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Le procès de Madame Bovary (5/5)

25 min
À retrouver dans l'émission

(la semaine du Procureur Ernest Pinard) par Sylvie Péju Flaubert a mis cinq ans à écrire Madame Bovary, à en proférer chaque phrase dans son gueuloir. Il n'y a pas laissé un mot qui n'a été pensé, choisi. Il a brisé ses élans lyriques naturels pour exprimer les désastres de l'éducation morale et religieuse qu'une femme a pu subir en province. Flaubert se fiche de la politique comme du monde littéraire et se complaît à répéter qu'il n'aurait jamais dû publier et qu'il est mieux dans sa province rouennaise. Mais le succès l'a déjà rattrapé le jour où le procès commence en février 1857. Déjà l'automne précédent, alors que Bovary était publié en feuilleton dans la Revue de Paris, il avait bataillé pour qu'on ne censurât pas son roman. Que reproche-t-on à Madame Bovary, à Emma ? D'avoir cédé ? Non. Mais d'avoir aimé ce moment d'abandon, cette ivresse passagère, donc d'avoir été « vraie ». On reproche donc à Flaubert d'être vrai, ce qui s'appelle alors « réaliste ». Il n'y a rien de pire, parce que l'époque ne veut pas que l'on montre les femmes et les hommes tels qu'ils sont, mais tels qu'ils devraient être : des héros et des saints. Flaubert a un bon avocat, une parentèle provinciale honorable, des appuis. Dédaigneux sur son banc « des assassins et des escrocs » il sait qu'en cette chambre correctionnelle il perd quelque chose de précieux : son temps. Réalisation : Jean Couturier.

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