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Franz Kafka, en 1923
Épisode 2 :

Dans la colonie pénitentiaire

57 min
À retrouver dans l'émission

Un expert itinérant débarque dans une île au milieu de nulle part pour examiner le système mécanique d’exécution des condamnés à mort dans une « colonie » dirigée par un commandant. Il est censé assister à l’exécution d’un homme au moyen d’une machine extrêmement sophistiquée…

Machine à écrire, très ancienne
Machine à écrire, très ancienne Crédits : Patricia Marroquin - Getty

Un expert itinérant, qu’on suppose juriste reconnu ou anthropologue plutôt que technicien de la guerre ou de la mise à mort, débarque dans une île au milieu de nulle part pour examiner le système mécanique d’exécution des condamnés à mort dans une « colonie » dirigée par un commandant, encadrée par des officiers assistés de soldats. C’est le nouveau commandant du camp qui l’a invité à venir expertiser ce système qu’il veut selon toute apparence abolir. L’expert est donc censé assister à l’exécution d’un homme – un « indigène », semble-t-il, même si rien ne le dit expressément  - condamné sans procès à la peine capitale pour n’avoir pas respecté l’interdiction de dormir et s’être rebellé contre le capitaine tyrannique dont il était le domestique. La peine de mort en vigueur dans cette colonie est exécutée sans jugement au moyen d’une machine sophistiquée qui, entre autres pratiques abominables, inscrit en toutes lettres dans la chair même du condamné le principe ou commandement qu’il a enfreint. La dimension poétologique de la fable est explicite : la machine de mort est une machine à écrire, l’écriture fait mal, et pas uniquement parce qu’elle est rappelée au douloureux rappel de la Loi dans la chair même du supplicié. […] La mort violente et volontaire de l’officier peut se lire comme le renversement fantasmatique du suicide de Georg Bendemann dans La Sentence en meurtre suicidaire du père. En actionnant poétiquement la machine à écrire, en devenant écrivain, le fils abolit « structurellement » la Loi du père et son commandement : "Tu n’écriras pas". 

Extraits de la notice de _Jean-Pierre Lefèbvre d_ans La Pléiade

Réalisation : Cédric Aussir
Conseillère littéraire Caroline Ouazana

Avec Pierre-François Garel, Grégoire Tachnakian, Julien Campani, Alice Estrat et Xavier Béja 

Accompagnement musical : Manuel Peskine Bruitages Elodie Fiat Prise de son, montage, mixage : Antoine Viossat, Eric Boisset
Assistante à la réalisation : Romane Chibane

Traduction de l'allemand (Autriche) par Jean-Pierre Lefebvre, publiée dans La Pléiade, chez Gallimard

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