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Jean Giono en 1955

"Prélude de Pan" de Jean Giono

57 min
À retrouver dans l'émission

Un étranger mystérieux, un orage qui gronde, des paysans ivres, et c'est soudain un déchaînement de violence, une transe collective qui s'empare de tout le village pour s'achever en orgie dionysiaque...!

Jean Giono en 1955
Jean Giono en 1955 Crédits : Erwin Blumenfeld - Getty

Aux yeux de Giono, la nature " est souvent hostile, les orages, les tourments de neige, les grands éléments nous amènent à des drames, à des morts d'hommes, à des catastrophes ". Cette ambivalence est plus nette encore dans un texte d'inspiration cosmique et apocalyptique comme Prélude de Pan. Pan se fait le défenseur de la pureté du cœur, de la fraternité entre les êtres ; mais quand cette fraternité devient appétit charnel et que la bestialité fait irruption dans la vie des hommes, les résultats deviennent effrayants et même, comme le dit Giono " monstrueux pour notre ordre et pour notre morale ; mais au-delà des morales et de l'organisation normale de la vie des hommes, il y a une espèce de monstruosité naturelle qu'il faut connaître, qui existe ". Pan, ajoute-t-il, " est le bien et le mal tout ensemble, c'est une monstruosité à notre sens, et pour le reste peut-être un ordre parfait. Dans Prélude de Pan, ce n'est pas de perfection qu'il s'agit, mais d'un ordre nouveau imposé aux êtres par une puissance qui modifie les lois naturelles - il y a en Giono un démiurge qui aime à refaire autrement le monde. 

Pierre Citron (Notice de La Pléiade)

Suivi de

Colline (extrait)

Publié en 1929 aux Éditions Grasset, Colline est le premier roman de Jean Giono alors âgé de 34 ans, et le premier de ce qu'il a nommé la « Trilogie de Pan » : les deux romans suivants seront Un de Baumugnes, en 1929 également, et Regain en 1930. Ce genre se teinte de ce que l’on appelle le réalisme merveilleux : des faits réalistes entremêlés de l’interprétation irrationnelle des personnages, le surnaturel. Dans ce roman d'un genre nouveau, qui utilise le langage des hommes de la campagne, où des faits réalistes se mêlent  à l'irrationnel, un hameau doit expier les crimes que les hommes ont commis contre la Terre. Les forces souterraines de la nature y sont très présentes, elles symbolisent le dieu Pan. Au fur et à mesure de la progression du récit, les personnages prennent conscience de l’importance de cette vie souterraine : une atmosphère pesante et à la limite du surnaturel s’installe alors parmi les habitants du village.

Solitude de la pitié et Colline sont publiés chez Gallimard. 

Réalisation : Laurence Courtois
Conseillère littéraire Caroline Ouazana
Lu par Jean-Claude Bonnifait et Johanna Nizard
Improvisation musicale :
Jean-Philippe Morel, Contrebasse
Stéfanus Vivens, Accordéon, piano, claviers
Olivier Py, flûte et saxophone
Prise de son, mixage Eric Boisset, assisté de Antoine Hespel
Assistante à la réalisation Manon Dubus et Laure Chastant

Jean Giono, né le 30 mars 1895 à Manosque et mort le 9 octobre 1970 dans la même ville, est un écrivain français. Mobilisé en 1914, il découvre les horreurs de la guerre et devient un pacifiste convaincu. Apres avoir travaillé un temps dans une banque, il se consacre exclusivement à l'écriture. En avril 1935, il publie Que ma joie demeure qui connaît un grand succès, particulièrement auprès de la jeunesse. Accusé à tort de soutenir le Régime de Vichy et de collaborer avec l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale en raison de son pacifisme, il sera arrêté en septembre 1944, passera cinq mois en détention et sera pratiquement mis en quarantaine jusqu'en 1951, date à laquelle il sort enfin du purgatoire, grâce au succès de ses livres, notamment du Hussard sur le toit. Elu à l'Académie Goncourt en 1954, il voyage, diversifie sa production par des récits de voyage, des comptes rendus judiciaires, des billets d'humeur remis à des journaux, se lance même dans la production de scénarios pour le cinéma. Vaste et prolifique, l'œuvre de Jean Giono mêle un humanisme naturel à une révolte violente contre la société du XXe siècle. Un grand nombre des ouvrages de Jean Giono ont pour cadre le monde paysan provençal. Inspirée par son imagination et ses visions de la Grèce antique, son œuvre romanesque dépeint la condition de l'Homme dans le monde, face aux questions morales et métaphysiques et possède une portée universelle.
 

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