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Anna Mouglalis

"L’annonce faite à Cassandre" de Dimìtris Dimitriàdis

59 min
À retrouver dans l'émission

A l’inverse de la version officielle, pessimiste et même tragique, la Cassandre de Dimìtris Dimitriàdis a cédé à Apollon et s’est unie à lui. Depuis lors, elle ne fait qu’annoncer des bonnes nouvelles, ou plutôt la bonne nouvelle : l’avènement d’un monde nouveau. L’empire du désir.

Anna Mouglalis
Anna Mouglalis Crédits : ©Benoit Peverelli

Cassandre, fille du roi de Troie Priam, reçoit d’Apollon amoureux le don de dire l’avenir, mais elle rejette les avances du dieu, qui la punit : ses prédictions ne seront jamais crues.
Cette version officielle, pessimiste et même tragique, Dimìtris Dimitriàdis la retourne totalement. La Cassandre qu’il nous montre s’est ravisée, a cédé au dieu, s’est unie à lui ; depuis lors elle ne fait qu’annoncer des bonnes nouvelles, ou plutôt la bonne nouvelle : l’avènement d’un monde nouveau. L’empire du désir. Et le temps s’arrête. Pendant toute l’heure que dure la pièce, Cassandre nous conte sa révélation, sa conversion, au fil d’une incantation sans fin, d’une litanie de mots répétés, caressés, violentés, inventés parfois, remâchés jusqu’à l’ivresse, comme si la prêtresse n’en finissait pas de les savourer, de s’en pénétrer.
Ou (peut-être ?) comme s’il fallait insister encore et encore pour convaincre, voire se convaincre ? On pressent, au fil de la pièce, l’ombre cachée derrière toute cette lumière.
Dimitriàdis, intrépide explorateur de l’extrême, est rarement allé aussi loin que dans cet hymne au désir, ce chant brûlant, fiévreux, frénétique, ce rituel païen hypnotique. L’annonce faite à Cassandre, c’est de la poésie, c’est de la musique, et du théâtre bien sûr.

Traduit par Michel Volkovitch
Réalisation : Christophe Hocké
Conseillère littéraire Caroline Ouazana

Avec Anna Mouglalis
Equipe de réalisation Antoine Viossat, Stéphane Foulon, Alexandra Garcia-Vilà

Né à Thessalonique en 1944, Dimìtris Dimitriàdis a étudié le théâtre et le cinéma à Bruxelles avant de s’installer dans sa ville natale. Il a publié une suite de recueils poétiques, trois volumes d’un roman qui en comptera dix. Des proses comme Je meurs comme un pays (Les Solitaires intempestifs,1978), souvent donné au théâtre ou Léthé : cinq monologues (La Lettre volée). Depuis sa première pièce, Le Prix de la révolte au marché noir, montée en 1968 par Patrice Chéreau, il a publié une vingtaine de pièces, dont une douzaine ont été montées ou lues en France, parmi lesquelles : Les remplaçantes (1995), Le Vertige des animaux avant l'abattage (Les Solitaires Intempestifs 2002), Phaéton (Les Solitaires Intempestifs, 2009), La Ronde du carré (Les Solitaires Intempestifs, 2009), Homériade (Les Solitaires Intempestifs, 2009),Chrysippe (Les Solitaires Intempestifs, 2009), Insenso, et Stroheim (Éditions Espaces 34, 2009), Dévastation (Éditions Espace 34, 2016), Ton plus extrême désir (Le Miel des Anges, 2017)  
Parallèlement à l’écriture, Dimitris Dimitriadis se consacre à traduction littéraire et théâtrale. Il a traduit en grec Bataille, Blanchot, Koltès Gombrovitz, Duras, Genet (théâtre et prose), ainsi que des pièces d’Euripide, Molière, Shakespeare, Courteline ou Tennessee Williams.  

En direct du Théâtre de la ville – Espace Cardin ce 14 novembre 2020 dans le cadre du cycle Combats proposé par France Culture et le Théâtre de la Ville

Publié aux éditions Le miel des anges

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