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L'acteur Gérard Philipe répétant le rôle du Prince de Hombourg avec le metteur en scène Jean Vilar sur la scène du Théâtre national populaire de Chaillot en 1951.
Épisode 2 :

Grandeur et misère d’un rêve qui se réalise

7 min
À retrouver dans l'émission

Au tournant du XXe siècle, le rêve d'un théâtre populaire prend un tour de plus en plus concret avec l'ouverture de plusieurs théâtres du peuple dans les faubourgs parisiens.

Firmin Gémier et Romain Rolland
Firmin Gémier et Romain Rolland Crédits : Imagno - Getty

En 1903, l'écrivain Romain Rolland signe un livre-manifeste intitulé "Le théâtre du peuple".

Le Théâtre du Peuple n’est pas un article de mode et un jeu de dilettantes. C’est l’expression impérieuse d’une société nouvelle, sa pensée et sa voix ; et c’est, par la force des choses, en cette heure de crise, sa machine de guerre contre une société caduque et déchue. Les années qui viennent seront décisives pour le Théâtre du Peuple de Paris. Non que rien puisse l’empêcher maintenant de s’établir. Il est nécessaire, et il sera. Mais il ne faut point d’équivoque. Il ne s’agit pas d’ouvrir de nouveaux vieux théâtres, dont le titre seul est neuf, des théâtres bourgeois qui tâchent de donner le change, en se disant populaires. Il s’agit d’élever le Théâtre par et pour le Peuple. Il s’agit de fonder un art nouveau pour un monde nouveau. Romain Rolland, Le théâtre du peuple, 15 novembre 1903

Au lendemain de la Grande guerre, quand un théâtre à la fois national et populaire, le TNP, est enfin créé par l'Etat, son premier directeur, Firmin Gémier, doit faire comprendre à l'opinion que quand le théâtre est vulgaire c'est précisément parce qu'il n'est pas populaire.

Il n’y a pas de théâtre pour le peuple, on n’écrit pas pour lui. Il a souffert, il s’est sacrifié, il nous a sauvés, qu’importe ! Nos dramaturges n’ont pas voulu créer, ou n’ont pas pensé à rétablir, entre lui et eux, ce lien qui fait les nations si puissantes, cette chose sublime qui, le jour de la mobilisation, dressa notre peuple en un bloc unique et formidable : la communauté de pensée. (...) Le fossé entre l’art et le peuple doit être comblé ! Il n’y a pas d’art de classe. L’art est unique. Où est le théâtre unique ? Est-il dans les petites comédies bourgeoises, les pièces salonnières ou les mélodrames qui sévissent aujourd’hui ? Laissons donc le théâtre actuel à ses fournisseurs et à ses habitués et créons le théâtre national, le Théâtre du Peuple français, celui de la démocratie qui naît et s’organise, le théâtre nouveau.
Firmin Gémier, L’ère nouvelle du théâtre, 1920

Après la mort de Firmin Gémier en 1933, le TNP sera plus ou moins abandonné jusqu'à ce que Jean Vilar, fondateur du Festival d'Avignon en 1947, prenne la direction de Chaillot de 1951 à 1953.

Le théâtre s’adresse à tous. Ce n’est pas que cet art soit plus généreux qu’un autre. Non. C’est bien plutôt parce qu’il a besoin de toutes et de tous pour disposer d’une bonne santé. C’est parce qu’il a besoin, très égoïstement, de l’intelligence, de l’expérience de tous et aussi bien sûr de ceux qui sont les manœuvres du monde du travail que de ceux qui dirigent ce monde du travail.  
Jean Vilar, Le théâtre, service public, 1963

Textes lus par Francine Bergé, Marc-Henri Boisse et Mouss Zouheyri

  • Production : Judith Sibony
  • Réalisation : Michel Sidoroff
  • Prise de son, montage et mixage : Jehan-Richard Dufour et Emilie Pair
  • Assistant à la réalisation : Guy Peyramaure
Intervenants
L'équipe
Conseiller(e) littéraire
Avec la collaboration de
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