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Aimer tuer De Roland Fichet

1h
À retrouver dans l'émission

Réalisation : Jean-Mathieu Zahnd

Une femme blanche recluse assiste à travers un écran de télévision à la lapidation d’une femme noire. Elle n’a pour compagnon que sa chienne qui ne quitte l’écran des yeux que pour la regarder elle, la femme livide, rejetée. La femme blanche est happée par la cérémonie barbare qui se déploie là, devant elle, sur un écran de télévision, qui se déploie à quelques centaines de mètres d’elle sur l’aire de marché du village. La lapidation se déroule, geste après geste. Le corps de la femme occidentale réagit. Le corps de la chienne réagit. Le corps de la femme noire réagit. Quand elle marche vers sa lapidation, il réagit quand elle est enterrée jusqu’à la poitrine, il réagit quand elle est lapidée, il réagit. Des hommes lapident une femme. Quelle terreur les femmes inspirent-elles aux hommes ? Quelle jouissance envahit les hommes qui à l’abri de la loi expriment et mettent en scène leur infinie cruauté ? Extrait du code pénal d’un pays qui pratique la lapidation : Les articles 102 et 104 définissent les conditions de la lapidation : « Les pierres utilisées pour infliger la mort par lapidation ne devront pas être grosses au point que le condamné meure après en avoir reçu une ou deux. Elles ne devront pas non plus être si petites qu’on ne puisse leur donner le nom de pierre. La taille moyenne est choisie généralement afin de faire expier la faute par la souffrance ». « Les lapideurs doivent rester à distance d’une quinzaine de mètres de leur cible et choisir avec soin leurs pierres : Les pierres coupantes sont choisies pour leurs arrêtes effilées qui provoquent les saignements les plus spectaculaires. Une pierre coupante doit de préférence être lancée au visage du condamné. Les pierres rondes nécessitent moins de précision car elles sont efficaces partout. Elles sont idéales pour briser les os et provoquer les hémorragies internes fatales. » Roland Fichet écrit des pièces de théâtre, des textes pour la voix, des récits. Ses pièces sont jouées en France et à l’étranger. Les Anatomies 2008, 2009 et 2010 ont été représentées dans onze pays d’Afrique et ont terminé leur course en France au Théâtre National de Bretagne et au Théâtre de l’Est parisien. Animal , sa pièce la plus étrange, a été créée au Théâtre National de La Colline à Paris en 2005 dans une mise en scène de Frédéric Fisbach. Roland Fichet aime varier les formes et les formats. Certains de ses textes éprouvent la forme du récit. Ces récits prennent leur distance vis à vis du théâtre mais ne le perdent cependant jamais de vue. La langue de Roland Fichet appelle la voix. La chute de l’Ange Rebelle , le premier de ces récits, a été interprété, en janvier 1991 au Théâtre de l’Odéon par Valérie Dréville dans une mise en scène de Claudia Stavisky. Un autre, Tombeau chinois , est mis en scène par Stanislas Nordey au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis en juin 2011.

Avec : Lara Bruhl, Hélène Lausseur, Jean-Michel Martial, Anna Amélie Heintz, Annie Melza Tiburce

et Sophie Dufouleur

Prise de son, montage et mixage : Valérie Lavallart et Sébatien Labarre

Assistante à la réalisation : Lise-Marie Barré

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