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Pas de feuilleton - "Correspondances Koltès" présenté par Yan Ciret

25 min
À retrouver dans l'émission

Réalisé par Jacques Taroni assisté de Delphine Lemer Koltès voyage , suivi de Babel Koltès et de la Lettre d'Afrique Avec Bruno Boëglin et Otto Gaytan da Silva, Stanislas Nordey, Patrice Chéreau. A l'occasion de la parution en avril 2009 des Lettres de Bernard-Marie Koltès aux éditions de Minuit. Les lettres rassemblées dans ces trois dramaturgies, si différentes soient-elles, ont un point commun : la voix de Bernard-Marie Koltès venue d'outre-monde. Messages venus de voyages initiatiques, d'Amérique Latine ou d'Afrique, ou exercice quasi spirituel dans les lettres à sa mère ; c'est toujours une expérience de l'altérité qui cherche ses frontières, sa révélation, et surtout la rencontre avec cette « figure de l'étranger » qui lui est fondamentale. Cette quête d'identité, on la retrouve dans le premier Koltès voyage , dramaturgie de Bruno Boëglin, spectacle aux bords des larmes, tant il y transparaît l'amitié qui lia Bernard-Marie Koltès à Bruno Boëglin, depuis que ce dernier lui commanda la pièce Sallinger , à la fin des années soixante-dix. Ces lettres du Nicaragua, du Costa Rica, du Mexique et du Guatemala sont pour le metteur en scène : « La partie la plus secrète de l'oeuvre ». La famille, les amis, la mère, restent les interlocuteurs, à qui il fait partager ses trajets aventureux, ses attentes, la rudesse et l'humour, de sa rencontre avec l'autre, en terre étrangère. Jusqu'à l'épiphanie mystique, au temple de Tikal, en pleine jungle, où il trouve « un renversement du temps ». Déjà, les lettres de jeunesse, reprises ici par Stanislas Nordey, dévoilaient de manière inédite cette partie incommunicable de Bernard-Marie Koltès - foi chrétienne de l'enfance métamorphosée en don de soi ? Hypothèse communiste, comme on la retrouvera dans la « Lettre d'Afrique » lue par Patrice Chéreau ? Qu'il tombe en extase devant les icônes russes d'Andreï Roublev ou que sa vocation s'affirme comme une mission christique, c'est toujours une mise à l'épreuve, un dépassement de soi, une ouverture au monde. Mais cette deuxième partie, Babel Koltès, lettres, carnets, illuminations tresse aussi un portrait musical, une réflexion sur l'écriture, par la découverte de New York, l'admiration éperdue pour Faulkner, la fascination des « blacks » américains. Souvent avec légèreté, il découvre la genèse de ses pièces à venir, l'oeuvre qui trace son chemin dans la vie, l'appel vers le théâtre, mais aussi le roman, le cinéma. Stanislas Nordey retranscrit cette ferveur, qui ne quittera pas Koltès, depuis ses lettres aux rives de l'enfance, jusqu'au dernier et mystérieux message final, peu avant sa disparition : « In God we trust/Do we ? » L'entrelacement des thèmes que le critique et dramaturge Yan Ciret a agencé avec « Babel Koltès » découvre une intimité, pudique, drôle, d'une profondeur de vue peu commune, constante. Avant son voyage en Amérique Latine, l'écrivain a séjourné en Afrique, dans un chantier au Nigéria. C'est de là qu'il envoie un texte somme, cette « Lettre d'Afrique » adressée à Hubert Gignoux, celui qui fut de longues années son mentor, son lecteur électif. Cet homme de théâtre a repéré et soutenu depuis le début, le talent de Koltès. Patrice Chéreau en donne une lecture, avec une émotion toute particulière, c'est lui qui montera Combat de nègres et de chiens pièce issue de ce séjour. Ce triptyque de correspondances se clôt sur la fascination du « continent noir » ; poétiquement, politiquement, Koltès par la voix de Patrice Chéreau fait résonner ses pensées les plus fondamentales. La Révolution, la révolte contre l'injustice, la violence raciale, l'exploitation, l'adhésion au camp des vaincus, apparaissent entremêlées à une sensibilité physique, autant que métaphysique pour ceux qui, comme il le dit : « portent leur condamnation sur leur visage. » Rien de compassionnel, mais plutôt une grâce, à laquelle Patrice Chéreau offre la beauté d'un compagnonnage théâtral hors du commun, entre un auteur et un metteur en scène. Koltès voyage , dramaturgie et spectacle de Bruno Boëglin, créé au Théâtre des amandiers en février 2009, et enregistré en studio à la Maison de la Radio dans une réalisation de Jacques Taroni. Babel Koltès, correspondances, carnets, illuminations textes choisis par Yan Ciret et lus par Stanislas Nordey. Lettre d'Afrique lue par Patrice Chéreau, enregistrée à Metz en 1999 et diffusée pour la première fois le 6 novembre 1999 dans le cadre d'une émission de Lucien Attoun Koltès : des correspondances . Les Lettres de Bernard-Marie Koltès sont publiées aux éditions de Minuit. Réalisation : Jacques Taroni Bruno Boëglin , acteur, adaptateur et surtout metteur en scène d'une cinquantaine de spectacles est le fondateur du Novothéâtre. Ami de Bernard-Marie Koltès, il a monté Sallinger en 1978 et Roberto Zucco en 1991. Les récits de Koltès sur le Nicaragua, l'ont poussé à s'y rendre à plusieurs reprises et à y faire plusieurs créations, notamment El Naufrago-Rescate , inspiré d'une nouvelle de Garcia Marquez. Yan Ciret , essayiste, critique et commissaire d'expositions, a beaucoup travaillé sur B.M. Koltès, il a notamment monté Territoires de Koltès , exposition inaugurée à Avignon en 2000 et qui a fait le tour du monde. Son livre Infini Koltès* est à paraître à la rentrée 2009.

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