour chiens, tout en continuant d'écrire. Après le suicide pour licenciement du vieux scénariste qui l'hébergeait, Dennis se charge de l'enterrement de son ami et découvre « Les Célestes Pourpris », la plus prestigieuse nécropole d'Hollywood. Dans ce décor fascinant, il tombe amoureux d'une cosméticienne du nom d'Aimée Thanatogénos, elle-même déchirée entre ce jeune poète qu'elle trouve séduisant mais irrévérencieux et Mr. Joyboy, son chef de service, moralement irréprochable et artiste dans l'âme mais ni jeune ni beau et trop soumis à une tyrannique vieille mère. Le dénouement de cette intrigue minimale s'avèrera aussi féroce qu'inattendu, après un feu d'artifice d'étincelants dialogues.

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