LE DIRECT
Vendredi ou les limbes du Pacifique

"Vendredi ou les limbes du pacifique" d'après l'oeuvre de Michel Tournier

59 min
À retrouver dans l'émission

FICTION POP |« En septembre 1759, le navire "La Virginie" fait naufrage. Seul rescapé, Robinson se retrouve sur une île déserte, livré à lui-même. Sa solitude va le contraindre à faire preuve d'ingéniosité, de persévérance et de courage, afin de survivre dans ce monde sauvage.

Vendredi ou les limbes du Pacifique
Vendredi ou les limbes du Pacifique Crédits : Radio France

« Vendredi ou Les limbes du Pacifique »

Cette émission est désormais écoutable sur Spotify ou Deezer.

France Culture lance une nouvelle collection « Fiction Pop » avec La Direction de la Musique

1er volet de la série : Vendredi ou Les limbes du Pacifique d’après l’œuvre de Michel Tournier (éditions Gallimard)

Romain Humeau et Denis Lavant avec l’Orchestre National de France

Réalisation : Alexandre Plank

Conseillère littéraire : Céline Geoffroy

Adaptation du texte : Pauline Thimonnier

Rediffusion de Juin 2015

Cette Fiction Pop se joue à la Maison de la poésie Mardi 23 février à 20h30

http://www.maisondelapoesieparis.com/events/vendredi-ou-les-limbes-du-pacifique/

« Fiction Pop » est une nouvelle collection produite par les Fictions de France Culture, en partenariat avec la Direction de la Musique. Il s’agit de rapprocher le monde des fictions de celui de la création sonore et musicale en provoquant une rencontre inédite entre un auteur et des artistes de la pop, du rock, de la chanson et de l’électronique. Le parti pris est clair : mêler textes classiques et musiques actuelles, afin d’inventer des ponts, imaginer des expériences narratives, musicales et sonores inédites.

Pour ces « Fictions Pop », nous proposons donc à des musiciens talentueux de s’associer à la réalisation d’une œuvre radiophonique inédite à partir d’un texte essentiel à leurs yeux.

Ce texte, adapté sera interprété par de grands acteurs. Dans la perspective d’un projet purement radiophonique, nous proposons à ces artistes – ici Romain Humeau associé au réalisateur Alexandre Plank - de composer une musique originale et des chansons inspirées de l’œuvre littéraire, en les incitant aussi à écrire pour l’une des quatre formations musicales de Radio France : l’Orchestre national de France, la Maîtrise, le Chœur ou l’Orchestre Philharmonique de Radio France.

« Fiction Pop » pousse le plus loin possible la collaboration entre un musicien, un réalisateur et un auteur pour une création radiophonique originale.

Vendredi ou Les limbes du Pacifique, de Michel Tournier (éditions Gallimard), mis en musique par Romain Humeau, réalisé par Alexandre Plank, adapté par Pauline Thimonnier, proposé par Romain Méril, producteur délégué, et Alexandre Plank, est le premier opus de cette collection, enregistré avec l’Orchestre National de France, les musiciens de Romain Humeau et un interprète d’exception : Denis Lavant.

La version radiophonique de Vendredi ou Les limbes du Pacifique a donné naissance à un disque. Elle est reprise en direct et en public dans une forme adaptée et plus légère (sans l’Orchestre National de France) au Musée Calvet au Festival d’Avignon, le 17 juillet 2015.

Blandine Masson, conseillère de programmes pour la Fiction France Culture

Vendredi ou Les limbes du Pacifique

« En septembre 1759, le navire "La Virginie" fait naufrage. Seul rescapé, Robinson se retrouve sur une île déserte, livré à lui-même. Sa solitude va le contraindre à faire preuve d'ingéniosité, de persévérance et de courage, afin de survivre dans ce monde sauvage. Jusqu'au jour, un vendredi, où un autre être humain fait son apparition sur l'île : avec Vendredi, il va faire l’apprentissage d’une vie nouvelle, en harmonie avec la nature."

Paru en 1967, Vendredi ou Les limbes du Pacifique, premier livre de Michel Tournier a été couronné par le grand prix de l'Académie française.

Musique composée par *Romain Humeau *

Avec les musiciens Romain Humeau, Estelle Humeau, Nicolas Bonnière, Guillaume Marsault

Une production de France Culture avec l’Orchestre National de France

Texte interprété par Denis Lavant

Création radiophonique et réalisation : Alexandre Plank

Adaptation du texte Pauline Thimonnier

Réalisation musicale Romain Humeau

Prise de son/ montage / mixage : Jean-Michel Cauquy et Jean-Benoît Tétu

Idée originale et production déléguée : Romain Méril et Alexandre Plank

Romain Humeau est un artiste polymorphe

Ce fils de facteur de clavecin passé par le conservatoire (violon, premier prix d'harmonie/contrepoint et de batterie, histoire de l'art, classe de jazz) est curieux de tout, il dévore la vie et multiplie les projets.Une œuvre débutée il y a maintenant 20 ans, lorsque Romain quitte Toulouse pour monter son premier groupe à Paris, avec sa femme Estelle, musicienne baroque rencontrée dans l'atelier de son père.Après un album et un changement de line-up Oobik & The Pucks se rebaptisera Eiffel.Depuis, Eiffel a arpenté les salles et festivals de France, se forgeant une réputation scénique abrasive et un public fidèle.L'auteur-compositeur-interprète (il réalise et mixe également ses albums) a aussi laissé une discographie abondante : 5 albums et un live sous le nom d'Eiffel, près de 200.000 disques vendus et un premier album solo en 2005, annonciateur de celui qu'il prépare actuellement et qui verra le jour en 2016.

En parallèle, on le voit collaborer avec Noir Désir pour des arrangements sur 'Des visages, des figures', avec les Têtes Raides 'Fragile', Dominique A ou plus récemment les Hurlements de Léo. Bernard Lavilliers fait appel à lui pour réaliser une grande partie de l'album 'Baron Samedi' dont il composera également trois chansons. Il se verra également confier l'année dernière la réalisation et les arrangements de l'album 'Acoustique' où il revisite quelques-unes des plus belles chansons du Stéphanois.

En 2013, Romain est en pleine tournée avec Eiffel et travaille en parallèle avec Bernard Lavilliers, quand le réalisateur Alexandre Plank et Romain Méril le contactent au nom de France Culture pour lui proposer de composer et interpréter sa « vision » musicale d'une œuvre littéraire de son choix dans le cadre d'une nouvelle collection produite par les Fictions de France Culture avec l’Orchestre National de France, « Fiction Pop ».

Romain choisit 'Vendredi ou Les limbes du Pacifique' de Michel Tournier.Le texte sera adapté par Pauline Thimonnier. Denis Lavant, récitant, nous fera pénétrer avec sa voix unique dans l'univers de Robinson. La création radiophonique sera réalisée pour la radio par Alexandre Plank, la réalisation musicale par Romain.En parallèle de la musique instrumentale qu'il a écrite pour le récit, Romain signe et interprète huit chansons qui font écho au texte.Le projet a été enregistré pour partie au studio des Romanos (le superbe studio bordelais des Humeau) et dans les studios de la Maison de la Radio avec l'Orchestre National de France et un groupe composé de Romain et deux musiciens, Nicolas Bonnière, fidèle guitariste d'Eiffel et « bidouilleur », ainsi que le nouveau venu Guillaume Marsault à la batterie.Dès que l'idée de sortir un disque de cette émission est apparue, Romain a souhaité confier l'illustration à Rebecca Dautremer : "Pour sa poésie, sa folie et son imaginaire parfois brueghelien".

Maxppp

Quand j'ai proposé "Vendredi ou Les limbes du Pacifique" à Alexandre Plank, il m'a tout de suite dit : "Il faut qu'il y ait des instrumentaux sous la narration, mais il faut absolument que tu écrives aussi des chansons !" J'avoue avoir été assez effrayé à l'idée de "dire" à ma manière certains passages du fameux livre de Michel Tournier. Tout ça pouvait être téméraire et même arrogant.Exauçant les vœux d'Alex, je me suis tout de suite dit: "Restons légers, naturels".J’ai, de fait, tout écrit très vite, musique et textes en deux semaines, venant de relire deux fois l'œuvre et l'ayant déjà lue deux fois auparavant.Les grands axes décidés avec Alex étant "l'aliénation d'un homme" (avec tous les échos possible à notre société actuelle, individualiste), "la métamorphose d'un mec" (l'adaptation) et surtout : "l'autre" (arrivée de Vendredi sur l'île), m'étant dit que je ne me gênerais absolument pas pour parcourir une grande partie des territoires musicaux que j'aime et dans lesquels je baigne quotidiennement (musique africaine, hip hop, musique baroque, renaissance, jazz, pop, hardcore et hunk…), je me suis amusé, avec sérieux, à faire de même pour les textes.Certains étant en anglais car Robinson est anglais… ce n'est pas rien, the invaders… Pour ne citer que "Friday" qui, en filigrane, évoque "l'autre" par le prisme de l'esclavagisme, le fait qu'elle soit en anglais à la première personne (celle de Robinson) est plus que volontaire.Je voulais un "Bunk off school" ayant la légèreté de l'école buissonnière..., sexe en plein air, et comme j'avais en tête la référence à "Mr Postman" des Marvelettes, l'anglais n'était qu'évidence à mes oreilles. Pour d'autres comme "Errons dans des landes ou rien ne s'interpose à mes lubies", c'était plus slam, africain, et je voulais évoquer Tenn, le chien de Robinson, m'apercevant une fois écrite que la chanson était en français …Comme dans les films où le figuralisme thématique prend le pas, il y a sans cesse un leitmotiv sur trois notes que l'on retrouve à peu près tout le temps, sur les instrumentaux et chansons : c'est celui de "Loneliness". Il est bien sûr harmonisé et mis en son de manière différente à chaque fois, comme un fantôme omniprésent dont on croirait apercevoir, à chaque recoin, un bout de robe blanche.

Maxppp

Alexandre Plank

La première rencontre avec Romain Humeau fut décisive. Il ne fallut pas plus de cinq minutes pour le convaincre du projet et décider avec lui d’une œuvre majeure, car cette œuvre était déjà, depuis un bout de temps, un terreau fertile pour son travail d’artiste. Vendredi ou Les limbes du Pacifique de Michel Tournier, ouvrage connu de chacun, est un livre qu’il a découvert au lycée, et qui a ouvert chez lui les portes d’un monde d’images, de couleurs et d’anecdotes infinies. Ce livre, sans cesse relu, résonne en lui comme l’appel d’un retour à la nature et à ses valeurs fondamentales qui affleure par le parcours d’un homme, Robinson, seul rescapé d’un naufrage sur une île vierge et inconnue.

Il s’agissait avant tout de ressentir la traversée à la fois mentale et physique d’une immense solitude et d’un terrible isolement. Notre ligne était trouvée : travailler, adapter, écrire et composer à partir des divers états intérieurs et des différentes formes de déchéance, de renaissance, d’extrémisme que connaît Robinson dans le roman de Michel Tournier. Avancer musicalement à partir des états limites que le héros traverse sur l’île de Speranza jusqu’à sa sublime et définitive révélation finale, celle du don de son être au dieu soleil.

D’un point de vue musical, Romain Humeau traduit une telle plongée par la multiplication des couleurs, des rythmes et des instruments. Chaque étape de la vie de Robinson sur l’île est développée par une nouvelle facette musicale et, c’est dans l’accumulation qu’apparaît peu à peu le portrait bigarré d’un homme successivement désespéré et combatif, atteint de frénésie animale et sauvage ou habité par une rationalité fanatique, croyant d’abord en un dieu né des hommes puis se vouant corps et âme à la toute-puissance des éléments de la nature et en premier lieu, du soleil… Composées avec beaucoup de poésie, les chansons de Romain Humeau sont venues trouer le récit, créant une alternance riche d’émotions et d’imaginaires, un rythme fort donnant forme à une création radiophonique unique.

Afin cependant de ne pas éparpiller le sens tout en déployant les sensations, le choix d’une seule voix pour donner à entendre le récit s’imposa comme une évidence : une voix portant une narration omnisciente, relatant les évènements au passé, tout en s’octroyant des incursions au présent, comme au cœur des pensées de Robinson. Il s’agissait là aussi de respecter la forme du roman de Michel Tournier qui se construit entre récit et extraits de log-book, le journal de bord du héros. Denis Lavant, dont la réputation n’est plus à faire, nous fit l’honneur d’accepter de prêter sa voix et l’inventivité de son jeu à cet exercice hors du commun. Il donna vie à notre Robinson, et c’est ainsi que, baignés de mots et de musiques, nous inventâmes une nouvelle traversée tout en ne cessant de reconnaître et de retrouver l’univers et l’écriture de Michel Tournier qui avaient tant alimenté nos rêves.

Alexandre Plank a étudié la philosophie à l'Université du Bauhaus de Weimar et la dramaturgie à l'École Supérieure du Théâtre National de Strasbourg. Au théâtre, il a entre autres travaillé avec Matthias Langhoff, Stéphane Braunschweig, Christophe Rauck, Célie Pauthe et Jacques Osinski. Il travaille pour France Culture depuis 2009. Il y produit et réalise des fictions et des documentaires. En fiction, il a réalisé de nombreuses émissions à partir de textes français et étrangers, principalement axés autour de questions politiques et sociales (Love and Money de Denis Kelly, The Power of Yes de David Hare, Europe Connexion et Pulvérisés d'Alexandra Badea, Krach de Philippe Malone…) Il a également réalisé pour la chaîne plusieurs émissions en public, que ce soit au Théâtre de la Ville, au Festival d'Avignon ou au Palais de Tokyo (Griboïedov's Burning Blues avec le groupe Moriarty, Tokyo is on the air, une fiction participative pour les 50 ans de France Culture…)

Maxppp

Denis Lavant

Formé au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, Denis Lavant a notamment travaillé avec les metteurs en scène Antoine Vitez, Matthias Langhoff, Pierre Pradinas, Hans Peter Cloos, Bernard Sobel et Dan Jemmet.2015 « Elisabeth II », de Thomas Bernhardt, mis en scène par Aurore Fattier (Théatre de Namur).2014 « Faire danser les alligators sur la flûte de Pan », mis en scène par Ivan Morane (Festival d'Avignon et Théâtre de l'Œuvre), Molière 2015 du Meilleur Seul en Scène.2014 « Andromaque 10-43 » d’après Racine, mise en scène de Kristian Fredric, Théâtre du Grütli (Genève).2013 « Tabac rouge », de et mise en scène de James Thiérrée, Théâtre National de Nice, Théâtre de la Ville.2013 « Les amours vulnérables de Desdémone et Othello » de Manuel Piolat-Soleymat et Razerka Ben Sadia-Lavant d’après Shakespeare, mise en scène de Razerka Ben Sadia-Lavant, Théâtre de Nîmes.

Au cinéma, il est le comédien emblématique du réalisateur Leos Carax, depuis « Boy meets girl » en 1983 jusqu’à « Holy Motors » sorti en 2012. Il a également joué, entre autres, sous la direction de Patrice Chéreau, Diane Kurys, Jean-Pierre Jeu, Claude Lelouch, Claire Denis, Harmony Korine, Arnaud des Palières, Wolfgang Becker, Mehdi Charef, les frères Larrieu, et Emmanuel Bourdieu.

Michel Tournier

Michel Tournier est né en 1924, d’un père gascon et d’une mère bourguignonne, universitaires et germanistes. Les parents envoient chaque année leurs quatre enfants en vacances à Fribourg-en-Brisgau dans un foyer d’étudiants catholiques où ils peuvent pratiquer la langue. Michel Tournier est alors, selon ses dires, « un enfant hypernerveux, sujet à convulsions, un écorché imaginaire ». En 1931, il est envoyé dans un home d’enfants, en Suisse, pour des raisons de santé. Il se passionne pour la musique.De ses séjours en Allemagne, il dit : « J’ai connu le nazisme à neuf ans, à dix ans, à onze ans,à douze ans. Ensuite ç’a été la guerre ». Il se souvient des parades militaires du nazisme, des discours du Führer, dénoncés par son père. « Mauvais écolier », il est exclu de plusieurs établissements puis, dès 1935, fait ses études au collège Saint-Erembert de Saint-Germain-en-Laye avant d’être inscrit comme pensionnaire chez les pères d’Alençon.

En 1941, la famille quitte la grande maison familiale de Saint-Germain-en-Laye, occupée par l’armée allemande, pour un appartement à Neuilly. Michel Tournier découvre alors la philosophie au lycée Pasteur de Neuilly, où il a pour maître Maurice de Gandillac et pour condisciple Roger Nimier. Les livres de Gaston Bachelard, découverts pendant les vacances, le décident à opter pour une licence de philosophie après le baccalauréat. Étudiant à la faculté des lettres de Paris, il soutient un diplôme de philosophie à la Sorbonne. En 1946, il obtient de se rendre en Allemagne, à Tübingen, où il rencontre Gilles Deleuze, pour apprendre la philosophie allemande. Il y reste quatre ans et, à son retour, se présente au concours de l’agrégation de philosophie, où il échoue. « Ma vie a été détruite, j’étais en morceaux » confie-t-il.Pour gagner sa vie, il fait des traductions chez Plon puis entre à la radio. En 1955, à la création d’Europe n°1, il fait partie de l’équipe. Il rédige les messages publicitaires « de couches culottes, de démaquillants et de la lessive ». En 1959, il entre chez Plon. Il propose aussi à la télévision une émission mensuelle, Chambre noire, consacrée aux grands photographes.Il publie son premier roman en 1967, Vendredi ou les limbes du Pacifique, couronné par le grand prix de l'Académie française, d’après lequel il écrit par la suite Vendredi ou la vie sauvage, pour les jeunes lecteurs. Le Roi des Aulnes obtient le prix Goncourt en 1970. C’est le début d’une carrière entièrement dédiée à la littérature. Dès lors, Michel Tournier, dans son vieux presbytère de la vallée de Chevreuse, se consacre au « métier d'écrivain ».Il voyage au Canada, en Afrique noire, au Sahara.

Il a siègé  à l’Académie Goncourt à partir de 1972, et partagé son temps entre écriture, articles, essais mais aussi rencontres avec son public. Il est décédé en janvier 2016, à l'âge de 91 ans.

Maxppp

le CD digipack et Digital (PIAS) est sorti le 29 Juin 2015

L'équipe
Conseiller(e) littéraire
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......