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Chantiers d'Europe - Olga l’invisible

58 min
À retrouver dans l'émission

Réalisation de François Christophe

Dans le cadre des Chantiers d'Europe 2013 - Portugal

Olga l'invisible de Yannis Tsiros,

traduit du grec par Constantin Bobas et Robert Davreu.

Avec

Amira Casar : la fille

Alain Rimoux : l'avocat, le client et le médecin

Benoit Marchand : le proxénète et le policier

Clément Bondu : le jeune homme

Et la voix de Pauline Ziadé

Bruitage : Patrick Martinache

Prise de son, montage et mixage : Catherine Déréthé, Pierre Henry

Assistante à la réalisation : Pauline Ziadé

INSINUATION ET SILENCE « J’évite habituellement dans mes pièces de prendre un ton dénonciateur. Mais dans une telle thématique, celle de la prostitution forcée, la dénonciation devient presque inévitable. Tout d’abord, il ne faut pas confondre le terme « prostitution forcée » et la prostitution en général, où il existe une autodétermination des personnes impliquées. La prostitution forcée présuppose l’enlèvement. Mais mis à part le fait que l’enlèvement est un grave délit puni par la loi – et un sujet de prédilection pour les médias – dans le cas de la prostitution forcée, j’ai observé un manque d’intérêt de la part de la société, qui entretient et est entretenu par un silence social plus général. La question est : POURQUOI LE SILENCE ? Je n’ai pas de réponse. J’émets cependant une hypothèse. Dans le cas d’un enlèvement avec rançon, il y a un crime évident contre la personne et contre la propriété. Des choses évidentes. Tandis que dans le cas de la prostitution forcée, l’élément sexuel fait naître quelques doutes. Une question subsidiaire du type : « Peut-être qu’elle était d’accord ? » en parlant bien sûr de la victime. Et je la qualifie de question subsidiaire, car elle n’a jamais été posée directement. Elle était toujours cachée de manière suspecte. Même dans nos pensées personnelles.

Dans la recherche que j’ai faite en écrivant la pièce Olga l’Invisible , cette « question subsidiaire » impliquant la victime, guettait dans les tribunaux et les audiences, et n’apparaissait que sous la forme d’une insinuation. Et elle demeurait une insinuation, brouillant les jugements et les décisions. Comme je l’ai dit auparavant, je n’ai pas de réponse à la question du silence social. Ni pourquoi Olga reste Invisible. J’ai pourtant une réponse à la « question subsidiaire » : « Peut-être qu’elle était d’accord ? ». Jamais au grand jamais, cette question subsidiaire n’est devenue une constatation. Et elle ne deviendra jamais une constatation, car personne n’osera jamais prétendre directement qu’une jeune femme aurait voulu sa vente et revente dans un pays étranger, sa séquestration forcée, son passage à tabac, la terreur, l’avilissement, et le viol multiple de la part de milliers de citoyens honorables de notre monde « civilisé ». Que cette insinuation cesse. La Prostitution Forcée est une terrible réalité. Même si elle reste invisible. » Yannis Tsiros

Yannis Tsiros est né en 1956 à Messénie, dans le Péloponnèse, et a grandi à Athènes. Il a fait des études de dessin, de photographie et de musique. Durant les années 1991-1993 il a suivi des cours au département d’études théâtrales de l’Université d’Athènes. Il a travaillé dans la photo journalistique, à la radio, à la télévision publique, et comme musicien dans différents groupes.

Il a écrit pour le théâtre (Barbe de trois jours – premier prix d’Etat pour une première pièce dramatique en 2004, Presse , Canons et trompettes …) et a réalisé ou a collaboré à des films (La lumière qui s’éteint – premier prix du film étranger au Festival de Lecce en 2001, et primé à Moscou, au Caire et à Cologne en 2002, La Montagne devant , troisième prix du festival de Moscou en 2010). Son film Apnée a obtenu le prix FIPRESCI ainsi que le prix du public au Festival de Thessalonique en 2010.

Lecture en public au café des œillets du Théâtre de la Ville le 9 juin à 19h

Voici le programme des autres émission Chantiers d'Europe à écouter sur France Culture avec le Théâtre de la Ville

Dimanche 10 juin 22h10 / Emission Théâtre et Cie

V.I.T.R.I.O.L. , de Yannis Mavritsakis

Traduit du grec par Dimitra Kondylaki

Avec :

Céline Chéenne, Matthieu Dessertine, Xavier Gallais, Philippe Girard, Mireille Herbstmeyer, Samuel Churin et Olivier Py.

Mise en espace d’Olivier Py, réalisation de Jacques Taroni

« Atteint d’une maladie inintelligible, le Garçon, le personnage principal de la pièce, rompt violemment ses liens avec la réalité. Il s’enferme sur lui-même, il s’entretient avec des créatures invisibles, il refuse la nourriture, le travail, les tâches quotidiennes et méprise toute relation. Désespérée de l’échec de ses tentatives de le faire soigner qui vont jusqu’au recours à l’exorcisme, sa Mère décide de le confier à l’Inspecteur des abattoirs, son patron, pour conduire son fils à la purification. Fécondée par ce même homme, elle accouchera ensuite d’un nouvel enfant, mais cette naissance ne la privera pas de l’aveuglement aussitôt qu’elle se rendra compte des conséquences de son acte.

Rempli de signes et de significations mystiques contenus dans sa surface réaliste, Vitriol de Yannis Mavritsakis place l’homme au centre d’un univers dangereusement inconnu –le poison dans le titre n’est pas fortuitement choisi–, régi par des lois qui le dépassent. Prêtant la force motrice de cet univers au féminin, dans ses côtés les plus obscurs, les plus inquiétants, l’auteur s’interroge sur le sens de la mort qui est la condition de la renaissance, du sacrifice qui est la condition de la résurrection. A la manière d’un théâtre symboliste « revitalisé » par la cruauté d’un langage absolument contemporain, il explore en même temps les liens entre des couples archétypiques, tels que mère/fils, obscurité/lumière, féminin/masculin, maladie/guérison…, cherchant à révéler des aspects dissimulés, incontrôlables chez l’humain, indissociablement liés à sa destinée tragique. » Dimitra Kondylaki

Yannis Mavritsakis est né à Montréal en 1964. Initialement inscrit au Département des lettres grecques modernes à l’université d’Athènes, il abandonne ses études pour faire du théâtre. Comédien diplômé de l’Ecole dramatique du Théâtre National grec (1986), il collabore avec le Théâtre national ainsi qu’avec des metteurs en scène grecs parmi les plus importants. Depuis 2004, il délaisse la scène pour se consacrer à l’écriture du théâtre.Sa première pièce Le point aveugle , créée au Théâtre Poreia, Athènes 2008, a été donnée en lecture deux fois en France: la première sous la direction de Olivier Py, à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, lors du Festival d’Automne, en novembre 2008 et la seconde sous la direction de Gildas Milin à la Mousson d’été 2009. Soutenue par l’Atelier Européen de la Traduction/Scène Nationale d’Orléans, cette pièce est traduite en roumain, en français aux Editions théâtrales, en italien et en espagnol. En 2007, Yannis Mavritsakis écrit Wolfgang (créé au Théâtre National Grec 2008 / Palmarès 2010 de la Commission nationale de l’Aide à la création de textes dramatiques), et en 2008 Famina-Boulot de merde (créé au Festival d’Athènes 2009 / Aide à la traduction Maison Antoine Vitez / lecture à la Mousson d’été 2011 sous la dir. de Michel Raskine). Sa dernière pièce Vitriol (2009) sera mise en scène par Olivier Py au Théâtre National de Grèce pendant la saison 2012-2013. Yannis Mavritsakis vit à Athènes.

Enregistrement en public le 5 juin à 21h dans la grande salle du Théâtre de la Ville à Paris

Mercredi 13 juin 23h / Emission Atelier Fiction /

P.E.T.U.L.A. , de Lena Kitsopoulou

Traduit du grec par Myrto Gondicas.

Avec Elisabeth Mazev

Réalisation de Jacques Taroni

Une femme, emblème de la Grèce moderne, dépressive, en révolte contre elle-même et dégoutée par le monde et la société, a le cachet P.E.T.U.L.A. entre les mains qui signifie : Pas d'Embrouilles, Tasse-toi, Unis-toi à la nuit, Lave tes péchés, Abolis-toi, qu’elle va prendre une seule et unique fois devant nous pour en finir. Monologue sur l’état de la Grèce et de l’homme moderne, PETULA nous emmène avec humour et cynisme dans une réflexion sur la vie moderne, la dépression, les passions émoussés de nos univers multi-écrans, et la vie – l’enfer – après la mort.

Lena Kitsopoulou est née à Athènes en 1971. Diplômée de l'Ecole du Théâtre Technis Karolos Koun, elle a travaillé comme actrice quelques années, puis également comme metteur-en scène (notamment dans La femme de Patras , de Yorgos Chronas – autre grand succès de ces dernières saisons à Athènes).

Sa première oeuvre, “Chauves-Souris ”, une collection de nouvelles, a été editée en 2006.

Elle a écrit deux autres pièces de théâtre “Bénie soit la journée du samedi ” (en 2007) et “Ma petite robe verte ” (2008), qui a eu beaucoup de succès lors de sa mise-en-scène au Théâtre National d'Athènes. “P.E.T.UL.A. ” a été écrit et mis-en-scène en 2009.

Lecture en public au café des œillets du Théâtre de la Ville le 13 juin 2012 à 19h

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