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Études du fœtus dans l'utérus, vers 1511

Les carnets de Léonard de Vinci, épisode 3 : l'anatomiste

12 min
À retrouver dans l'émission

Diffusés sur France Culture en 1973, "Les carnets de Léonard de Vinci" s'intéressent aux œuvres inachevées et confidentielles du maestro italien.

Études du fœtus dans l'utérus, vers 1511
Études du fœtus dans l'utérus, vers 1511 Crédits : Léonard de Vinci

C'est lorsqu'il apprenait l'art dans l'atelier de Verrocchio, que Léonard fut initié à l'anatomie des écorchés. Il s'agissait pour l'artiste de connaître les structures sous-jacentes qui donnent sa forme au corps humain. Chemin faisant, il comprit également que son étude devait aussi examiner le corps dans son évolution, de la première enfance à la vieillesse, et même le fœtus, à tous ses stades de développement. 

À la fin de sa vie, il affirmait avoir disséqué trente cadavres et il disséquait même le corps de certains animaux qu'on venait de tuer aux abattoirs. Le résultat de ses expériences était soigneusement consigné sur ses feuilles, avec des dessins d'une telle précision, qu'ils apparaissent tout à fait modernes. Ces descriptions verbales sont par ailleurs remarquables de clarté et de concision, surtout si on la compare avec la prose scientifique de certains de ses contemporains... Mais même lorsqu'il fait ses descriptions scientifiques, Léonard reste un poète. 

Il nous donne une idée de ce que représente son travail d'anatomiste : 

Et toi qui juges préférable de voir faire l'anatomie plutôt que de voir les dessins, tu aurais raison s'il t'était possible de voir réellement tout ce que ces dessins te montrent en une seule image. Avec tout ton génie, tu ne reconnaîtra dans l'objet que quelques veines. Tandis que moi, pour en avoir vraie et pleine connaissance, j'ai disséqué jusqu'ici plus de dix corps humains, séparant les membres, détachant en minuscules parties toutes les chairs qui se trouvaient autour de telle ou telle veine sans répandre de sang, sinon celui presque insignifiant des veines capillaires. Un seul corps ne dure pas le temps nécessaire : il faut procéder successivement sur plusieurs pour parvenir à une entière connaissance et souvent recommencer deux fois pour trouver des différences de l'un à l'autre. Mais si tu avais le goût de cette besogne, il te manquera le bon dessin capable de représenter tous les détails. Si tu as le bon dessin, auras-tu la perspective ? Auras-tu l'ordre de la démonstration géométrique et le calcul des forces et du comportement des muscles ? Enfin il te manquera sans doute la patience. Si moi je possède tous ces dons nécessaires, les 120 volumes que j'ai composés l'affirment. 

Pour aller plus loin, réécoutez notre Grande Traversée estivale consacrée à Léonard de Vinci par Emmanuel Laurentin et Adèle Van Reeth :

Première diffusion le 24/04/1973

Adaptation : Jean Anglade

Interprètes : Michel Bernardy, Gisèle Touret, Nicole Merouze, Robert Martin, Christiane Carpentier, Pierre Mascaro, André Remaut, Jean-Pierre Olivier.

Anglade, Jean (adaptation) ;  Interprète,  ; Interprète, Touret, Gisèle ; Interprète,  Merouze, Nicole ; Interprète, Martin, Robert ; Interprète, Carpentier,  Christiane ; Interprète, Mascaro, Pierre ; Interprète, Remaut, André ;  Interprète, Olivier, Jean Pierre

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