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Franz Kafka, en 1923
Épisode 1 :

Le terrier

57 min
À retrouver dans l'émission

En proie à l’angoisse et à la paranoïa, le narrateur troglodyte que l’on peut imaginer comme une taupe carnivore ou un blaireau, s’est aménagé avec une extrême ingéniosité un terrier qui lui garantirait une sécurité absolue. Mais ce refuge se révèle peu à peu menaçant.

Un terrier
Un terrier Crédits : Simon McGill - Getty

Le Terrier a été publié de façon posthume en 1931 par Max Brod, ami et exécuteur testamentaire de Kafka, qui a reçu le manuscrit du Terrier des mains de Dora Diamant, la dernière compagne de l’écrivain. Ecrit pendant l’hiver 1923-1924, sans doute en décembre 1923, il aurait été rédigé d’une seule traite, selon le témoignage de Dora Diamant, au cours d’une nuit de création « prodigieuse », semblable à celle de l’automne de 1912 au cours de laquelle Kafka avait écrit La Sentence. Demeuré inachevé, c’est l’un des derniers écrits de Kafka, qui meurt six mois plus tard, en juin 1924.  En proie à l’angoisse et à la paranoïa, le narrateur troglodyte que l’on peut imaginer comme une taupe carnivore ou un blaireau, s’est aménagé avec une extrême ingéniosité un terrier qui lui garantirait une sécurité absolue. Mais ce refuge se révèle peu à peu menaçant.            
L’essentiel de la substance du récit est déposé dans la rhétorique infinie d’un monologue obsessionnel à tel point terrassé par l’angoisse de vivre que le lieu protecteur lui-même devient une menace insupportable. Les passes humoristiques de son discours le tiennent efficacement à distance de l’auteur, mais il va de soi que le récit, composé comme d’une traite, vient des profondeurs de son être et pose la question de la littérature. Ce portrait d’un écrivain en blaireau ridicule et tragique fait signe au moraliste La Fontaine. On peut aussi le considérer comme un hymne paradoxal au désir d’une vie libre dans une communauté solidaire, dût-elle payer le prix du renoncement à la richesse névrotiquement accumulée et bardée de protections.

Extraits de la notice de Jean-Pierre Lefèbvre dans La Pléiade

Réalisation : Cédric Aussir
Conseillère littéraire Caroline Ouazana

Accompagnement musical : Manuel Peskine
Lu par Damien Houssier

Bruitages Elodie Fiat
Prise de son, montage, mixage : Antoine Viossat, Eric Boisset
Assistante à la réalisation : Romane Chibane

Traduction de l'allemand (Autriche) par Jean-Pierre Lefebvre, publiée dans La Pléiade

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