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Illustration de la nouvelle "lettre écarlate"

La lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne

59 min
À retrouver dans l'émission

Boston, au temps des premiers colons puritains. Pour avoir mis au monde un enfant illégitime, une jeune femme est condamnée à porter sur son corsage une lettre écarlate la désignant comme femme adultère..

Illustration de la nouvelle "lettre écarlate"
Illustration de la nouvelle "lettre écarlate" Crédits : ANN RONAN PICTURE LIBRARY - AFP

Réalisée par Michel Sidoroff
Texte adapté de l’américain par : Andréa Finck
Conseillère littéraire : Caroline Ouazana

« La Lettre écarlate est publiée en 1850 mais l’histoire qu’elle raconte se déroule deux cents ans plus tôt, dans le Boston des premiers colons puritains. 

Son auteur Nathaniel Hawthorne, un américain né en 1804 à Salem, la ville du Massachusetts  tristement célèbre pour ses procès en sorcellerie, s’en explique dans une longue introduction autobiographique. En voici quelques extraits :

« Plus de deux siècles se sont maintenant écoulés depuis que le premier émigrant britannique portant mon nom arriva sur ces côtes … Sa figure, investie par la tradition familiale d’une sombre grandeur, faisait partie de mon imaginaire d’enfant aussi loin que je m’en  souvienne. Elle me hante encore … Arrivé avec sa bible et son épée, il fut soldat, législateur et juge ; il possédait tous les traits de caractère d’un puritain, les meilleurs  comme les pires. Il fut également un persécuteur sans merci comme peuvent en témoigner les Quakers qui se souviennent encore de sa dureté envers une des femmes de leur secte … Le fils de cet ancêtre qui avait hérité de ses traits de caractère fut tellement impliqué dans la persécution et le martyre des sorcières qu’on peut dire que leur sang a laissé sur lui une tache indélébile … »

Nathaniel Hawthorne poursuit en expliquant que ses ancêtres seraient bien déçus s’ils pouvaient le voir, lui, le dernier rejeton de leur lignée avec ses ambitions d’auteur pour lesquelles ils n’auraient que mépris. 

Si la vie de Hawthorne ne ressemble plus à celle de ses ancêtres, celle des femmes a changé également. Elles ne se contentent plus d’être des épouses, elles travaillent désormais et, si elles ont la chance d’être nées dans des familles éclairées, elles étudient, débattent et manifestent leurs opinions concernant les droits des femmes et l’esclavage. En 1845,  Margaret Fuller avait publié Les femmes du dix-neuvième siècle considéré comme le premier ouvrage féministe. 

Hawthorne, lui, peine à faire éditer ses nouvelles ce qui l’oblige à accepter un poste dans l’administration afin de subvenir  aux besoins de sa famille.  Le succès arrivera enfin à quarante-six ans grâce à La lettre écarlate, un roman à charge contre les puritains et leur intransigeance. Son héroïne, Hester Prynne, est une jeune femme condamnée pour avoir mis au monde un enfant illégitime. Sa condamnation à porter sur son corsage une lettre écarlate la désignant comme femme adultère fait certes d’elle une victime des lois de son époque mais Hester Prynne n’a pas le comportement d’une victime. Alors que sa faute pourrait lui valoir une condamnation à mort, elle tient tête à ses juges en refusant de dénoncer le père de son enfant tout comme elle tiendra tête aux dignitaires de la ville en d’autres circonstances. En cela, elle n’est pas une femme représentative de l’époque du puritanisme. Sa force de caractère et son indépendance acquise par son travail font davantage penser aux femmes du dix-neuvième siècle. Certaines études évoquent d’ailleurs la possibilité que la personnalité de Margaret Fuller, qui avait eu un enfant hors mariage en Italie où elle avait été envoyée en 1846 en tant que correspondante étrangère par le New York Tribune, ait inspiré Hawthorne. Et selon lui, ce seraient des documents découverts dans les archives des douanes qui lui auraient donné l’idée de ce roman. Les deux ne sont pas incompatibles. 

Nathaniel Hawthorne nous offre avec La lettre écarlate une magnifique héroïne qui, entre un mari dévoré par le désir de vengeance et un amant trop lâche pour accepter les conséquences de ses actes, est le seul personnage à s’en sortir la tête haute. »

Andrea Finck

Avec
Philippe Weissert    (Révérend Arthur Dimmesdale )
Aurore Paris    (Hester Prynne )
Sandrine Le Berre    (Pearl )
Marc-Henri Boisse    (Roger Chillingworth )
Alain Rimoux     (Gouverneur Bellingham )
Alain Macé    (Révérend John Wilson ) 

Les commères : Pascale Caemerbeke, Cécile Arnaud, Stéphanie Lebbé, Nathalie Kanoui, Macha Kouznetsova

Pascal Bekkar     (Brackett, le directeur de la prison )
Laurent Lederer     (Le badaud )
Bastien Bouillon    ( Le bedeau )
Stéphane Szestak    (Le gardien de prison )
Johann Proust      (Le capitaine )
Didier Merigou    ( Le serviteur du gouverneur Bellingham ) 

Et les voix de : 

Marianna Granci, Laurine Bauby, Emilie Pierson, Pauline Caupenne, Elodie Vincent, Olivia Forest, Marison Adrianasolo, Myrèn Astrée

Bruitage : Bertrand Amiel Prise de son, montage, mixage : Olivier Dupré et Pierre Henry Assistante à la réalisation : Manon Dubus

Andrea Finck, née en Belgique, élevée en Autriche, vivant à Paris, est auteur de romans et de fictions radiophoniques ainsi que traductrice de l’allemand et de l’anglais.

Bibliographie

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